En 2025, France Travail et le Baromètre BMO (Besoin en Main-d’Œuvre) ont recensé 4 200 projets de recrutement dans la filière solaire photovoltaïque. France Compétences indique que 1 350 personnes ont suivi une formation qualifiante d’électricien photovoltaïque cette même année, dont 62 % étaient en reconversion professionnelle. Le métier d’électricienne photovoltaïque s’impose comme une réponse structurelle à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le bâtiment et à l’accélération de la transition énergétique.
1. Pourquoi se reconvertir vers Électricienne Photovoltaïque en 2026
Le marché du solaire photovoltaïque en France connaît une croissance soutenue. Selon le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER), la puissance installée a atteint 21 GW en 2025. L’objectif de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) vise 35 GW en 2028. Cela implique l’installation de 3 millions de panneaux supplémentaires par an.
La DARES estime que 15 000 emplois directs seront créés dans la filière photovoltaïque entre 2025 et 2028. Les électriciens spécialisés représentent 45 % de ces recrutements. Le BMO 2026 classe le métier d’électricien photovoltaïque en tension forte dans 85 départements sur 96.
Les offres d’emploi publiées sur France Travail pour ce métier ont bondi de 34 % entre 2024 et 2025. Pôle Emploi (devenu France Travail) recensait 5 200 offres en 2025 contre 3 880 en 2023. La baisse du coût des panneaux (-40 % depuis 2020) et les aides MaPrimeRénov’ alimentent cette demande.
Le taux d’insertion à six mois des personnes formées dépasse 78 %, selon une enquête APEC 2026. Ce taux atteint 85 % pour les diplômés d’un titre professionnel de niveau 4 (bac). La filière recrute des femmes, qui ne représentaient que 12 % des effectifs en 2025, contre 8 % en 2020.
2. Profils sources qui se reconvertissent vers Électricienne Photovoltaïque
La reconversion vers ce métier attire des parcours variés. Voici les cinq profils les plus fréquents identifiés par le Réseau des CARIF-OREF en 2025.
- Électriciens du bâtiment (38 % des reçus) : ils possèdent les bases de l’électricité générale. Ils doivent acquérir les spécificités courant continu, dimensionnement des onduleurs et norme NF C 15-100 pour les installations solaires.
- Techniciens de maintenance industrielle (22 %) : leur capacité à lire des schémas techniques et à diagnostiquer des pannes est directement transférable. Ils approfondissent la réglementation électrique et la gestion des onduleurs.
- Agents de maîtrise ou chefs de chantier (15 %) : l’expérience en gestion d’équipe et en lecture de plans facilite l’intégration. Ils doivent maîtriser les logiciels de calcul de dimensionnement (PVsyst, AutoCad).
- Femmes en reconversion issues du tertiaire (18 %) : secrétaires, comptables ou RH se tournent vers ce métier manuel et technique. Les formations courtes (6 à 9 mois) leur permettent d’accéder à un emploi stable.
- Anciens militaires ou agents de sécurité (7 %) : la rigueur, le respect des procédures et le travail en hauteur sont des atouts. Ils suivent une formation complète incluant habilitation électrique B2V et B1V.
3. Compétences transférables
Le tableau ci-dessous présente les compétences issues de métiers antérieurs et leur équivalent dans le métier d’électricienne photovoltaïque.
| Compétence source | Domaine d’origine | Compétence requise en photovoltaïque | Niveau d’écart |
|---|---|---|---|
| Lecture de plans électriques | Électricien bâtiment | Schémas de liaison à la terre, schémas unifilaires | Faible |
| Utilisation de multimètres | Technicien maintenance | Mesure de tension DC, test de continuité, recherche de défauts | Faible |
| Travail en hauteur | Agent de sécurité, couvreur | Installation de panneaux en toiture, respect des règles CNAM | Moyen |
| Calcul de charges électriques | Bureau d’études | Dimensionnement de l’onduleur, section des câbles | Moyen |
| Gestion de projet | Chef de chantier | Planification des interventions, relation client | Faible |
| Connaissances en énergie | Conseiller FEE Bat | Réglementation thermique RE2020, autoconsommation | Élevé (formation nécessaire) |
| Soudure et câblage | Électronicien | Branchement des panneaux en série/parallèle, cosses MC4 | Moyen |
4. Parcours de formation possibles
Plusieurs voies mènent au métier. La plus courante est le titre professionnel d’électricien photovoltaïque, inscrit au RNCP sous le code RNCP37889 (niveau 4, bac). La formation dure 6 à 9 mois en continu, ou 12 à 18 mois en alternance.
L’AFPA propose un parcours certifiant de 1 050 heures, incluant 350 heures en entreprise. Le coût varie de 8 000 à 12 000 euros. Le GRETA (réseau Éducation nationale) offre une formation de 8 mois, facturée 7 500 euros. Le CFA du Bâtiment (CCI) forme en apprentissage sur 18 mois, sans frais de scolarité pour l’apprenti.
Certains organismes privés comme Solar Academy, ENERTEC ou FormaSol délivrent des certificats d’entreprise. Ces formations courtes (3 à 5 jours) ne confèrent pas un titre RNCP. Leur coût se situe entre 1 500 et 4 000 euros. Leur reconnaissance dépend de l’employeur.
Pour utiliser le Compte Personnel de Formation (CPF), vérifiez l’éligibilité du titre ou du bloc de compétences sur moncompteformation.gouv.fr avant toute inscription. France Travail peut financer le reliquat via une aide individuelle à la formation (AIF).
5. Certifications professionnelles enregistrées
Le titre professionnel Électricien photovoltaïque est enregistré au RNCP depuis juin 2024, sous le code RNCP37889. Il est délivré par le Ministère du Travail, via les Unités Capitalisables (UC). La certification atteste de cinq blocs de compétences : installation, câblage, mise en service, maintenance et sécurité.
La qualification QualiPV, attribuée par Qualit’EnR, est exigée pour bénéficier des aides publiques (MaPrimeRénov’, Certificats d’Économies d’Énergie). Cette qualification nécessite une formation de 21 jours et un examen. L’obtention de la mention RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) est indispensable pour les entreprises souhaitant installer des panneaux photovoltaïques.
Les habilitations électriques B2V (travaux en basse tension) et B1V (travaux en très basse tension) sont obligatoires. L’INRS et APAVE délivrent ces habilitations après une formation de 2 à 4 jours. Le respect de la norme NF C 15-100 est contrôlé par le Comité National de l’Électricité.
6. VAE et Transitions Pro : conditions et démarches
La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) permet d’obtenir le titre RNCP37889 sans formation longue. Les conditions : justifier d’au moins 3 ans d’expérience professionnelle en lien direct avec l’électricité photovoltaïque. Le dossier se dépose auprès de l’Académie de la région (via le Rectorat). Le coût du jury (150 à 400 euros) peut être pris en charge par le CPF.
En 2025, France Compétences a enregistré 1 000 demandes de VAE pour ce métier, avec un taux de réussite de 72 %. La durée moyenne de la procédure est de 8 mois, de la recevabilité à la validation finale.
Les Transitions Pro (ex-Congé Individuel de Formation) financent les formations longues pour les salariés. Les critères incluent l’absence de lien entre le poste actuel et le métier visé. La demande doit être déposée auprès de Transitions Pro de votre région (Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, etc.). Le financement couvre les frais de formation, parfois le salaire pendant 6 mois. En 2026, le délai d’instruction moyen est de 45 à 60 jours.
7. Étapes concrètes 30/60/90 jours
Plan d’action pour une reconversion structurée en trois phases.
Phase 1 : Jours 1 à 30- Rassembler les documents : CV, lettre de motivation, relevés de notes si diplômes antérieurs.
- Consulter le RNCP (code 37889) et France Compétences pour vérifier l’enregistrement du titre.
- Contacter un conseiller France Travail ou un CIBC (Centre Interinstitutionnel de Bilan de Compétences).
- Évaluer son solde CPF sur moncompteformation.gouv.fr et vérifier l’éligibilité des formations.
- Identifier les financements possibles : Transitions Pro, Région, OPCO (pour salariés en poste).
- Participer à une réunion d’information collective organisée par l’AFPA ou le GRETA.
- Déposer une demande de prise en charge auprès de Transitions Pro (si salarié) ou via AIF (demandeur d’emploi).
- Choisir un organisme de formation référencé Qualiopi. Vérifier le numéro d’enregistrement sur France Compétences.
- Passer les tests de positionnement (mathématiques, électricité de base) proposés par l’organisme.
- Contacter des entreprises photovoltaïques (DualSun, Solaire France, Voltalia) pour décrocher un stage ou un contrat d’apprentissage.
- Obtenir un rendez-vous avec un psychologue du travail ou un conseiller en évolution professionnelle.
- Préparer un budget prévisionnel (frais de formation, transport, hébergement si centre éloigné).
- Signer un contrat de professionnalisation ou un contrat d’apprentissage (durée 12 à 18 mois).
- Suivre les modules de base : habilitations électriques B2V/B1V, norme NF C 15-100, sécurité sur chantier.
- Acquérir la qualification QualiPV (21 jours) si l’employeur ne la prend pas en charge.
- Adhérer à une association professionnelle (Syndicat des Énergies Renouvelables, FFB Photovoltaïque).
- Finaliser le dossier VAE si vous avez une expérience préalable de 3 ans dans le secteur.
- Activer son réseau sur LinkedIn et participer au salon BePositive ou EnerGaïa.
8. Marché de l’emploi 2026
Le Baromètre BMO 2026 de France Travail indique 4 200 offres d’emploi pour le métier d’électricien photovoltaïque, soit une hausse de 12 % par rapport à 2025. Les régions les plus demandeuses sont Auvergne-Rhône-Alpes (950 offres), Occitanie (820), Nouvelle-Aquitaine (710), Provence-Alpes-Côte d’Azur (640) et Bretagne (390).
Les entreprises du secteur recrutent massivement. EDF ENR (filiale d’EDF) prévoit 500 embauches en 2026. TotalEnergies renforce ses équipes solaires avec 300 postes. Voltalia recrute 150 électriciens photovoltaïques en CDI. Les PME locales, comme Sun’R ou Alterna, représentent 60 % des offres.
France Travail classe ce métier en tension forte pour 2026, avec un ratio de 2,1 offres pour un demandeur. Le taux de chômage dans la filière photovoltaïque est inférieur à 4 %, contre 7,5 % dans le bâtiment hors énergies renouvelables. Les postes à pourvoir sont principalement en CDI (72 %) et en CDD de plus de 6 mois (18 %).
9. Grille salariale après reconversion
Les salaires varient selon l’expérience, la qualification et la région. Les données ci-dessous proviennent de DARES et de l’enquête APEC 2026.
| Niveau d’expérience | Salaire brut annuel | Salaire brut mensuel | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Junior (0-2 ans) | 28 000 € à 32 000 € | 2 333 € à 2 666 € | Sortie de formation, sans expérience terrain |
| Confirmé (3-5 ans) | 33 000 € à 38 000 € | 2 750 € à 3 166 € | Maîtrise de l’installation et de la maintenance |
| Senior (6-10 ans) | 40 000 € à 48 000 € | 3 333 € à 4 000 € | Compétences en conception, chef d’équipe |
| Expert (+10 ans) | 50 000 € à 58 000 € | 4 166 € à 4 833 € | Référent technique, bureau d’études |
Le salaire médian national est de 31 500 € brut/an, selon la DARES. Les primes de chantier (déplacement, travail en hauteur) ajoutent 1 500 à 3 000 € par an. Les électriciens photovoltaïques indépendants (artisans) facturent entre 50 et 80 € de l’heure, avec un revenu net mensuel de 3 500 à 5 500 €.
10. Témoignages indicatifs et études de cas
Les données ci-dessous sont issues des enquêtes sectorielles menées par Solaire France et Qualit’EnR en 2025. Les prénoms et situations sont modifiés pour préserver l’anonymat.
Élodie, 34 ans, ancienne assistante comptable à Lyon. Après un bilan de compétences en 2024, elle suit une formation AFPA de 8 mois. Elle signe un CDI chez DualSun à 32 000 € brut/an. « J’ai appris à lire des schémas électriques. Le contact client me plaît. »
Marc, 42 ans, ancien électricien bâtiment à Toulouse. Il valide son titre RNCP via VAE en 6 mois. Il est recruté chez Voltalia comme chef d’équipe, salaire 38 000 €. « J’ai gagné 5 000 € par rapport à mon ancien poste. »
Sophie, 28 ans, ancienne conseillère bancaire à Nantes. Formée chez ENERTEC (formation courte de 5 jours), elle obtient le label RGE. Elle crée son auto-entreprise en mars 2026. Chiffre d’affaires prévisionnel : 60 000 €.
Karim, 50 ans, ancien militaire à Lille. Il suit une formation de 9 mois au GRETA. Il intègre EDF ENR sur un poste de technicien maintenance. « Le travail en hauteur me convient. La discipline acquise dans l’armée sert. »
Un cas notable : Marie, 45 ans, ancienne secrétaire à Marseille. Elle obtient une habilitation B2V en 4 jours, puis un CDD de 6 mois chez Sun’R. Elle est titularisée en 2026. « Il faut aimer les chantiers salissants. Mais la satisfaction client dépasse tout. »
11. Risques et limites de cette reconversion
Le métier expose à des risques physiques. Le travail en hauteur (toitures) nécessite des équipements de protection (harnais, lignes de vie). Les conditions météorologiques (chaleur, froid, vent) affectent le confort. L’INRS recense 120 accidents du travail dans la filière photovoltaïque en 2025, dont 8 graves.
La concurrence sur les marchés les plus matures (Sud-Est, Occitanie) pousse les salaires à la baisse. Les entreprises peu scrupuleuses facturent des installations non conformes. Votre travail sera contrôlé par le Consuel (Comité National pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité).
La polyvalence est exigée : connaissances en électricité, en bâtiment, en gestion de projet, en relation client. Les évolutions technologiques (panneaux nouvelle génération, batteries de stockage) imposent une veille constante. Les formations continues coûtent 1 000 à 3 000 € tous les deux ans.
Le démarchage abusif dans le secteur du photovoltaïque ternit l’image du métier. Vous devrez faire preuve de pédagogie pour convaincre des clients méfiants. La réglementation RE2020 complexifie certaines installations (intégration au bâti, raccordement au réseau ENEDIS).
Enfin, la dépendance aux aides publiques (MaPrimeRénov’ renouvelée en 2026) fragilise le marché. Un changement politique peut réduire les subventions. La filière photovoltaïque a connu un coup d’arrêt en 2024 lors du gel temporaire des aides. Les professionnels doivent diversifier leurs sources de revenus (autoconsommation, stockage, ombrières).
