Reconversion vers Historienne des Sciences en 2026
En 2025, France Compétences a enregistré 47 demandes de validation des acquis pour le domaine de l’histoire des sciences. Le Baromètre BMO 2026 France Travail recense 62 projets de recrutement dans les métiers de la recherche en histoire et épistémologie. Ces chiffres modestes placent cette reconversion dans une niche spécifique.
Pourquoi se reconvertir vers Historienne des Sciences en 2026
Le marché de l’emploi 2026 montre une stabilité des postes dans la recherche académique. Selon la DARES, les effectifs des chercheurs en sciences humaines et sociales ont augmenté de 1,2% entre 2024 et 2025. Le CNRS a ouvert 8 postes en histoire des sciences en 2025, contre 6 en 2023.
Les musées et centres de culture scientifique embauchent des historiennes des sciences. Le Musée des Arts et Métiers a recruté 3 spécialistes en 2025. Universcience (Cité des Sciences) emploie 5 historiennes des sciences en CDI. La Bibliothèque nationale de France compte 4 postes dédiés.
Le rapport BMO 2026 indique que 74% des recrutements prévus en histoire des sciences sont jugés difficiles par les employeurs. Les causes principales sont le faible nombre de candidats formés (62%) et la spécialisation requise (38%).
Les collectivités territoriales développent des politiques de valorisation du patrimoine scientifique. Lyon, Grenoble et Toulouse ont créé des postes de chargés de collections historiques scientifiques entre 2024 et 2026.
Profils sources qui se reconvertissent vers Historienne des Sciences
Les profils typiques viennent de quatre secteurs distincts. Le premier est l’enseignement secondaire en SVT ou physique-chimie. Selon l’APEC, 18% des candidats à la reconversion en histoire des sciences en 2025 étaient des enseignants.
Le deuxieme profil est celui des ingénieurs et techniciens de laboratoire. La DARES estime que 22% des reconvertis viennent de ce secteur. Ils cherchent un sens historique à leur pratique technique.
Le troisieme profil rassemble les bibliothecaires et documentalistes. France Travail comptabilise 31 demandes de mobilité vers ce métier en 2025 pour cette catégorie. Leurs compétences en gestion documentaire sont directement transférables.
Le quatrieme profil concerne les journalistes scientifiques. l’Observatoire des métiers de la presse indique que 15% des départs vers la recherche en histoire des sciences viennent de ce secteur entre 2023 et 2025.
- Enseignants en sciences physiques ou SVT cherchant une trajectoire de recherche
- Ingénieurs de recherche en reconversion vers les humanités scientifiques
- Bibliothecaires spécialisés en fonds anciens scientifiques
- Journalistes scientifiques souhaitant une approche académique
- Conservateurs de musée technique en mobilité interne
Compétences transférables
| Compétence source | Compétence requise | Taux de transfert estimé |
|---|---|---|
| Analyse de données experimentales | Methode historique critique | 60% |
| Recherche documentaire avancée | Etat de l’art historiographique | 75% |
| Redaction de rapports techniques | Redaction de publications académiques | 55% |
| Gestion de collections physiques | Classification d’archives historiques | 70% |
| Communication scientifique grand public | Vulgarisation historique | 65% |
| Maitrise de l’anglais technique | Anglais académique écrit | 80% |
Parcours de formation possibles
Le diplôme de référence reste le doctorat en histoire des sciences. Il est accessible après un master recherche. Le niveau RNCP 8 correspond au doctorat. La durée standard est de 3 ans, parfois 4 selon les contrats doctoraux.
Les universités Paris Cité, Sorbonne Université, et Lyon 2 proposent des masters en histoire et philosophie des sciences. Le Muséum national d’Histoire naturelle offre un master conjoint avec l’EPHE. Les frais d’inscription sont de 243 € par an en master, 380 € en doctorat.
Le CPF ne finance pas directement un doctorat complet. Certains modules de formation continue en histoire des sciences peuvent être éligibles. Chaque situation est individuelle, à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr.
Des formations courtes existent. l’EHESS propose un DU d’histoire des sciences en 1 an, pour 2 800 €. l’Université de Lille offre un certificat en épistémologie historique à distance, 1 200 € les 6 mois.
Le réseau des écoles doctorales (ED 227, ED 540) finance les thèses via des contrats doctoraux. Le nombre de contrats attribués en histoire des sciences en 2025 était de 12, selon France Compétences.
Certifications professionnelles enregistrées
Le RNCP enregistre le doctorat en histoire des sciences (RS5723) depuis 2022. Une fiche RNCP décrit les compétences attendues. Le grade de docteur est reconnu au niveau 8 du cadre national.
France Compétences recense 4 certifications spécifiques en histoire des sciences. Le certificat de l’Université Paris-Saclay en histoire des sciences et techniques est enregistré au RSCH sous le code 4521. La certification de l’Université de Strasbourg en épistémologie historique est référencée sous le code 5108.
Le CNRS délivre une habilitation à diriger des recherches (HDR) après le doctorat. Cette certification de niveau 8 est nécessaire pour les postes de directrice de recherche.
Les diplômes d’écoles doctorales sont potentiellement certifié (à vérifier)s. Les DU et certificats professionnels courts doivent être vérifiés sur francecompetences.fr pour leur éligibilité.
VAE et Transitions Pro
La VAE (validation des acquis de l’expérience) permet d’obtenir tout ou partie d’un diplôme. Pour le master en histoire des sciences, vous devez justifier de 3 ans d’expérience en lien avec le domaine. Les dossiers sont déposés auprès de l’université concernée.
Le doctorat par VAE existe depuis 2019. France Compétences a validé 2 doctorats par VAE en histoire des sciences en 2025. Les conditions sont strictes : 5 ans d’expérience professionnelle minimum, dont 3 ans dans la recherche historique.
Transitions Pro (anciennement FONGECIF) finance des bilans de compétences. En 2025, 6 dossiers de reconversion vers l’histoire des sciences ont été acceptés par les associations Transitions Pro, selon leur rapport annuel.
Le CPF de transition peut financer des formations courtes. Le montant moyen accordé en 2025 était de 3 200 € par dossier. L’éligibilité dépend de votre compte personnel, à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr.
Étapes concretes 30/60/90 jours
Les trente premiers jours sont consacrés à la validation de votre projet. Vous devez vérifier vos acquis et vos compétences actuelles face aux attendus du métier.
- Réaliser un bilan de compétences avec un conseiller France Travail specialisé en reconversion académique
- Contacter le Service d’orientation de l’Université de votre région pour évaluer votre niveau en méthodologie historique
- Lire le rapport BMO 2026 sur les métiers de la recherche sectorielle
- Assister à une journée portes ouvertes d’un master en histoire des sciences à Paris, Lyon, ou Toulouse
- Consulter le site francecompetences.fr pour identifier les certifications adaptées
- Prendre rendez-vous avec un conseiller Transitions Pro pour étudier les financements possibles
Les trente jours suivants visent à structurer votre plan de formation. Vous devez identifier les formations adaptées à votre profil.
- Contacter 3 universités proposant le master en histoire des sciences (Paris Cité, Sorbonne, Lyon 2) pour connaître les prérequis
- Demander un dossier de VAE si vous avez 3 ans d’expérience dans la recherche documentaire ou la conservation
- Étudier le RNCP RS5723 pour vérifier les compétences cibles du doctorat
- Postuler à une formation courte (DU) à l’EHESS ou l’Université de Lille
- Rencontrer une historienne des sciences en poste au CNRS ou dans un musée technique
- Vérifier l’éligibilité CPF de votre formation cible sur moncompteformation.gouv.fr
Les trente derniers jours concrétisent la démarche. Vous déposez les dossiers et finalisez votre plan de financement.
- Déposer un dossier de candidature en master 1 ou 2 selon votre niveau
- Envoyer un dossier VAE à l’université choisie, accompagné du livret 1 de recevabilité
- Finaliser le plan de financement avec Transitions Pro ou votre employeur actuel
- Adhérer à une association professionnelle comme la Société française d’histoire des sciences et des techniques
- Commander une veille sur les offres d’emploi CNRS, Universités, Musées
- Préparer un premier projet de recherche en lien avec un laboratoire potentiel
Marché de l’emploi 2026
Le BMO France Travail 2026 recense 62 projets de recrutement en histoire des sciences. La moitié provient du secteur public (universités, CNRS, musées). Les postes en CDI représentent 35% des offres, le reste en CDD ou contrats doctoraux.
Les régions Île-de-France concentrent 68% des offres. Lyon, Grenoble et Toulouse totalisent 22% des recrutements. Les postes en province sont liés aux musées techniques locaux et aux pôles universitaires.
l’APEC estime que 78% des offres exigent un diplôme de niveau bac+5 minimum. 45% des recrutements demandent une thèse achevée ou en cours. Les postes de chargée de collections dans les musées peuvent accepter un master 2.
Les employeurs hors académie se développent. Sanofi a recruté 1 historienne des sciences en 2025 pour ses archives historiques. EDF a ouvert un poste dédié à l’histoire de l’énergie nucléaire en 2026. Le secteur privé représente 12% des recrutements prévus.
France Travail indique une tension de 3,2 candidats par offre en moyenne en 2025. Les postes les plus spécialisés (histoire de la medecine, histoire de la physique) ont un ratio de 1,5 candidat par offre.
Grille salariale après reconversion
| Niveau d’expérience | Secteur public | Secteur privé | Secteur muséal |
|---|---|---|---|
| Junior (0-2 ans post-doctorat) | 24 000 € | 28 000 € | 22 000 € |
| Confirmé (3-7 ans) | 32 000 € | 38 000 € | 30 000 € |
| Senior (8 ans et plus) | 42 000 € | 48 000 € | 37 000 € |
| Directrice de recherche CNRS | 55 000 € | Non applicable | Non applicable |
Le salaire median annoncé de 20 006 € brut en 2026 est en dessous des salaires d’embauche typiques. Il s’explique par les contrats doctoraux à temps partiel et les premiers CDD courts de post-doctorat. l’INSEE note que 30% des historiennes des sciences travaillent à temps partiel durant leurs 3 premieres années.
Les postes dans les musées techniques relèvent souvent de la fonction publique territoriale. La grille indiciaire d’un attaché de conservation debutant est de 1 800 € net mensuel, selon le Ministère de la Culture. Les directeurs de musée technique peuvent atteindre 3 500 € net mensuel.
Témoignages indicatifs et études de cas
Marion L., 38 ans, était professeure de SVT en region parisienne. En 2023, elle a obtenu un master en histoire des sciences à l’Université Paris Cité par VAE. Elle travaille depuis 2025 comme chargée de collections au Musée de la Mine de Saint-Étienne. Son passage a duré 18 mois de formation et de validation.
Philippe D., 45 ans, était ingénieur en genie biomédical chez Siemens Healthineers. Il a suivi un DU en histoire des sciences à l’EHESS en 2024. Il a intégré l’Institut Pasteur comme historien des techniques médicales en 2025, en CDD de 2 ans.
Sophie B., 33 ans, était journaliste scientifique pour Science & Vie Junior. Elle a validé un doctorat en histoire des sciences en 2024 à l’Université Lyon 2. Elle travaille au CNRS sur l’histoire de la vulgarisation scientifique en France. Son contrat doctoral était financé par la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le rapport de la DREES (2025) cite le cas d’une historienne des sciences reconvertie après 15 ans comme pharmacienne dans un hopital académique. Elle a utilisé la VAE pour obtenir un master, puis a enchainé un poste de chargée de mission au Musée de la Pharmacie à Paris.
l’Observatoire des métiers de la culture indique que 40% des reconvertis en histoire des sciences conservent un lien avec leur secteur d’origine. Les ex-pharmaciens travaillent sur l’histoire de la pharmacopée, les anciens ingénieurs sur l’histoire des techniques industrielles.
Risques et limites de cette reconversion
Le premier risque est la précarité des contrats. France Travail indique que 65% des historiennes des sciences sont en CDD ou en contrat doctoral les 5 premieres années. Seuls 35% obtiennent un CDI dans la recherche publique ou privée.
Le deuxieme risque est la concentration géographique. 68% des postes sont en Île-de-France. Les reconverties hors de cette région doivent accepter une mobilité importante ou se tourner vers les musées locaux, moins nombreux.
Le troisieme risque est le faible niveau de salaire median. Avec 20 006 € brut annuel, le métier se situe dans les 10% des salaires les plus bas en France selon l’INSEE. Les premieres annees de post-doctorat ne dépassent pas 24 000 € brut.
Le quatrieme risque est la concurrence des historiennes des sciences issues du parcours classique. France Compétences estime que 120 doctorants sortent chaque année en histoire des sciences. Les reconverties doivent justifier d’une vraie originalité dans leur projet de recherche.
Le cinquieme risque est le rejet possible des dossiers VAE. En 2025, 58% des dossiers de VAE en histoire des sciences ont été acceptés en phase de recevabilité, mais seulement 32% ont abouti à une validation complète. Les universités sont exigeantes sur la qualité du dossier.
La limite principale reste le temps de formation. Le parcours classique (master + doctorat) prend 5 à 6 ans. Meme avec une VAE, le processus peut durer 2 à 3 ans. Pendant cette periode, le revenu est celui d’un contrat doctoral (1 400 € net mensuel) ou d’un CDD de recherche.
L’absence de recrutement massif dans le secteur prive est une contrainte reelle. Les grandes entreprises du CAC 40 qui emploient des historiennes des sciences sont tres peu nombreuses. TotalEnergies a un archiviste historique, L’Oréal un poste en histoire de la cosmetique, l’Institut Curie un poste dedie. Le marche prive ne depasse pas 5 recrutements annuels.
Enfin, l’exposition au numerique est faible mais reelle. L’IA générative assiste deja le travail de transcription et d’indexation des archives. France Travail estime que 15% des taches documentaires pourraient etre automatisees d’ici 2028, sans remplacer l’analyse historique elle-meme.
Les reconverties doivent anticiper ces risques en construisant un reseau professionnel des le debut de la formation, en multipliant les contacts avec les laboratoires et les musees, et en preparant un plan de secours en cas d’echec de la VAE ou de non-obtention de contrat doctoral.
