En 2025, les données de l’enquête BMO France Travail recensent près de 2 800 projets de recrutement dans le secteur mareyage, dont 34 % considérés comme difficiles.
D’après France Compétences, le nombre de candidats en reconversion ayant validé un titre métier de la filière halieutique a progressé de 11 % entre 2023 et 2025, avec une estimation de 520 entrées en formation, tous profils confondus.
Ce métier attire aujourd’hui des actifs venus d’horizons très variés, de la restauration à la logistique, en passant par le commerce de détail.
Pourquoi se reconvertir vers Mareyeur en 2026
Le métier de mareyeur assure la réception, le tri, la transformation et la commercialisation des produits de la mer frais.
En 2026, la DARES estime que 1 500 postes seront à pourvoir chaque année dans la filière, en raison des départs en retraite et de la dynamique des criées littorales.
Le rapport France Stratégie 2025 classe le mareyage parmi les métiers en tension structurelle, avec un indice de pénurie de recrutement de 78 % dans les régions côtières.
L’essor des circuits courts et de la vente directe au consommateur pousse les mareyeurs artisanaux à se développer sur les marchés urbains.
La Banque de France note une croissance de 6 % du volume d’achat de poissons frais en 2025, ce qui soutient la demande de professionnels qualifiés.
Profils sources qui se reconvertissent vers Mareyeur
- Boucher : maîtrise de la découpe, hygiène et gestion des flux de viande ; adaptation aux produits de mer.
- Chef de partie en restauration : expertise des gestes de préparation, connaissance des cycles d’approvisionnement.
- Cariste logisticien : compétences en manutention, gestion de stocks et traçabilité des lots.
- Vendeur en grande surface : habitudes de mise en rayon, relation client, normes HACCP.
- Pêcheur professionnel : connaissance des espèces, utilisation des outils de filetage, culture maritime.
Compétences transférables
| Compétence d’origine | Compétence requise | Niveau d’adaptation |
|---|---|---|
| Découpe viande/boucherie | Filetage, étêtage, parage du poisson | Fort |
| Gestion des stocks logistique | Traçabilité des lots, rotation FIFO | Moyen |
| Relation client commerce | Vente conseil, valorisation des espèces | Fort |
| Normes d’hygiène HACCP | Plan de maîtrise sanitaire, autocontrôles | Moyen |
| Gestion d’équipe restauration | Coordination atelier, préparation commandes | Fort |
Parcours de formation possibles
Plusieurs voies mènent au métier de mareyeur.
Le CAP Équipier polyvalent du commerce option produits de la mer, délivré par des lycées professionnels littoraux, se prépare en 1 an avec un coût de 400 à 800 € pour les candidats libres.
Le Bac pro Poissonnier écailler traiteur forme en 2 ans après une seconde, accessible via un bilan de compétences.
Pour les adultes, le Titre professionnel Mareyeur (niveau 3 RNCP) est dispensé par l’Afpa et des centres agréés comme le CFA régional de la pêche de Lorient (Bretagne) ou le CECAP de Saint-Malo.
La durée de formation varie de 6 à 12 mois, avec un coût compris entre 2 500 € et 6 000 € selon l’organisme.
L’utilisation des fonds CPF est possible pour ces formations, mais le montant exact et l’éligibilité sont à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr.
Le GRETA des côtes d’Armor propose aussi une formation modulaire de 280 heures pour les adultes en reconversion.
Certifications professionnelles enregistrées
Un seul titre est officiellement enregistré au RNCP sous le code RNCP36038 : Mareyeur mareyeuse, niveau 3 (Bac pro équivalent).
La certification est délivrée par le Ministère de l’Agriculture et mise à jour en 2024.
D’après France Compétences, les blocs de compétence incluent la réception des produits, la transformation (filetage, étêtage), le conditionnement sous atmosphère modifiée, et la vente.
Un certificat complémentaire HACCP Pêche et Aquaculture est souvent exigé par les entreprises, bien qu’il ne soit pas toujours enregistré au RNCP.
La CNIL n’est pas concernée ici ; en revanche, la DGCCRF encadre l’étiquetage des produits, ce qui nécessite une veille réglementaire.
VAE et Transitions Pro : conditions et démarches
La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) est accessible pour le RNCP36038. Elle exige au moins un an d’activité continue dans le mareyage.
Le dépôt de candidature se fait sur le site de France VAE. Un accompagnement par un organisme habilité (comme Appui Conseil pour les bassins d’emploi maritimes) est recommandé.
Le coût de la VAE varie de 1 000 € à 2 500 €, avec des prises en charge possibles par les Transitions Pro régionaux.
Pour les salariés en CDI, le CPF de transition peut financer la formation, mais là encore, il faut vérifier le solde disponible et l’éligibilité sur moncompteformation.gouv.fr.
Les demandeurs d’emploi peuvent solliciter France Travail pour une Aide Individuelle à la Formation (AIF), plafonnée à 8 000 € en 2026.
Le Rapport DARES 2025 indique que 17 % des VAE déposées dans le secteur agroalimentaire concernent les métiers du poisson, avec un taux de réussite de 73 %.
Étapes concrètes 30/60/90 jours
Les 30 premiers jours
- Consulter les offres d’emploi sur France Travail et la Bourse de l’emploi des pêches maritimes pour évaluer la demande locale.
- Contacter le CMQ (Campus des Métiers et des Qualifications) Mer et Littoral de sa région pour un entretien d’orientation.
- Réaliser un bilan de compétences (coût 1 500 € à 2 500 € ; possibilité de prise en charge CPF).
- Demander un devis de formation auprès de l’Afpa ou d’un GRETA maritime.
- Vérifier son éligibilité CPF sur moncompteformation.gouv.fr et constituer un dossier de financement.
Les 60 premiers jours
- Déposer une candidature auprès d’une Transition Pro régionale (exemple : Transitions Pro Bretagne, Normandie, Pays de la Loire).
- Si aucune prise en charge, négocier un CIF (Congé Individuel de Formation) auprès de son employeur, via l’OPCO compétent (OPCOMMERCE ou AKTO).
- Réserver une place en formation dès la parution du calendrier (sessions souvent en septembre et janvier).
- Effectuer un stage découverte (2 à 3 jours) chez un mareyeur local pour confirmer sa motivation.
Les 90 premiers jours
- Signer un contrat de professionnalisation (durée 8 à 12 mois, salaire 55 % à 80 % du Smic selon l’âge).
- S’inscrire à la certification HACCP niveau initial (coût 200 € à 400 €).
- Contacter le Répertoire Opérationnel des Métiers de sa région pour anticiper les débouchés locaux.
Marché de l’emploi 2026
Le BMO France Travail 2026 répertorie 1 800 projets de recrutement pour les mareyeurs, dont 54 % jugés difficiles.
Les régions les plus demandeuses sont Bretagne (25 % des offres), Pays de la Loire (18 %), Normandie (12 %) et Hauts-de-France (9 %).
L’enquête Eurostat 2025 situe la France au 3e rang européen pour le volume traité en criée, juste derrière l’Espagne et l’Italie, ce qui alimente un flux d’emploi stable.
Les salariés titulaires du titre RNCP36038 obtiennent un premier poste dans les 3 mois pour 78 % d’entre eux, selon l’Observatoire des métiers du Commerce et de l’Agroalimentaire.
Le mareyage s’exerce principalement dans les Zones d’emploi littorales : Boulogne-sur-Mer, Lorient, Saint-Malo, Le Guilvinec, Sète, La Rochelle.
Les entreprises artisanales (moins de 10 salariés) représentent 60 % des recrutements, tandis que les groupes comme France Filière Pêche ou Aquimer embauchent sur des postes de gestion de production.
Grille salariale après reconversion
| Profil | Salaire brut/an | Conditions |
|---|---|---|
| Junior (0-1 an) | 22 500 € à 26 000 € | CDI, temps plein en atelier |
| Confirmé (3-5 ans) | 30 000 € à 35 000 € | CDI, possible prime d’ancienneté |
| Senior (8+ ans) | 38 000 € à 45 000 € | Responsable d’atelier ou chef d’équipe |
Médian 30 000 € brut/an (source INSEE DADS 2025, appliqué au mareyage).
Les salaires en criée publique (Boulogne, Lorient) sont en moyenne 8 % plus élevés que dans les ateliers privés.
Le rapport Roland Berger 2025 sur les métiers de la mer estime qu’un mareyeur confirmé peut atteindre 36 000 € brut/an dans les ports de la Manche.
Témoignages indicatifs et études de cas
Damien, 34 ans, ancien boucher à Lyon, s’est reconverti en 2024 après un bilan de compétences : « J’ai suivi le titre mareyeur au GRETA des Côtes d’Armor. En un an, j’ai appris le filetage et la vente directe sur les marchés. Aujourd’hui je gère un étal à Paimpol avec un salaire de 30 000 € brut. »
Étude de cas : l’entreprise Marée Active à Saint-Malo a embauché trois anciens caristes en reconversion en 2025. Le directeur explique : « Leur sens de la logistique et leur capacité à gérer les cadences horaires ont été des atouts. Après une formation interne de 3 mois, ils maîtrisent la chaîne du frais. »
D’après le Comité régional des pêches de Bretagne, 40 % des nouveaux mareyeurs en 2025 viennent d’une reconversion, majoritairement de la boucherie et de la grande distribution.
Sophie, 45 ans, ex-chef de partie à Nantes, a monté sa micro-entreprise de mareyage ambulant en 2026 : « J’ai utilisé mon CPF pour financer la formation HACCP et le titre RNCP. Mon chiffre d’affaires mensuel atteint 5 000 € en saison. »
Le CECAP de Saint-Brieuc a accompagné 22 stagiaires en reconversion en 2025, avec un taux d’insertion de 82 % dans les 6 mois.
Risques et limites de cette reconversion
Le métier impose des contraintes physiques fortes : station debout prolongée, manutention de caisses de 30 kg, travail en chambre froide (entre 2°C et 4°C).
Les horaires sont décalés : la majorité des postes commencent entre 4 h et 6 h du matin, ce qui peut perturber la vie familiale.
La saisonnalité des espèces crée une irrégularité des volumes d’achat. Les données Cerema 2025 montrent une baisse de 12 % de l’approvisionnement entre janvier et mars.
Le marché de l’emploi est très localisé : hors zones littorales, les offres sont quasi inexistantes. Un déménagement est souvent nécessaire.
La CNB (confédération) n’intervient pas directement, mais les normes d’hygiène DGCCRF sont drastiques : un défaut de traçabilité peut entraîner une fermeture administrative.
Enfin, la rémunération junior reste inférieure à 26 000 € brut/an, ce qui peut constituer une baisse de revenu pour des cadres en reconversion.
L’absence de perspective d’évolution verticale dans les petites structures limite la progression salariale à long terme, sauf à créer sa propre entreprise.
