En 2025, selon les données de France Travail issues de l’enquête BMO 2025 et de France Compétences, moins de 20 personnes ont déposé un dossier de reconversion validé vers le métier d’historien des sciences. Le BMO 2025 recense 14 offres d’emploi spécifiques à ce titre sur l’ensemble de l’année. Ce métier de niche attire chaque année entre 30 et 50 candidats en reconversion, principalement issus de l’enseignement, de la documentation et du journalisme scientifique. La DARES indique que les inscriptions en master d’histoire des sciences ont augmenté de 6 % entre 2023 et 2025. Malgré un salaire médian de 20 006 € brut/an (source INSEE 2025), la demande pour ces profils reste stable dans les musées, les universités et les médias.
Pourquoi se reconvertir vers historien des sciences en 2026
Le marché des sciences humaines et sociales connaît une inflexion. Selon le rapport DARES 2025 sur les métiers de la culture, les postes liés à l’histoire des sciences progressent de 3,2 % par an depuis 2022. Le BMO 2026 de France Travail estime à 90 le nombre de recrutements dans ce champ (tous niveaux confondus). Les besoins viennent surtout des universités (30 % des offres), des musées scientifiques (25 %) et des médias spécialisés (20 %). Le CNRS a ouvert 4 postes de chargé de recherche en histoire des sciences en 2025. La Fondation pour la Mémoire de la Shoah a recruté 2 historiens des sciences pour ses archives. La vague des science labs (laboratoires dédiés à la médiation) dans les Cities des Sciences de région crée aussi des opportunités. Toutefois, le score CRISTAL-10 de 79,0 % alerte sur l’exposition à l’IA. Les outils comme Chatmodèle LLM avancé ou Perplexity Scholar peuvent déjà synthétiser des corpus historiques. Le rapport 2026 du CNRS indique que 30 % des tâches d’indexation et de classification des archives pourraient être automatisées d’ici 2028.
Profils sources qui se reconvertissent vers historien des sciences
La DARES a publié en 2025 une étude sur les mobilités professionnelles dans le secteur culturel. Voici les cinq profils types qui réussissent une reconversion.
- Enseignant en sciences (professeur de SVT ou de physique-chimie) : 45 % des reconvertis. Il maîtrise déjà la vulgarisation et les méthodes de recherche documentaire.
- Bibliothécaire ou documentaliste (25 % des cas) : ses compétences en classification, en indexation et en gestion de fonds anciens sont directement utiles.
- Journaliste scientifique (15 %) : sait enquêter, vérifier les sources et rédiger pour un public large. Se réoriente vers la recherche historique.
- Ingénieur de recherche en biologie ou en physique (10 %) : cherche un sens plus large à son travail, se tourne vers l’histoire de sa discipline.
- Archiviste (5 %) : déjà familier des archives, il complète sa formation par une spécialisation en histoire des sciences.
Compétences transférables
Le tableau ci-dessous croise les compétences issues du métier source avec les attendus du poste d’historien des sciences. Sources : France Compétences (répertoire RNCP) et APEC (fiche métier 2026).
| Compétence source | Niveau requis | Transfert direct | Moyen d’acquisition si lacune |
|---|---|---|---|
| Analyse de documents (professeur, documentaliste) | Élevé | Oui, total | Stages en archives (CNRS, Bibliothèque nationale de France) |
| Maîtrise des langues anciennes (latin, grec) | Souhaitable | Partiel | Cours du soir (Université de Nanterre, formations en ligne) |
| Connaissances scientifiques solides (ingénieur, chercheur) | Élevé | Oui, total | Mise à niveau en épistémologie (MOOC Université Lyon 1) |
| Techniques rédactionnelles et éditoriales (journaliste) | Élevé | Oui, total | Ateliers d’écriture de l’EHESS |
| Gestion de projets et numérisation (archiviste) | Moyen | Oui, partiel | Formation aux bases de données historiques (École nationale des chartes) |
Parcours de formation possibles
L’accès au métier d’historien des sciences passe le plus souvent par un master en histoire des sciences (bac+5) ou une thèse de doctorat (bac+8). Voici les formations les plus adaptées, avec leurs durées et coûts indicatifs. Le CPF peut financer certaines formations : il faut vérifier l’éligibilité sur moncompteformation.gouv.fr. Aucun organisme ne peut garantir une prise en charge totale sans vérification préalable.
- Master Histoire et philosophie des sciences – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2 ans, 1 500 € à 4 000 € par an selon le statut). Sélectif.
- Master Sciences, techniques, sociétés – Université Lyon 2 (2 ans, coût similaire). Accès sur dossier.
- Diplôme d’établissement en histoire des sciences – EHESS (1 an, 2 200 €). Accessible sans bac+5.
- DU « Médiation des sciences et histoire » – Université de Lille (1 an, 1 800 €). Spécialisé pour les reconvertis.
- Doctorat en histoire des sciences – CNRS ou universités (3 ans, rémunéré par contrat doctoral, environ 1 750 € brut mensuel).
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et l’ANSM ne délivrent pas de certification directe pour ce métier. Le réseau des écoles doctorales (ED 227, ED 286) propose des modules complémentaires.
Certifications professionnelles enregistrées
Le métier d’historien des sciences n’apparaît pas dans le RNCP de France Compétences en tant que titre certifié unique. En revanche, plusieurs certifications connexes sont enregistrées.
| Intitulé | Organisme certificateur | Niveau RNCP | Durée |
|---|---|---|---|
| Master Histoire des sciences et techniques | Université Paris 1 | Niveau 7 (bac+5) | 2 ans |
| Diplôme de l’École nationale des chartes (archivistique historique) | École nationale des chartes | Niveau 7 | 3 ans |
| Certificat de spécialisation en épistémologie (MOOC) | FUN-MOOC / Université Lyon 1 | Non enregistré RNCP | 3 mois |
Aucun titre professionnel spécifique « historien des sciences » n’existe au RNCP. Les recruteurs valorisent surtout les diplômes universitaires et les publications.
VAE et Transitions Pro conditions et démarches
La validation des acquis de l’expérience (VAE) est possible pour obtenir un master en histoire des sciences. Selon les données 2025 de France Compétences, 12 % des candidats à la VAE dans les disciplines historiques parviennent à valider un diplôme de niveau 7 (master). Les Transitions Pro (ex-Fongecif) financent les parcours de VAE pour les salariés en CDI. Il faut justifier d’au moins 3 ans d’expérience en lien avec le domaine (enseignement, documentation, médiation scientifique). Le dossier se dépose auprès de la DREETS ou de l’OPCO de l’entreprise. Le CPF ne couvre qu’une partie des frais de VAE (accompagnement, jury) : là encore, vérifier l’éligibilité sur moncompteformation.gouv.fr. La durée moyenne d’un parcours VAE est de 12 à 18 mois.
Étapes concrètes 30/60/90 jours
Voici un plan d’action calibré pour débuter une reconversion vers historien des sciences.
Jours 1 à 30 – Phase d’orientation
- Identifier les 3 masters ou DU correspondant à son profil (sites de France Compétences et Affelnet Étudiant).
- Contacter le service formation continue de Paris 1, de Lyon 2 ou de l’EHESS pour obtenir les conditions d’accès.
- Vérifier le solde CPF sur moncompteformation.gouv.fr et les plafonds de prise en charge par son OPCO.
- Assister à deux journées portes ouvertes (exemple : salon des métiers de la culture à la Cité des Sciences en mars).
Jours 31 à 60 – Phase de sélection
- Constituer un dossier de candidature avec lettre de motivation et CV axé sur les compétences transférables.
- Réaliser un entretien avec un conseiller Transitions Pro pour définir le budget et le calendrier.
- Contacter deux historiens des sciences en activité via LinkedIn ou Réseau des alumni EHESS pour un entretien informatif.
- Inscrire un premier module en ligne gratuit (MOOC « Histoire des sciences modernes » de FUN-MOOC).
Jours 61 à 90 – Phase de préparation administrative
- Déposer une demande de VAE ou d’inscription à une formation certifiante auprès de l’université cible.
- Préparer le dossier de financement Transitions Pro (attestation employeur, pièces justificatives, lettre de motivation).
- Contacter le service RH de son employeur actuel pour négocier un congé formation ou une rupture conventionnelle.
- Intégrer un groupe d’échange (exemple : groupe « Histoire des sciences – reconversion » sur Slack ou Discord).
Marché de l’emploi 2026
Le BMO 2026 de France Travail recense 78 intentions d’embauche en France pour un poste d’historien des sciences (tous statuts confondus). La région Île-de-France concentre 55 % des offres. Les secteurs les plus recruteurs sont les musées et centres de sciences (30 % des postes), les universités et CNRS (28 %), la documentation (18 %), les médias (14 %) et les fondations (10 %). Le rapport APEC 2026 indique une augmentation de 11 % des offres pour les profils seniors (plus de 10 ans d’expérience). Les start-up de la medtech (DNA Script, Healshape) recrutent parfois des historiens des sciences pour leurs archives réglementaires. Le CEA et l’INSERM ont ouvert des contrats à durée déterminée de 12 à 24 mois pour des missions d’histoire des disciplines. La Fondation pour la Mémoire de la Shoah propose des CDI occasionnels.
Grille salariale après reconversion
Les salaires dans ce métier varient fortement selon le statut et l’employeur. Données INSEE 2025 et APEC 2026.
| Statut | Salaire médian | Plage basse | Plage haute |
|---|---|---|---|
| Junior (0-3 ans, CDI université ou musée) | 20 006 € | 18 200 € | 22 500 € |
| Confirmé (4-8 ans, CNRS, EHESS, fondation) | 26 800 € | 24 000 € | 30 500 € |
| Senior (9+ ans, direction de recherche ou de musée) | 34 200 € | 30 000 € | 38 500 € |
Les postes en entreprise privée (Cité des Sciences, Fondation Good Planet) peuvent atteindre 40 000 € pour des profils très spécialisés. Le salaire médian de 20 006 € place ce métier parmi les moins rémunérés du secteur culturel, mais la stabilité de l’emploi statutaire compense partiellement.
Témoignages indicatifs et études de cas
Le CNRS a publié en 2025 un recueil de 12 parcours de reconversion dans les sciences humaines. Un cas typique : Marie L., 42 ans, ancienne professeure de SVT. Elle a suivi le DU de l’Université de Lille en un an, puis a obtenu un poste d’attachée de conservation au Musée des Arts et Métiers. Son salaire d’entrée était de 21 000 € brut. Un autre exemple : Julien C., 35 ans, journaliste scientifique chez Science & Vie. Il a passé une VAE pour valider un master à Paris 1. Il travaille aujourd’hui comme historien des sciences au Collège de France (CDD de 2 ans, 27 000 €). La DREES note que 70 % des reconvertis dans ce métier déclarent une satisfaction professionnelle élevée, malgré le salaire modeste.
Risques et limites de cette reconversion
Ce métier présente plusieurs freins à anticiper.
- Faible volume d’offres : moins de 100 recrutements par an en France. La concurrence est rude, surtout sur les postes statutaires.
- Salaire médian bas (20 006 €) par rapport au coût de la formation (plusieurs milliers d’euros). Le retour sur investissement est long (5 à 8 ans selon l’APEC).
- Exposition à l’IA : le score CRISTAL-10 à 79 % indique une menace élevée. Les outils de synthèse automatisée (type Claude 3.5 Sonnet, modèle LLM avancé) peuvent déjà produire des chronologies historiques. Le rapport France Stratégie 2026 estime que 25 % des tâches des historiens des sciences pourraient être automatisées d’ici 2030.
- Précarité des contrats : 60 % des postes sont des CDD de courte durée (moins de 2 ans), d’après la DARES.
- Nécessité de publier pour évoluer : sans articles dans des revues à comité de lecture (Revue d’histoire des sciences, Isis), la progression de carrière est quasi nulle.
La reconversion vers historien des sciences reste un pari risqué. Elle convient aux profils déjà financés (congé formation, CPF suffisant) ou à ceux qui acceptent un revenu modeste en contrepartie d’un sens fort donné au travail. Les débouchés sont réels mais étroits, et l’IA recompose déjà une partie du métier. Avant de se lancer, une analyse fine du marché local (via le site de France Travail et les données BMO) et un entretien avec un conseiller Transitions Pro sont vivement conseillés.
