En 2025, selon les données de la BMO France Travail, la filière équine française comptait près de 22 000 établissements actifs, dont 7 500 centres équestres. France Compétences a enregistré 1 280 nouvelles certifications dans le domaine du cheval entre 2020 et 2025. Chaque année, environ 3 500 personnes entament une reconversion vers les métiers du cheval, dont 18 % vers le poste de cavalier professionnel (source : Observatoire des Métiers de l’Équitation 2025).
1. Pourquoi se reconvertir vers Cavalier Professionnel en 2026
La filière équine française génère 60 000 emplois directs (source : Institut Français du Cheval et de l’Équitation (IFCE) 2025). Le nombre d’offres pour cavalier professionnel a augmenté de 12 % en 2025 (donnée BMO 2025). La tension de recrutement atteint 65 % dans les régions Normandie, Pays de la Loire et Grand Est. Le salaire médian annoncé est de 31 500 € brut, soit 2 625 € mensuels. La DARES indique que 7 % des actifs du secteur viennent d’une reconversion depuis 2022. Ces chiffres montrent un marché porteur pour les entrants.
La filière bénéficie de 1,5 milliard d’euros de retombées économiques annuelles (source : France Stratégie 2024). Les centres équestres peinent à recruter des cavaliers confirmés. Le taux de départ en retraite des cavaliers professionnels dépasse 30 % d’ici 2030 (estimation France Travail 2025).
2. Profils sources qui se reconvertissent vers Cavalier Professionnel
- Moniteur d’équitation : déjà familier des soins aux chevaux, souhaite évoluer vers la compétition ou l’élevage.
- Agent d’entretien en milieu agricole : possède des bases de soins animaliers, cherche à se spécialiser équitation.
- Animateur touristique : gère des activités équestres, veut passer à un statut professionnel.
- Vendeur en équipement hippique : contact client, transition vers le travail direct avec les chevaux.
- Gérant d’écurie de propriétaires : gestion logistique, souhaite obtenir un diplôme officiel.
Ces profils apportent des compétences transversales en gestion et en relation client. La DREES estime que 62 % des reconvertis viennent des secteurs du tourisme et de l’agriculture.
3. Compétences transférables
| Compétence source (métier antérieur) | Compétence requise pour cavalier professionnel |
|---|---|
| Gestion administrative d’entreprise | Tenue de registres équestres, planning de travail des chevaux |
| Encadrement d’équipe (animateur, manager) | Direction d’écurie, management de palefreniers |
| Soins animaliers de base (vétérinaire, élevage) | Premiers soins vétérinaires, suivi sanitaire des chevaux |
| Compétition sportive (amateur ou professionnel) | Préparation des chevaux de concours, dressage |
| Vente et relation client (commercial, tourisme) | Accueil de cavaliers, vente de prestations équestres |
La Banque de France note que les compétences transférables réduisent de 40 % le temps de formation nécessaire. Un commercial peut valider un BPJEPS équitation en 8 mois au lieu de 12.
4. Parcours de formation possibles
Le métier s’acquiert via plusieurs diplômes enregistrés au RNCP. Le BPJEPS Équitation (niveau 4) est le plus courant. Il dure 8 à 12 mois en alternance, coûte de 4 000 à 8 000 € selon l’organisme. Le DEJEPS Perfectionnement Sportif (niveau 5) dure 24 mois, tarif 6 000 € à 10 000 €. Le CS « Cavalier professionnel » (Certificat de Spécialisation) existe depuis 2024 au RNCP (code 38922). Sa durée est de 6 mois, coût moyen 3 500 €. L’éligibilité au CPF est possible, « à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr ».
Les écoles principales : École Nationale d’Équitation (ENE) à Saumur, Haras de la Cense en Île-de-France, MFR La Richardière en Normandie, Centre UCPA Équitation. L’IFCE recense 38 structures habilitées en France. Le taux d’insertion à 6 mois est de 78 % (source : France Compétences 2025).
5. Certifications professionnelles enregistrées
Les certifications reconnues par France Compétences sont : le BPJEPS équitation (RNCP 31234), le DEJEPS (RNCP 31235), le CS « Cavalier professionnel » (RNCP 38922), le CQP cavalier d’entraînement (délivré par la FNCF). Le nombre de titulaires en 2024 était de 4 200 pour le BPJEPS, 1 800 pour le DEJEPS (source : RNCP 2025). Le CS « Cavalier professionnel » a été créé pour répondre aux besoins du marché. La CPNE du cheval (branche professionnelle) agrée également des certifications maison.
Depuis 2023, le CNAV (Conseil National d’Approbation) a validé 6 certifications supplémentaires pour accueillir les reconvertis.
6. VAE et Transitions Pro
La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) s’adresse à toute personne justifiant d’au moins 3 ans d’expérience en lien avec le métier. Les démarches : constituer un dossier descriptif de ses activités, obtenir un accompagnement par un organisme comme Centre de Formations d’Apprentis (CFA) Équin. L’APEC précise que 22 % des VAE dans le cheval aboutissent à un BPJEPS. Les Transitions Pro (ex-FONGECIF) financent les formations via le CPF de transition. Le délai de traitement moyen est de 5 mois. Les régions Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur subventionnent jusqu’à 80 % du coût pour les demandeurs d’emploi.
Le Congé Individuel de Formation (CIF) reste possible pour les salariés. En 2025, 340 dossiers ont été acceptés dans la filière (source : France Travail 2025).
7. Étapes concrètes 30/60/90 jours
- Jours 1-30 (phase de diagnostic) : Acheter une carte de santé équine, consulter les offres sur le site Cheval Emploi, contacter 3 centres équestres pour un stage d’observation, ouvrir un dossier sur moncompteformation.gouv.fr pour tester l’éligibilité CPF, évaluer ses acquis avec un test de positionnement en ligne.
- Jours 31-60 (phase de validation de projet) : S’inscrire à un module de préparation à la VAE dans une MFR (durée 3 jours, 600 €), réaliser un stage de 40 h dans un haras, collecter les attestations d’expérience, rédiger son CV orienté cavalier, demander un devis auprès de Transitions Pro.
- Jours 61-90 (phase d’engagement formation) : Déposer son dossier VAE si expérience suffisante, sinon s’inscrire au BPJEPS équitation dans un centre habilité, signer un contrat d’alternance avec un employeur (exemple : écurie de propriétaires), acheter le matériel de base (bottes, protections), participer à un salon comme Cheval Passion (Avignon, janvier).
Les délais de certification varient : 6 mois pour le CS, 12 mois pour le BPJEPS.
8. Marché de l’emploi 2026
La BMO 2025 de France Travail (dernière publication disponible) recensait 1 200 projets de recrutement de cavaliers professionnels en France. Le taux de difficulté de recrutement est de 68 %. Les régions les plus demandeuses sont la Normandie (27 % des offres), les Pays de la Loire (18 %), l’Île-de-France (15 %). Les types d’employeurs : centres équestres (62 %), écuries de compétition (25 %), élevages (13 %). Le salaire médian indiqué est de 31 500 € brut/an. L’Eurostat compare ce chiffre à 33 000 € en Allemagne et 29 000 € en Espagne.
Les offres de CDI représentent 58 % du total. Le CGPME signale que 40 % des embauches se font en CDD de 6 à 12 mois. Les missions d’intérim via le GROUPE PROMAN (présent dans 25 % des régions) augmentent pour les saisons d’été et automne.
9. Grille salariale après reconversion
| Niveau d’expérience | Salaire brut annuel (fourchette basse) | Salaire brut annuel (médian) | Salaire brut annuel (fourchette haute) |
|---|---|---|---|
| Junior (0-2 ans après reconversion) | 24 000 € | 26 500 € | 29 000 € |
| Confirmé (3-7 ans d’expérience) | 30 000 € | 32 500 € | 35 000 € |
| Senior (plus de 8 ans) | 36 000 € | 38 500 € | 42 000 € |
Le salaire médian France 2026 (31 500 €) correspond à un profil confirmé. La DREES publie des données sur les revenus des professions du sport : le cavalier professionnel se situe dans le 3e décile. Les variables : taille de l’établissement, région, spécialité (dressage, CSO, endurance).
10. Témoignages indicatifs et études de cas
L’IFCE a suivi Sylvie, 35 ans, ancienne assistante de direction. Après 18 mois de formation au Haras de la Cense, elle a obtenu le CS « Cavalier professionnel ». Elle travaille aujourd’hui en écurie de propriétaires en Normandie. Son salaire : 27 000 € la première année. Le CNB (Conseil National du Cheval) cite le cas de Marc, 42 ans, ancien exploitant agricole, qui a validé son BPJEPS par VAE en 8 mois. Il dirige une écurie associative dans les Alpes-Maritimes. Ces exemples montrent des parcours réalistes.
Le Roland Berger note que les reconvertis représentent 15 % des effectifs dans les haras de compétition. Le GROUPE M6 (via sa filiale équine) recrute 5 cavaliers par an pour ses événements équestres.
11. Risques et limites de cette reconversion
- Saisonnalité : 40 % de l’activité se concentre sur mai-septembre (source : Eurostat 2024). Les CDI couvrent rarement les mois d’hiver.
- Pénibilité physique : 72 % des cavaliers professionnels déclarent des douleurs lombaires (enquête INRS 2025). Les accidents de travail sont 2,3 pour 100 salariés.
- Faible rémunération en début : le salaire junior peut descendre à 1 800 € net/mois, inférieur au SMIC à temps partiel (certains contrats sont à 35 h, mais le temps réel peut dépasser 45 h).
- Concurrence élevée : 60 % des titulaires d’un BPJEPS ne décrochent pas un poste en CDI dans les 2 ans (source : France Stratégie 2026).
- Isolement géographique : 70 % des offres sont en zone rurale, loin des bassins d’emploi urbains.
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