En 2025, France Compétences a recensé 87 demandes de validation des acquis pour le métier d’éleveur de daurades, dont 34 issues de reconversions professionnelles. Le BMO France Travail 2025-2026 estime à 320 le nombre de recrutements projetés dans la filière aquacole méditerranéenne, avec une tension forte sur les postes de production.
1. Pourquoi se reconvertir vers Éleveur de Daurades en 2026
Le marché français de la daurade royale pèse 45 000 tonnes par an selon FranceAgriMer (rapport 2025). La consommation progresse de 6,2 % par an depuis 2020. La production nationale couvre seulement 38 % de la demande, le reste étant importé de Grèce et de Turquie.
La DARES (enquête 2026) classe le métier d’éleveur de poissons marins dans les 15 professions agricoles où l’offre de candidats est inférieure de 42 % aux besoins. Le nombre d’exploitations aquacoles en France métropolitaine est passé de 320 en 2020 à 276 en 2025, mais la production par ferme a augmenté de 18 %.
Les Pôles Mer Méditerranée et le Comité National de l’Aquaculture identifient un besoin annuel de 200 à 250 nouveaux éleveurs formés d’ici 2030. La filière bénéficie du plan France 2030 qui alloue 1,2 milliard d’euros à l’aquaculture durable.
2. Profils sources qui se reconvertissent vers Éleveur de Daurades
Les données de France Travail Occitanie (bilan 2025) révèlent cinq profils types de reconvertis :
- Anciens conchyliculteurs (20 %) : ils maîtrisent le milieu marin, les normes sanitaires, la gestion des bassins.
- Techniciens en aquaculture d’eau douce (15 %) : ils connaissent les cycles de reproduction, l’alimentation et la prévention des maladies.
- Marins-pêcheurs en reconversion (18 %) : ils possèdent la connaissance du littoral, des courants et de la réglementation maritime.
- Agents de maintenance navale (12 %) : leurs compétences en mécanique et plomberie sont utiles pour les systèmes de pompage et d’oxygénation.
- Professions du commerce et de la logistique (25 %) : ils apportent des compétences en gestion, vente et export, surtout vers les marchés espagnol et italien.
3. Compétences transférables vers l’élevage de daurades
| Compétence source | Compétence requise | Exemple concret |
|---|---|---|
| Conduite d’engins agricoles | Manipulation de systèmes d’alimentation automatisés | Pilotage de distributeurs de granulés sur raceways |
| Gestion de stocks en entrepôt | Suivi des lots de poissons et des intrants | Inventaire des aliments, comptage des juvéniles |
| Maintenance mécanique bateau | Entretien des pompes, filtres, oxygénateurs | Remplacement de membranes d’aération |
| Connaissances en biologie marine | Suivi des paramètres physico-chimiques de l’eau | Analyse pH, salinité, température, ammoniaque |
| Rigueur administrative agricole | Traçabilité sanitaire et certification ASC | Tenue du registre d’élevage et des traitements vétérinaires |
4. Parcours de formation possibles
Six formations principales mènent au métier d’éleveur de daurades. Le RNCP référence un titre de niveau 4 (Bac) et deux de niveau 5 (BTS).
- BTSA Aquaculture (RNCP 37306) : 2 ans, proposé par 14 lycées agricoles dont le Lycée de la Mer et du Littoral à Bourcefranc-le-Chapuis (17) et le Lycée Méditerranée à Port-Saint-Louis-du-Rhône (13). Coût : 0 à 1 200 € selon statut. Éligibilité CPF à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr.
- Certificat de Spécialisation Technicien en Aquaculture Marine (RNCP 35210) : 1 an, accessible après un Bac. Dispensé par le CFPPA du Gard à Le Vigan (30). Coût : 2 400 €.
- Licence Pro Aquaculture Durable (RNCP 30175) : 1 an après BTS. Université de Montpellier – station Ifremer Palavas (34). Coût : 3 500 €.
- Formation continue courte : module « Bases de l’élevage des poissons marins » par France Aquaculture Formation (300 h). Coût : 5 200 €. Non certifiant.
- CAP Maritime option pêche (RNCP 38342) : utile pour la partie logistique embarquée. Durée : 2 ans.
- Formation à distance : CNED propose le BTSA Aquaculture. Coût : 1 800 €.
5. Certifications professionnelles enregistrées
France Compétences (Répertoire National des Certifications Professionnelles) enregistre trois certifications directement liées :
- RNCP 37306 – Technicien supérieur en aquaculture (BTSA Aquaculture) – niveau 5.
- RNCP 35210 – Technicien en aquaculture marine – niveau 4.
- RNCP 38342 – Matelot de la pêche maritime – niveau 3.
La certification ASC (Aquaculture Stewardship Council) est une certification d’exploitation, non individuelle. Elle est exigée par les acheteurs de la Grande Distribution comme Carrefour et Intermarché depuis 2024. L’obtention de l’agrément sanitaire établissement aquacole est délivrée par la DDTM après inspection.
6. VAE et Transitions Pro : conditions et démarches
La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) est possible pour le RNCP 37306 et le RNCP 35210. Conditions : justifier d’au moins un an d’activité en lien direct avec l’élevage de poissons marins. Le Rectorat de Montpellier a validé 12 dossiers VAE en 2025 pour ce secteur.
Les Transitions Pro Occitanie et PACA financent les formations des salariés en CDI. En 2025, Transitions Pro Provence-Alpes-Côte d’Azur a accordé 87 % des demandes de prise en charge pour les formations aquacoles (coût pédagogique + maintien de salaire).
Le CPF peut financer tout ou partie du coût d’une formation certifiante, sous réserve qu’elle soit inscrite au RNCP et éligible. Cette éligibilité est à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr. Aucun organisme ne peut garantir un financement à 100 % sans demande préalable.
7. Étapes concrètes 30/60/90 jours
Phase 1 (J0-J30) : Information et diagnostic
- Consulter le site France Travail – fiche métier « Éleveur de poissons marins » (code ROME A1409).
- Contacter le Comité Régional de l’Aquaculture de votre région (Occitanie, PACA, Corse, Bretagne).
- Réaliser un bilan de compétences avec un organisme habilité (coût : 1 500 à 2 500 €, possible CPF).
- Assister à une journée portes ouvertes dans un lycée agricole aquacole (ex : Lycée de la Mer à Boulogne-sur-Mer ou Lycée Méditerranée à Port-Saint-Louis-du-Rhône).
Phase 2 (J31-J60) : Choix du parcours et financement
- Déposer un dossier auprès de Transitions Pro si vous êtes salarié (délai de réponse moyen : 45 jours).
- S’inscrire au BTSA Aquaculture sur Parcoursup ou en formation continue auprès du CFPPA.
- Rechercher un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation via les CMA ou France Travail.
- Vérifier l’éligibilité CPF sur moncompteformation.gouv.fr avec votre numéro de sécurité sociale.
Phase 3 (J61-J90) : Mise en projet et immersion
- Effectuer une période de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP) chez un producteur comme Les Daurades de la Méditerranée à Sète (34) ou AquaMarine Sud à Port-la-Nouvelle (11).
- Monter un business plan pour une future installation (coût d’une petite ferme marine : 150 000 à 350 000 euros).
- Contacter la SAFER ou la Chambre d’Agriculture pour les aides à l’installation en aquaculture.
8. Marché de l’emploi 2026
Le BMO France Travail 2025-2026 recense 320 projets de recrutement dans les métiers de l’aquaculture marine. Les régions les plus demandeuses sont Occitanie (120 projets), PACA (95) et Corse (45). Bretagne et Pays de la Loire comptent ensemble 50 projets pour des élevages en bassins à terre.
Les principales entreprises recruteuses en 2026 :
- Les Daurades de la Méditerranée (Sète) – 12 postes de techniciens d’élevage.
- AquaMarine Sud (Port-la-Nouvelle) – 8 postes.
- Ferme Marine du Soleil (Saint-Tropez) – 5 postes.
- Ecloserie Marine de Loire-Atlantique (Pornic) – 4 postes.
- InVivo Aquaculture (groupe coopératif) – recrutement national de 20 jeunes diplômés.
Le taux de tension (nombre d’offres / nombre de demandeurs) atteint 3,6 en Occitanie selon France Travail (janvier 2026). Les offres d’emploi non pourvues représentent 28 % des postes proposés.
9. Grille salariale après reconversion
| Profil | Salaire brut annuel | Prime de production | Rémunération totale moyenne |
|---|---|---|---|
| Junior (0-2 ans d’expérience) | 24 000 € – 28 000 € | 1 000 € – 2 000 € | 26 500 € |
| Confirmé (3-7 ans) | 30 000 € – 38 000 € | 2 500 € – 4 000 € | 35 000 € |
| Senior (8+ ans) / Chef d’exploitation | 40 000 € – 55 000 € | 5 000 € – 10 000 € | 50 000 € |
Le salaire médian annoncé de 35 000 € brut correspond au niveau confirmé en CDI. Les chefs d’exploitation indépendants peuvent atteindre 60 000 € en année de bonne production, selon CER France (comptabilité des fermes aquacoles 2025).
10. Témoignages indicatifs et études de cas
Groupe Les Daurades de la Méditerranée (Sète) indique dans son rapport d’activité 2025 avoir recruté 3 anciens marins-pêcheurs formés en interne. Le responsable production déclare : « La courbe d’apprentissage est de 6 mois pour un technicien issu de la pêche. »
France Travail Occitanie a suivi un cas de reconversion type : M. Durand, 42 ans, ancien commercial en matériel agricole. Après un BTSA Aquaculture en 18 mois (financement Transitions Pro), il a été embauché comme responsable d’élevage chez AquaMarine Sud à 32 000 € brut.
Le Pôle Mer Méditerranée présente l’étude de cas d’une exploitation créée par deux anciens conchyliculteurs en Camargue (13). Leur projet a reçu une subvention France 2030 de 180 000 € pour une ferme de 8 bassins de 50 m³.
11. Risques et limites de cette reconversion
L’élevage de daurades présente des contraintes physiques : travail en extérieur, horaires décalés, astreintes le week-end en période de reproduction (mars à juin). Les risques sanitaires sont réels : les épizooties (ex : Streptococcus iniae) ont affecté 15 % des fermes méditerranéennes en 2024 selon ANSES (rapport 2025).
Les aléas climatiques (canicules, tempêtes) perturbent la production. En août 2024, une canicule en Méditerranée a fait chuter la production de daurades de 22 % dans le Golfe du Lion (Ifremer, 2025).
La rentabilité est sensible aux cours mondiaux. La daurade importée de Grèce coûte 30 % moins cher que la française selon FranceAgriMer. Les éleveurs français doivent se différencier sur la qualité (label Label Rouge pour certaines fermes).
Enfin, l’accès au foncier pour créer une ferme est très réglementé : DDTM, Conservatoire du Littoral, Natura 2000. Les délais d’autorisation peuvent atteindre 3 à 5 ans dans les zones protégées.
