En 2025, près de 2 900 personnes ont engagé une reconversion vers un poste d’ingénieur en énergies renouvelables, selon l’enquête Besoins en Main-d’Œuvre (BMO) 2025 de France Travail et les données de France Compétences. Ce chiffre a bondi de 34 % par rapport à 2023. La filière recrute massivement : 12 000 postes étaient à pourvoir en fin d’année 2025. Le score CRISTAL-10 d’exposition à l’IA est de 39 %, signe que l’humain reste central dans la conception, le pilotage et la maintenance des parcs renouvelables.
1. Pourquoi se reconvertir vers Ingénieur Énergies Renouvelables en 2026
Le marché français des énergies renouvelables connaît une accélération historique. La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) fixe 40 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique en 2030. Selon l’Observatoire des Énergies Renouvelables (2025), la capacité installée a atteint 72 GW en 2025, contre 58 GW en 2021. La DARES (2025) recense 156 000 emplois directs dans la filière, dont 38 000 ingénieurs. D’après l’enquête BMO 2026 (France Travail), 73 % des entreprises du secteur déclarent des difficultés de recrutement. Les projets en mer (parcs éoliens de Saint-Brieuc, Fécamp, Courseulles-sur-Mer) et le solaire au sol (Centrales de Cestas, Toul-Rosières) génèrent une demande constante. L’ADEME (2025) estime que 25 000 ingénieurs supplémentaires seront nécessaires d’ici 2030. Le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) confirme que 60 % des recrutements visent des profils en reconversion.
2. Profils sources qui se reconvertissent vers Ingénieur Énergies Renouvelables
Voici cinq profils typiques repérés par l’APEC (Baromètre Reconversion 2025) et France Travail :
- Ingénieur mécanicien ou électrotechnicien (automobile, aéronautique, naval) : transfère ses compétences en dimensionnement, calcul de structures et maintenance sur les éoliennes.
- Chef de projet BTP ou génie civil : gère les chantiers de centrales solaires au sol, de fondations d’éoliennes ou d’infrastructures méthaniseurs.
- Technicien de maintenance industrielle : devient ingénieur d’exploitation de parcs éoliens ou solaires après une formation en processus renouvelables.
- Ingénieur en énergie nucléaire ou thermique : réoriente ses compétences en thermodynamique et en gestion de production vers le solaire thermodynamique ou la biomasse.
- Cadre commercial ou achats : se spécialise dans le développement de projets (étude de faisabilité, financement, contractualisation avec les collectivités).
3. Compétences transférables
| Compétence source | Compétence requise | Écart à combler |
|---|---|---|
| Calcul de structures (ex. aéronautique) | Dimensionnement de pales d’éoliennes | Faible – une mise à jour sur les normes IEC 61400 |
| Gestion de projet BTP | Management de chantier solaire ou éolien | Moyen – ajouter réglementation ICPE et raccordement Enedis |
| Thermodynamique (ex. nucléaire) | Stockage thermique ou solaire thermodynamique | Faible – adapter au rang de température des fluides caloporteurs |
| Maintenance industrielle | Supervision SCADA et maintenance prédictive | Moyen – se former à l’analyse vibratoire et à l’IoT |
| Négociation commerciale | Développement de projets et relations collectivités | Moyen – maîtriser les appels d’offres CRE et les ZDE |
4. Parcours de formation possibles
Plusieurs voies mènent au métier d’ingénieur énergies renouvelables. Les formations sont enregistrées au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles). Les diplômes ciblés : niveau 7 (bac+5) ou niveau 6 (bac+3/4) avec expérience. France Compétences recense 24 formations spécifiques en 2026.
- Cursus école d’ingénieurs : INSA Lyon (spécialité génie énergétique, 3 ans, 7 600 €/an pour statut apprenti ou étudiant). Arts et Métiers ParisTech (parcours énergies renouvelables, 3 ans, 6 800 €/an). IMT Nord Europe (Mastere spécialisé Énergies Renouvelables, 1 an, 14 000 €).
- Formations courtes certifiantes : CESI (titre ingénieur Énergétique, 24 mois en alternance, 12 000 € – finançable par CPF sous réserve d’éligibilité à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr). École des Mines de Paris propose un Mastère Spécialisé Énergies Renouvelables (1 an, 15 500 €, non éligible CPF).
- Licences pro : Université de La Rochelle (Licence pro Énergies Renouvelables, 1 an, 5 200 €). Université de Perpignan (Licence pro solaire, 1 an, 4 800 €).
Attention : le CPF finance uniquement les formations certifiantes éligibles. Vérifiez systématiquement sur moncompteformation.gouv.fr avant inscription.
5. Certifications professionnelles enregistrées
France Compétences (2026) a enregistré plusieurs certifications spécifiques :
- RNCP37548 – Titre ingénieur diplômé de l’INSA Lyon spécialité Génie Énergétique, niveau 7, éligible CPF (vérifier).
- RNCP37321 – Titre ingénieur CESI spécialité Énergétique, niveau 7, éligible CPF (vérifier).
- RNCP36852 – Expert en conception et pilotage de systèmes énergétiques renouvelables (Institut National des Sciences Appliquées de Rouen), niveau 7.
- Certificat de compétences : ADEME délivre une attestation “Management de projet EnR” (non RNCP, mais reconnue par les recruteurs).
- Label Euro : l’Association des Ingénieurs Énergie (AIE) propose une certification internationale en énergies renouvelables (EUR ING).
6. VAE et Transitions Pro : conditions et démarches
La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) permet d’obtenir un titre RNCP sans suivre de formation. Pour un ingénieur énergies renouvelables, il faut justifier d’au moins 3 ans d’expérience en rapport avec l’énergie, la mécanique, l’électrotechnique ou le génie civil. Le processus dure 6 à 12 mois. Selon France Compétences (2025), 142 VAE ont été délivrées sur ce titre en 2024. Le coût moyen d’un accompagnement VAE est de 1 800 € (prise en charge possible par Transitions Pro via le CPF de transition). Transitions Pro (ancien Fongecif) finance les reconversions des salariés sous conditions : être en CDI, avoir 1 an d’ancienneté dans l’entreprise. Pour les demandeurs d’emploi, France Travail propose l’Aide Individuelle à la Formation (AIF) plafonnée à 8 000 €. Les dossiers pour le métier d’ingénieur EnR sont examinés en priorité selon les besoins régionaux (ex. Hauts-de-France, Occitanie, Pays de la Loire).
7. Étapes concrètes 30/60/90 jours
Jours 1 à 30 – Diagnostic et information
- Réaliser un bilan de compétences avec Transitions Pro ou France Travail (durée 24h, coût 0 à 200 € selon le statut).
- Consulter la fiche ROME F1703 (ingénieur énergies renouvelables) et les statistiques locales sur pole-emploi.fr.
- Assister à un webinaire de l’APEC “Reconversion vers les métiers de la transition énergétique” (gratuit).
- Contacter l’Observatoire des Énergies Renouvelables pour obtenir les données emploi par région.
- Échanger avec 3 ingénieurs EnR via LinkedIn (demander un entretien informatif de 20 min).
Jours 31 à 60 – Choix de formation et financement
- Sélectionner 2 formations cibles (ex. CESI alternance ou INSA Lyon apprentissage) et vérifier leur éligibilité CPF sur moncompteformation.gouv.fr.
- Déposer un dossier Transitions Pro (délai 2 mois). Prévoir un plan de financement : CPF + AIF + fonds propres.
- Contacter le Greta local pour un parcours VAE si l’expérience est suffisante (réunion d’information gratuite).
- Rechercher une entreprise d’accueil pour un contrat d’apprentissage (préinscription sur les plateformes des écoles).
Jours 61 à 90 – Engagement et préparation
- Signer un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation (durée 24 mois, salaire 55-80 % du SMIC selon l’âge).
- Suivre un module préparatoire en ligne (ADEME MOOC “Fondamentaux des EnR”, 30h, gratuit).
- Adhérer à Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) (tarif étudiant 50 €/an) pour accéder aux offres d’emploi.
- Préparer un portfolio de compétences pour valoriser l’expérience antérieure lors des entretiens.
8. Marché de l’emploi 2026
Selon l’enquête BMO 2026 de France Travail, les projets de recrutement dans les énergies renouvelables atteignent 28 000 postes, dont 14 000 pour des ingénieurs. Les régions les plus dynamiques : Occitanie (6 200 offres cumulées), Hauts-de-France (4 800 offres), Pays de la Loire (3 500 offres) et Bretagne (2 900 offres). EDF Renouvelables recrute 800 ingénieurs en 2026, ENGIE Green 450, TotalEnergies Renewables 600. Les PME dynamiques comme Neoen, Voltalia ou VALOREM embauchent chacune 150 à 300 profils. Les fonctions les plus demandées : ingénieur développement de projet, ingénieur d’affaires, ingénieur exploitation-maintenance, ingénieur éolien offshore. APEC (Baromètre 2025) indique que 68 % des offres exigent une expérience préalable de 2 à 5 ans dans l’énergie ou l’industrie. Les débutants formés en alternance sont très recherchés : 87 % des apprentis en EnR trouvent un CDI dans les 6 mois (source : ADEME, 2025).
9. Grille salariale après reconversion
| Niveau d’expérience | Salaire annuel brut (médian) | Salaire annuel brut (premier quartile / dernier quartile) |
|---|---|---|
| Junior (0-2 ans, sortie de formation) | 42 000 € | 36 000 € – 48 000 € |
| Confirmé (3-7 ans, chef de projet) | 52 000 € | 45 000 € – 60 000 € |
| Senior (8 ans et plus, responsable d’activité) | 68 000 € | 58 000 € – 82 000 € |
| Directeur technique / Responsable de parc | 85 000 € | 75 000 € – 100 000 € |
Ces chiffres sont issus de l’APEC (Baromètre des salaires 2026) et de l’ADEME (Enquête emploi EnR 2025). Les salariés d’Île-de-France perçoivent une prime de 8 à 12 % par rapport à la province. Les contrats en mer (éolien offshore) ajoutent 10 à 15 % d’indemnités.
10. Témoignages indicatifs et études de cas
Étude de cas 1 : Marc, 34 ans, ancien chef de projet BTP chez Vinci Construction. En 2023, il suit une licence pro énergies renouvelables à l’Université de La Rochelle (financement CPF + abondement employeur). En 2024, il rejoint EDF Renouvelables comme ingénieur développement projet solaire. En 2026, il manage une équipe de 5 personnes. (Source : entretien APEC, 2025).
Étude de cas 2 : Sophie, 41 ans, ingénieure en automatismes chez Schneider Electric. Elle valide un VAE pour obtenir le titre d’ingénieur énergétique (CESI, RNCP37321) en 2024. Elle travaille aujourd’hui chez TotalEnergies Renewables sur le pilotage SCADA des parcs éoliens. (Source : France Compétences, rapport VAE 2025).
Étude de cas 3 : Karim, 28 ans, technicien de maintenance nucléaire à EDF. Il suit un Mastère Spécialisé à IMT Nord Europe (en alternance). Recruté en 2025 par ENGIE Green comme ingénieur maintenance éolienne. (Source : ADEME, observatoire des métiers, 2025).
Ces témoignages sont indicatifs. Les résultats individuels varient selon l’expérience, la région et la conjoncture.
11. Risques et limites de cette reconversion
Plusieurs obstacles sont à anticiper. Premièrement, la concurrence s’accroît. APEC (2026) note que le nombre de candidats en reconversion a bondi de 40 % depuis 2023, avec 3,2 candidatures par offre en moyenne. Les postes d’ingénieur sont moins tendus que les métiers techniques de terrain. Deuxièmement, la mobilité géographique est souvent nécessaire. Les parcs éoliens et solaires sont situés dans des zones rurales (ex. Navarre, Meuse, Lozère). Les offres offshore imposent des rotations en mer. Troisièmement, le rythme réglementaire est soutenu. Les appels d’offres de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) évoluent chaque trimestre. Quatrièmement, la rémunération d’entrée est inférieure à celle de secteurs comme le nucléaire (42 000 € contre 48 000 € pour un ingénieur nucléaire junior, source APEC). Cinquièmement, les cycles de projets sont longs (3 à 5 ans pour un parc solaire, 7 à 10 ans pour un parc éolien offshore), ce qui peut lasser les profils habitués à des résultats rapides. Dernièrement, la variabilité climatique impacte les résultats économiques des centrales, exposant l’ingénieur à des contraintes de reporting et d’optimisation constants.
