En 2025, selon la DARES et les données BMO France Travail, plus de 1 400 personnes ont amorcé une reconversion vers les métiers de l’apprentissage et de l’alternance, dont 380 spécifiquement vers le poste de chargé ou chargée de mission apprentissage. Ce chiffre, issu de l’enquête BMO 2025, progresse de 22 % par rapport à 2023. Le secteur recrute, porté par la réforme de l’apprentissage et la multiplication des CFA.
1. Pourquoi se reconvertir vers Chargée de Mission Apprentissage en 2026
Le métier de chargée de mission apprentissage connaît une demande accrue depuis la loi Avenir Professionnel de 2018. Le nombre de contrats d’apprentissage a bondi de 320 000 en 2019 à 837 000 en 2024, selon la DARES. Cette explosion tire le besoin de professionnels capables de piloter les politiques d’alternance dans les entreprises, les branches et les organismes de formation.
En 2026, le BMO France Travail estime à 2 100 les projets de recrutement pour ce métier, dont 68 % jugés difficiles. Le Ministère du Travail consacre 2,7 milliards d’euros par an au développement de l’apprentissage. Les branches professionnelles, fédérations, CFA et grands groupes créent des postes dédiés de chargée de mission apprentissage pour gérer les relations avec les OPCO, les certifications et les obligations réglementaires.
Le baromètre APEC-Opheor 2025 indique que 42 % des cadres en poste dans l’apprentissage sont issus d’une reconversion. Le métier attire des profils variés : assistants RH, conseillers en insertion, commerciaux, ou anciens responsables de formation. La médiane d’âge au recrutement est de 34 ans, selon l’APEC.
Le salaire médian de 29 000 € brut par an en 2026 place ce poste dans une fourchette accessible après reconversion, avec des perspectives d’évolution vers responsable de service alternance ou directeur de CFA.
2. Profils sources qui se reconvertissent vers Chargée de Mission Apprentissage
Les profils types observés par France Travail et les OPCO montrent cinq parcours dominants :
- Assistant(e) RH de formation bac+2, avec 4 à 8 ans d’expérience en gestion administrative des contrats. La maîtrise du code du travail et des formalités de rupture est un atout direct.
- Conseiller(ère) en insertion professionnelle ayant travaillé en Missions Locales ou Cap Emploi. Connaît les publics éloignés de l’emploi et les dispositifs d’accompagnement.
- Commercial(e) BtoB en formation continue, souvent issu des OF. Sait développer un portefeuille d’entreprises partenaires et négocier des conventions.
- Responsable de formation en entreprise, souhaitant se spécialiser sur l’alternance et la gestion des relations avec les CFA et les OPCO.
- Juriste droit social en quête d’un poste moins contentieux, plus opérationnel et orienté développement des compétences.
L’étude APEC « Mobilités professionnelles 2025 » précise que 55 % des reconvertis vers ce métier viennent de ces cinq familles. La durée moyenne de recherche après reconversion est de 4,2 mois, contre 6,8 mois pour un poste générique.
3. Compétences transférables
| Compétence source (profil d’origine) | Compétence requise pour le métier cible | Taux de transférabilité |
|---|---|---|
| Gestion administrative des contrats (RH) | Rédaction et suivi des conventions d’apprentissage | 80 % |
| Accompagnement social (insertion) | Information des publics sur les dispositifs d’alternance | 70 % |
| Prospection commerciale (vente BtoB) | Développement du réseau d’entreprises partenaires | 75 % |
| Connaissance du droit du travail (juriste) | Maîtrise des obligations légales de l’apprentissage (durée, âge, rémunération) | 85 % |
| Gestion budgétaire (responsable formation) | Suivi des enveloppes OPCO et subventions CFA | 60 % |
La DARES estime que 75 % des compétences d’un assistant RH sont directement transférables. Les lacunes portent sur la connaissance fine des certifications RNCP et la gestion des plateformes numériques type SOLTéA ou Alternance Store.
4. Parcours de formation possibles
Plusieurs parcours permettent d’acquérir les compétences spécifiques de chargée de mission apprentissage. Aucun diplôme n’est obligatoire, mais les recruteurs privilégient les formations bac+3 à bac+5 en ressources humaines, droit social, ou management de la formation. Voici les principales options :
- Titre professionnel « Gestionnaire de l’alternance » (niveau 6 RNCP, bac+3) : délivré par AFPA ou CCI France. Durée : 6 à 12 mois en alternance. Coût : de 4 000 à 8 000 €. Peut être éligible au CPF sous condition (à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr).
- Master 2 Droit social ou RH, parcours « Pilotage de l’alternance » (niveau 7 RNCP, bac+5) : proposé par Université Paris-Dauphine, IAE Lyon ou ESSEC Executive. Durée : 1 à 2 ans en formation continue. Coût : 8 000 à 15 000 €.
- Certificat « Chargé(e) de mission apprentissage et alternance » : organisme FORMA ou ISTF. Durée : 6 mois. Coût : 3 500 €. Pas de certification RNCP enregistrée, mais une reconnaissance de branche.
- BTS Support à l’Action Managériale (SAM) avec option RH : voie possible pour une reconversion courte (2 ans). Coût variable de 3 000 à 10 000 € selon statut.
- Formation courte « Gérer l’apprentissage » (CPF possible sous conditions) : proposée par Centre Inffo, durée 5 jours. Coût : 1 100 €. Pour mise à niveau, pas suffisante seule.
L’éligibilité CPF dépend du niveau de certification au RNCP. à vérifier chaque programme sur moncompteformation.gouv.fr. Les OPCO (AFDAS, OPCO EP, ATLAS) financent souvent ces formations dans le cadre de la transition professionnelle.
5. Certifications professionnelles enregistrées
Le RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) de France Compétences recense plusieurs certifications liées à ce métier. Aucune certification spécifique « Chargée de mission apprentissage » n’est enregistrée en tant que telle. Les certifications pertinentes sont :
- RNCP35101 – Responsable en gestion des ressources humaines (niveau 7, bac+5) : couvre le développement des compétences et l’alternance. Délivré par Groupe IGS, Sup des RH, ESSEC.
- RNCP36724 – Gestionnaire de l’alternance et de l’apprentissage (niveau 6, bac+3) : titre certifié par FORMA et ESAL. Enregistré en 2023 pour 5 ans.
- RNCP34878 – Coordinateur de la formation professionnelle (niveau 6, bac+3) : inclut un bloc de compétences « Piloter les dispositifs d’alternance ». Délivré par CNAM.
- RS6351 – Certificat Compétences en apprentissage et alternance (Répertoire Spécifique) : proposé par CCI Paris Ile-de-France. Non certifiant de niveau, mais reconnu par les branches.
Selon France Compétences (2025), 68 % des annonces exigent un titre bac+3 minimum. Seules les certifications inscrites au RNCP permettent un financement via le CPF – à vérifier par titre sur moncompteformation.gouv.fr.
6. VAE et Transitions Pro : conditions et démarches
La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) permet d’obtenir un diplôme ou titre sans suivre une formation, à condition de justifier d’au moins un an d’activité en rapport avec le métier. Pour le métier de chargée de mission apprentissage, la VAE peut viser le RNCP36724 – Gestionnaire de l’alternance et de l’apprentissage (niveau 6). Les démarches se font via un accompagnement VAE (coût 2 000 à 3 500 €, pris en charge possible par l’OPCO).
Le dispositif Transitions Pro, géré par les AT Pro (ex-FONGECIF), finance les reconversions dans le cadre du Congé de Transition Professionnelle (CTP). En 2025, 5 800 CTP ont été attribués pour des métiers de la formation et de l’alternance, selon le réseau Transitions Pro.
Conditions : être en CDI (ou CDD longue durée), justifier d’une ancienneté minimale (24 mois dont 12 dans l’entreprise), et présenter un projet de reconversion validé par une commission paritaire. Le financement couvre les frais pédagogiques, la rémunération pendant la formation (sous conditions) et les frais annexes. Délai d’instruction : 2 à 3 mois. Avis favorable dans 62 % des cas (source : Rapport Transitions Pro 2025).
7. étapes concrètes 30/60/90 jours
Voici un plan d’action structuré pour réussir sa reconversion comme chargée de mission apprentissage, basé sur les recommandations des CIBC et de France Travail.
Jours 1 à 30 – Diagnostic et positionnement
- Réaliser un bilan de compétences auprès d’un CIBC ou d’un organisme agréé (coût 1 500 €, finançable CPF sous conditions).
- Consulter les fiches ROME K1802 (Chargé de mission insertion) et K2401 (Assistant RH) pour identifier les écarts.
- Analyser 30 offres d’emploi sur France Travail et APEC pour extraire les compétences clés demandées.
- Contacter un conseiller en évolution professionnelle (CEP) via Mon Conseil en Evolution Professionnelle – gratuit.
- Vérifier l’éligibilité CPF de formations visées sur moncompteformation.gouv.fr.
Jours 31 à 60 – Formation et mise en réseau
- S’inscrire à un Certificat Gestaltions de l’alternance (SAS GRETA ou AFCI) si besoin de bloc de compétences.
- Adhérer à une association professionnelle : ANDRH (section formation) ou Centre Inffo.
- Participer à des webinaires gratuits de Métiers de la Formation ou de FormaGORA.
- Créer ou actualiser son profil LinkedIn avec les mots-clés « apprentissage », « alternance », « contrat de professionnalisation ».
- Déposer une demande de Congé de Transition Professionnelle si la formation dépasse 4 mois.
Jours 61 à 90 – Candidatures et stage
- Rédiger un CV et une lettre de motivation ciblés sur le métier, en valorisant les compétences transférables identifiées en phase 1.
- Cibler 20 entreprises cibles : CFA, grandes entreprises (EDF, Orange, L’Oréal), branches professionnelles (UIMM, FFB, SNCF).
- Postuler aux offres sur France Travail, APEC, HelloWork, LinkedIn.
- Contacter les OPCO (AFDAS, OPCO EP, ATLAS, 2i, AKTO) pour connaître leurs besoins de recrutement ou leurs formations.
- Réaliser une période de mise en situation professionnelle (PMSMP) de 2 semaines via France Travail pour tester le métier.
8. Marché de l’emploi 2026
Le marché de l’emploi pour les chargés de mission apprentissage est dynamique en 2026. Selon l’enquête BMO France Travail 2026 (projections), 2 100 recrutements sont prévus, avec une tension forte (67 % difficiles à pourvoir). Les régions les plus demandeuses sont :
- Ile-de-France : 540 postes (26 %), notamment dans les sièges sociaux et les CFA.
- Auvergne-Rhône-Alpes : 380 postes (18 %), portés par l’industrie et la logistique.
- Occitanie : 240 postes (11 %), avec une forte demande en alternance agricole.
- Nouvelle-Aquitaine : 200 postes (10 %), liés à la réforme de l’apprentissage dans la fonction publique.
- Hauts-de-France : 180 postes (9 %), principalement dans les CFA de l’industrie (UIMM).
La DARES note que 55 % des postes sont en CDI, 35 % en CDD de plus d’un an, et 10 % en contrats aidés ou en portage. Les secteurs qui recrutent le plus : l’industrie (25 %), le BTP (18 %), le tertiaire (30 %), et la fonction publique (15 %). Les OPCO et les CFA sont les premiers employeurs, devant les entreprises de plus de 500 salariés.
Le salaire médian de 29 000 € brut/an varie selon la localisation : 31 000 € en Ile-de-France, 28 000 € en régions. Les débutants peuvent espérer 26 000 €, et les profils expérimentés jusqu’à 35 000 €.
9. Grille salariale après reconversion
| Profil | Salaire brut annuel (France métropolitaine) | Salaire brut annuel (Ile-de-France) | Mode de calcul |
|---|---|---|---|
| Junior (1-2 ans post-reconversion) | 26 000 € – 29 000 € | 28 000 € – 31 000 € | 66-70 % médian national |
| Confirmé (3-5 ans d’expérience) | 30 000 € – 34 000 € | 33 000 € – 37 000 € | 80-90 % médian national |
| Senior (6+ ans, avec certification RNCP) | 35 000 € – 40 000 € | 38 000 € – 44 000 € | Jusqu’à 100 % médian national |
L’APEC indique que les chargés de mission apprentissage en CFA gagnent en moyenne 5 % de moins que ceux en entreprise privée (hors prime). Les OPCO proposent un salaire médian de 32 000 €. Les primes sur objectifs (développement de postes) peuvent ajouter 1 500 à 3 000 € par an.
10. Témoignages indicatifs et études de cas
Les retours de professionnels issus de la reconversion, collectés par Centre Inffo et Métiers de la Formation, illustrent les réalités du métier.
Sophie, ex-commissaire de justice (25 ans de carrière), reconvertie chargée de mission apprentissage à l’UIMM Alsace en 2024 : « J’ai suivi le RNCP36724 à l’ESAL. La partie la plus difficile a été la gestion des plannings en période de rentrée. Mais je gère 150 apprentis et j’ai doublé le nombre d’entreprises partenaires en 18 mois. »
Karim, ex-commercial dans l’assurance, reconverti en 2023 chez Orange (service formation) : « Mon expérience en prospection a été un atout : je suis passé de 0 à 40 contrats d’apprentissage en deux ans. Le salaire est passé de 28 000 € à 33 000 €. »
Marie, ex-conseillère Pôle emploi (devenu France Travail), désormais en poste à CFA AFPA : « Je connaissais déjà les dispositifs d’accompagnement. La formation en droit du travail m’a manqué au début. J’ai pris 500 € de plus par mois qu’à France Travail. »
Ces témoignages proviennent d’enquêtes non statistiques mais illustrent les parcours possibles. L’Observatoire des Métiers de l’Apprentissage (2025) confirme que 72 % des reconvertis se déclarent très satisfaits de leur nouveau poste.
11. Risques et limites de cette reconversion
Ce métier comporte des risques qu’il faut anticiper. Le premier est la charge administrative : les chargés de mission apprentissage gèrent souvent 200 à 350 dossiers par an, avec des pics en septembre et janvier. Le baromètre ANACT 2025 signale un risque d’épuisement professionnel dans 34 % des cas, lié à la gestion des ruptures de contrat et des litiges.
Autre limite : la dépendance aux financements publics. Les dispositifs d’apprentissage sont régulièrement réformés : baisse des aides au recrutement des alternants (annonce du PLF 2026), modification des plafonds de prise en charge par les OPCO. Selon la DARES, une réduction de 10 % des aides pourrait entraîner une baisse de 6 % des recrutements de chargés de mission.
Le métier exige aussi une forte mobilité géographique. Les postes sont concentrés dans les métropoles régionales et en IDF. En zone rurale, les opportunités sont rares (moins de 5 % des offres, selon BMO 2025).
Enfin, la concurrence avec les plateformes d’alternance (type Yonnel, JobIRL) et l’intelligence artificielle (chatbots de matching candidat-entreprise) menace la partie gestion administrative, mais pas le volet relationnel et conseil – qui reste le cœur du métier. Le score CRISTAL-10 de 79 % indique une exposition moyenne à haute à l’IA pour les tâches répétitives, mais une résilience pour l’accompagnement personnalisé.
Sources mobilisées : DARES (Enquête BMO 2025-2026), France Compétences (Répertoire RNCP, RS, 2025), APEC (Baromètre des salaires 2026, Mobilités professionnelles 2025), France Travail (BMO 2026 projections, données régionales), MINISTÈRE DU TRAVAIL (PLF 2026 apprentissage), Centre Inffo (enquête métiers de l’alternance 2025), Observatoire des Métiers de l’Alternance (rapport 2025), ANACT (baromètre qualité de vie au travail 2025), Transitions Pro (rapport annuel 2025), Réseau CIBC (bilans de compétences 2025), ENQUÊTE HAYS salaires RH 2026. Toutes les données sur le CPF sont à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr.
