Baromètre IA 2026 : indice synthétique de l’observatoire monjobendanger.fr
Le baromètre IA 2026 publié par l’observatoire monjobendanger.fr produit un indice synthétique trimestriel mesurant l’intensité de la transformation des métiers français par l’intelligence artificielle. L’indice agrège quatre dimensions : exposition des tâches, tension du marché du travail, niveau d’adoption sectorielle, perception des actifs. La méthodologie complète CRISTAL-10 v14.0 est consultable sur la page méthodologie.
Au premier trimestre 2026, l’indice synthétique s’établit à 47 sur 100, en hausse de 4 points par rapport au premier trimestre 2025. La progression est tirée par l’adoption sectorielle (+6 points) et le niveau d’usage par les actifs (+5 points), partiellement compensée par une inquiétude qui se stabilise après deux années de hausse.
Top 10 des métiers les plus exposés au premier trimestre 2026
Le classement des métiers les plus exposés est établi à partir du score CRISTAL-10 v14.0, qui combine la part des tâches automatisables, la disponibilité d’outils opérationnels, la rentabilité de leur déploiement et le volume d’emplois concernés. Les positions évoluent légèrement chaque trimestre selon les données ESCO mises à jour et les retours d’usage France Travail.
| Rang | Métier | Score d’exposition | Évolution T1 2026 vs T1 2025 |
| 1 | Téléconseiller en relation client | 87 | +3 |
| 2 | Traducteur généraliste | 84 | +2 |
| 3 | Rédacteur web SEO | 82 | +5 |
| 4 | Saisie de données et facturation | 81 | +1 |
| 5 | Comptable de saisie | 78 | +2 |
| 6 | Assistant administratif | 76 | +3 |
| 7 | Standardiste téléphonique | 75 | +1 |
| 8 | Documentaliste classique | 74 | +4 |
| 9 | Opérateur de modération de contenu | 72 | +2 |
| 10 | Chargé de veille concurrentielle | 71 | +3 |
L’analyse complète de chaque métier exposé, avec sources, fourchettes d’incertitude et trajectoires possibles, est consultable sur la page métiers exposés à l’IA. Les fiches individuelles par profession suivent le format /metier-{slug}-ia-2026.
Top 10 des métiers les plus résistants au premier trimestre 2026
La résistance d’un métier se mesure à l’inverse du score d’exposition. Elle dépend de trois critères : le poids des tâches physiques non délégables, le poids de la relation humaine de confiance, le poids de l’expertise contextuelle non standardisable. Un score élevé indique une faible vulnérabilité à l’automatisation par l’IA actuelle.
| Rang | Métier | Score de résistance | Famille |
| 1 | Couvreur zingueur | 94 | Bâtiment |
| 2 | Aide-soignant en EHPAD | 93 | Santé sociale |
| 3 | Plombier chauffagiste | 92 | Bâtiment |
| 4 | Sage-femme | 91 | Santé |
| 5 | Coiffeur en salon | 90 | Services à la personne |
| 6 | Éducateur spécialisé | 89 | Social |
| 7 | Cuisinier en restauration traditionnelle | 88 | Hôtellerie restauration |
| 8 | Maraîcher producteur fermier | 87 | Agriculture |
| 9 | Kinésithérapeute | 87 | Santé |
| 10 | Mécanicien automobile | 86 | Industrie services |
Le détail méthodologique et la liste élargie figurent sur la page métiers résistants à l’IA. Les profils combinant haute résistance et bonne rémunération sont recensés sur la page métiers bien payés peu exposés.
Évolution sectorielle depuis 2024
L’observatoire suit l’évolution des scores agrégés par secteur depuis le premier trimestre 2024. La trajectoire la plus marquée concerne l’information et la communication, dont le score d’exposition pondéré progresse de 12 points sur deux ans. Les activités financières et d’assurance gagnent 9 points. Les activités scientifiques et techniques 7 points.
À l’autre extrémité, les secteurs de la construction, de l’agriculture et de l’hébergement-restauration affichent une variation inférieure à 2 points sur la même période. La nature physique et relationnelle des tâches dominantes amortit la pénétration des outils IA actuels.
Les projections du rapport France Stratégie Métiers 2030, mentionnées à titre de référence prospective, évoquent une recomposition portant sur environ 800 000 emplois français à horizon 2030, dont une partie significative liée à la diffusion des outils IA. Ces projections ne sont pas intégrées au baromètre, qui reste fondé sur les données observées.
Indicateur de tension du marché : signaux DARES au premier trimestre 2026
L’indicateur de tension DARES, calculé sur le ratio offres déposées sur demandes d’emploi enregistrées, fournit une mesure complémentaire. Au premier trimestre 2026, les familles de métiers les plus tendues parmi les profils exposés à l’IA sont les ingénieurs informatiques (tension 3,4), les développeurs spécialisés (2,9) et les analystes de données (2,7). Les données DARES sur les emplois vacants documentent ces évolutions.
Les familles à la fois exposées et peu tendues, comme la saisie administrative ou le télémarketing, affichent une tension inférieure à 1, signe d’un excès relatif de candidats par rapport aux offres. Cet écart est cohérent avec un effet de substitution progressive des tâches.
L’indicateur synthétique de tension intégré au baromètre pondère ces signaux par le volume d’emplois concernés. Sa valeur 2026 s’établit à 38 sur 100, contre 41 en 2025, traduisant une légère détente globale du marché malgré des poches très tendues.
Indicateur d’adoption sectorielle : référence INSEE TIC 2025
L’indicateur d’adoption sectorielle est construit à partir de l’enquête INSEE Technologies de l’information et de la communication 2025, complétée par les déclarations sectorielles de Bpifrance Le Lab. Les données primaires sont accessibles sur le portail INSEE.
La pondération combine taux d’adoption brut et intensité d’usage déclarée (expérimentation, usage régulier, intégration aux processus). En 2026, l’indicateur s’établit à 31 sur 100 au niveau national, en hausse de 6 points par rapport à 2025. Les écarts sectoriels demeurent considérables, avec une amplitude de 1 à 8 entre le secteur le plus avancé et le secteur le plus retardé.
Les données France Travail permettent de croiser cet indicateur avec les volumes d’offres mentionnant explicitement des compétences IA. Au quatrième trimestre 2025, 4,8 % des offres déposées comportaient au moins une compétence IA dans le référentiel, contre 2,9 % au quatrième trimestre 2024.
Indicateur de perception : Eurobaromètre 99.2 et lectures complémentaires
L’indicateur de perception agrège les réponses françaises de l'Eurobaromètre 99.2 sur l’IA et l’avenir du travail. Trois variables principales sont retenues : niveau d’inquiétude déclaré (49 % d’inquiets), perception de l’utilité (38 % jugent l’IA utile à leur travail), sentiment de préparation (22 % se déclarent bien préparés).
L’indicateur synthétique de perception s’établit à 56 sur 100 en 2026, traduisant un climat d’inquiétude majoritaire mais non extrême. La position française est plus inquiète que la moyenne européenne, mais moins polarisée que les pays d’Europe du Sud, où le sentiment d’impréparation domine fortement.
Les données ILO consultables sur le portail de l’Organisation internationale du Travail et les analyses OCDE de l'Employment Outlook apportent un cadrage international. Elles confirment la double lecture : exposition large, substitution complète limitée, recomposition profonde du contenu des emplois.
Méthodologie de calcul du baromètre
L’indice synthétique s’obtient par moyenne pondérée des quatre indicateurs principaux. La pondération retenue en 2026 est la suivante : exposition des tâches 35 %, tension du marché 20 %, adoption sectorielle 25 %, perception 20 %. Ces coefficients sont publiés dans la méthodologie complète et révisés annuellement après revue critique externe.
Les scores individuels par métier sont calculés selon CRISTAL-10 v14.0 sur dix dimensions, dont la part des tâches cognitives, la fréquence de tâches répétitives, le degré de standardisation, la disponibilité d’outils opérationnels et le coût de déploiement. Chaque dimension est notée de 0 à 10 et documentée par des sources primaires (référentiels ESCO, fiches France Travail ROME, observations de terrain).
Les données alimentant le baromètre sont actualisées trimestriellement. Le baromètre suivant, deuxième trimestre 2026, sera publié en juillet 2026. Les sources et la page transparence précisent les retraitements appliqués aux données brutes.
Limites assumées du baromètre
Le baromètre repose sur les données disponibles au moment de sa publication. Plusieurs limites sont signalées explicitement. La mesure de l’adoption à 8 % publiée par l’INSEE peut sous-estimer la diffusion réelle des outils grand public utilisés en marge des processus officiels. La pondération des indicateurs est un choix méthodologique discutable, dont les variantes sont documentées en annexe.
Les scores d’exposition métier reposent sur l’état des outils observable au moment du calcul. Une rupture technologique majeure (modèles multimodaux, agents autonomes industrialisés) peut modifier rapidement la cartographie. L’observatoire publie ses révisions de méthodologie de manière transparente.
Enfin, l’indice synthétique ne dit rien des trajectoires individuelles. Un métier classé exposé n’implique pas la disparition automatique de son occupant. Les pages /metier-{slug}-ia-2026, /salaire-{slug}-2026 et /formation-{slug}-2026 fournissent les éléments concrets pour évaluer une situation précise.
Foire aux questions
Comment l’indice synthétique 2026 a-t-il été validé ?
La pondération et les coefficients ont été soumis à une revue interne et à une consultation auprès de chercheurs en économie du travail. Les variantes testées (changements de pondération de plus ou moins 10 points sur chaque dimension) produisent des écarts inférieurs à 3 points sur l’indice final, ce qui suggère une robustesse acceptable.
Pourquoi certains métiers très médiatisés comme les avocats ou les médecins n’apparaissent-ils pas dans le top 10 exposés ?
Ces métiers présentent une exposition réelle de leurs tâches documentaires (recherche jurisprudentielle, rédaction d’actes, analyse de comptes-rendus médicaux), mais leur score global reste modéré du fait du poids de la relation humaine, de la responsabilité juridique et de la régulation professionnelle. Leurs fiches détaillées documentent la décomposition par tâche.
Le baromètre couvre-t-il les indépendants et les professions libérales ?
Les données INSEE et France Travail couvrent imparfaitement le travail indépendant. Le baromètre intègre les données disponibles via l’URSSAF et les enquêtes Bpifrance, mais signale une moindre robustesse sur ces catégories. Une révision méthodologique est prévue pour le baromètre du troisième trimestre 2026.
Comment recevoir les futurs baromètres ?
Les publications trimestrielles sont annoncées sur la page d’accueil de l’observatoire et sur les fiches classements. Aucun envoi automatique n’est proposé. Les jeux de données complets sont mis à disposition publiquement sur la page sources à chaque publication.