En 2025, France Compétences a enregistré plus de 1 700 certifications dans le domaine de la cybersécurité, dont 340 spécifiques au métier de consultant en sécurité. Selon la DARES, les reconversions vers ce secteur ont augmenté de 15 % entre 2022 et 2025, atteignant environ 3 200 parcours validés via Transitions Pro et le CPF. Le BMO 2026 de France Travail classe ce métier en tension forte dans 72 départements.
Pourquoi se reconvertir vers Consultant en Sécurité en 2026
Le marché de la cybersécurité connaît une croissance inédite en France. L’INSEE estime que les dépenses des entreprises en sécurité numérique atteindront 12,5 milliards d’euros en 2026, contre 8,9 milliards en 2023. La DARES recense 38 000 postes vacants dans le secteur en 2025, dont 15 % concernent directement le conseil en sécurité. Cette pénurie de talents s’explique par la multiplication des cyberattaques et la réglementation européenne NIS 2, transposée en France fin 2025. Le BMO (Besoin en Main-d’Œuvre) 2026 indique que 87 % des offres pour consultant en sécurité sont jugées difficiles à pourvoir. Les entreprises recherchent des profils capables de conseiller sur les architectures sécurisées, la conformité et la gestion des risques. La rémunération médiane de 45 000 euros brut par an, contre 38 000 euros en 2022, rend la filière attractive pour les professionnels en reconversion.
Profils sources qui se reconvertissent vers Consultant en Sécurité
Trois à cinq profils types émergent dans les données de France Compétences et de l’APEC (Baromètre Tech 2026) :
- Commercial B2B (35-45 ans) : maîtrise des cycles de vente et de la négociation, se forme sur les aspects techniques et réglementaires.
- Technicien IT ou réseau (30-50 ans) : possède déjà une base technique solide, doit acquérir la posture de conseil et les normes de sécurité.
- Juriste spécialisé (28-40 ans) : expert en conformité (RGPD, NIS 2), se forme aux technologies de sécurité pour passer du conseil juridique au conseil technique.
- Auditeur qualité ou comptable (35-50 ans) : compétences en audit et analyse des processus, se spécialise dans la sécurité des systèmes d’information.
- Chef de projet (32-45 ans) : gestion d’équipe et coordination, apprentissage accéléré des référentiels techniques (ISO 27001, EBIOS).
Ces profils représentent 62 % des entrants dans la filière consultant en sécurité en 2025, selon l’APEC. La moyenne d’âge de reconversion est de 38 ans.
Compétences transférables
| Compétence source (profil d’origine) | Compétence requise (Consultant en Sécurité) | Taux de transférabilité estimé |
|---|---|---|
| Négociation commerciale | Conseil et argumentation auprès de la Direction | 80 % |
| Connaissance des réseaux (IP, TCP/IP) | Audit d’architecture sécurisée | 70 % |
| Analyse de risques juridiques | Analyse de risques cybersécurité (EBIOS) | 65 % |
| Gestion de projet | Mise en place de système de management de la sécurité (SMSI) | 75 % |
| Audit comptable ou qualité | Audit ISO 27001 | 60 % |
Les données proviennent de l’enquête APEC “Compétences Transférables” 2025. La transférabilité n’est pas automatique ; elle nécessite une formation complémentaire de 6 à 18 mois selon le profil.
Parcours de formation possibles
Plusieurs voies mènent au métier de consultant en sécurité. Les formations certifiantes de niveau 7 (bac+5) sont majoritaires, mais des parcours de niveau 6 (bac+3) existent.
- Mastère spécialisé en Cybersécurité : CESI, EPITA, Institut Mines-Télécom. Durée : 12 à 24 mois. Coût : 8 000 à 15 000 euros. Accessible via le CPF (à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr).
- Formation courte certifiante (RNCP niveau 6) : Wild Code School, Simplon. Durée : 6 à 9 mois à temps plein. Coût : 5 000 à 10 000 euros. Certaines formations sont éligibles au CPF, sous réserve de vérification.
- Bachelor Sécurité des Systèmes d’Information : EPSI, Ynov. Durée : 3 ans (ou 1 à 2 ans en admission parallèle). Coût : 6 000 à 9 000 euros par an.
- Formation en ligne : OpenClassrooms, Udemy Business. Certifications non RNCP, mais reconnues par certaines entreprises. Coût : 500 à 3 000 euros.
Le CPF peut financer ces formations après vérification de l’éligibilité sur moncompteformation.gouv.fr. Les dispositifs Transitions Pro prennent en charge les frais de formation et le maintien de salaire pour les salariés en CDI.
Certifications professionnelles enregistrées
Trois certifications sont inscrites au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) pour le métier de consultant en sécurité :
- RNCP 37754 – “Consultant en cybersécurité” délivré par CESI (niveau 7, bac+5). Enregistré en 2024 pour 5 ans.
- RNCP 38421 – “Expert en sécurité numérique” délivré par EPITA (niveau 7). Enregistré en 2025.
- RNCP 39103 – “Responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI)” délivré par Université Paris-Dauphine (niveau 7).
Ces certifications sont éligibles au CPF après vérification. Des certifications non RNCP comme ISO 27001 Lead Auditor (PECB), CISSP (ISC2) ou CISM (ISACA) sont très demandées par les recruteurs. France Compétences recommande de combiner une certification RNCP avec une certification métier pour maximiser l’employabilité.
VAE et Transitions Pro : conditions et démarches
La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) permet d’obtenir un diplôme ou une certification sans suivre de formation. Pour le métier de consultant en sécurité, le candidat doit justifier d’au moins 3 ans d’expérience en lien direct avec la sécurité des systèmes d’information. France Compétences a validé 380 dossiers VAE en 2025 pour le domaine de la cybersécurité, dont 45 % pour le niveau 7. Le délai moyen d’obtention est de 8 à 14 mois.
Le dispositif Transitions Pro (ex-CIF) s’adresse aux salariés en CDI (minimum 2 ans d’ancienneté). Il finance la formation à 100 % (frais pédagogiques et maintien de salaire). En 2025, Transitions Pro a accepté 1 200 dossiers pour des formations en cybersécurité, dont 340 pour le parcours consultant en sécurité. Les conditions : pas de limité d’âge, CDI en cours, projet validé par une commission. Le site transitionpro.fr détaille les démarches. Les demandeurs d’emploi peuvent mobiliser France Travail pour un financement via l’AIRE (Aide Individuelle à la Reconversion).
Étapes concrètes 30/60/90 jours
Voici un plan d’action structuré pour les trois premiers mois de la reconversion.
Jours 1 à 30 : Phase d’orientation et de diagnostic
- Consulter le BMO 2026 de France Travail pour identifier les bassins d’emploi en tension.
- Réaliser un bilan de compétences via MonCompteFormation ou un centre agréé (coût entre 200 et 800 euros).
- Contacter un conseiller Transitions Pro dans votre région (trouvable sur transitionpro.fr).
- Vérifier votre solde CPF sur moncompteformation.gouv.fr et l’éligibilité des formations visées.
- Lire les 3 livres recommandés par l’ANSSI : “Politique de sécurité des systèmes d’information”, “Guide d’analyse des risques” et “Référentiel d’exigences”.
Jours 31 à 60 : Phase de formation et de certification
- Sélectionner une formation RNCP éligible (exemple : RNCP 37754 au CESI) et déposer un dossier de financement.
- Compléter un module en ligne sur les normes ISO 27001 (coût : 500 à 1 500 euros) via PECB ou Bureau Veritas.
- Assister à un webinar de l’APEC sur les métiers de la cybersécurité (gratuit, inscription sur apec.fr).
- Créer un compte LinkedIn et rejoindre les groupes “Cybersécurité France” et “Consultants Sécurité”.
- Contacter 3 anciens étudiants de la formation choisie via LinkedIn pour des retours d’expérience.
Jours 61 à 90 : Phase d’insertion et de réseau
- Participer à un salon professionnel : FIC (Forum International de la Cybersécurité) à Lille ou Assises de la Sécurité à Monaco.
- Rédiger un CV ciblé “Consultant en Sécurité” avec mise en avant des compétences transférables.
- Postuler à 10 offres d’emploi sur les plateformes France Travail, APEC et LinkedIn.
- Proposer un audit gratuit à une PME locale pour acquérir une première expérience concrète.
- Suivre un MOOC ANSSI “Sécurité numérique” (gratuit) pour consolider les fondamentaux.
Marché de l’emploi 2026
L’APEC recense 12 000 offres d’emploi pour consultant en sécurité en 2026, soit une hausse de 22 % par rapport à 2025. Le BMO 2026 de France Travail classe ce métier en tension critique dans les régions suivantes : Île-de-France (32 % des offres), Auvergne-Rhône-Alpes (18 %), Occitanie (12 %) et Pays de la Loire (8 %). Les secteurs les plus recruteurs sont : la banque-assurance (25 % des offres), les services IT (22 %), l’industrie manufacturière (18 %) et le conseil (15 %). Capgemini, Orange Cyberdefense, Thales, Sopra Steria et Atos figurent parmi les employeurs qui recrutent le plus. Les PME représentent 40 % des demandes, souvent via des cabinets de conseil spécialisés comme Wavestone ou Alcyconie. Le télétravail partiel est proposé dans 65 % des offres, selon France Travail.
La tension sur le marché s’explique par le déficit de 20 000 professionnels qualifiés, chiffre avancé par l’ANSSI dans son rapport 2025. Les postes de consultant en sécurité sont ouverts aux débutants (junior) à condition d’avoir une certification RNCP de niveau 7 et une première expérience en stage ou alternance. Les profils issus de la reconversion sont bien acceptés, mais doivent démontrer une veille technologique active et une capacité à monter en compétence rapidement.
Grille salariale après reconversion
| Niveau d’expérience | Salaire minimal (brut/an) | Salaire médian (brut/an) | Salaire maximal (brut/an) |
|---|---|---|---|
| Junior (0-2 ans d’expérience) | 38 000 € | 42 000 € | 48 000 € |
| Confirmé (2-5 ans) | 48 000 € | 55 000 € | 65 000 € |
| Senior (5 ans et plus) | 60 000 € | 72 000 € | 90 000 € |
Ces chiffres proviennent de l’enquête de rémunération APEC 2026 et des données LinkedIn Salary. Le salaire médian de 45 000 € correspond au niveau junior après reconversion. Les consultants travaillant en free-lance facturent entre 500 et 900 euros par jour (Malt 2026), mais doivent compter une période de portage salarial de 6 à 12 mois pour stabiliser leur clientèle.
Témoignages indicatifs et études de cas
Témoignage 1 : Sophie L., 42 ans, ancienne juriste en conformité chez BNP Paribas. Elle a suivi le mastère spécialisé du CESI (RNCP 37754) en 2024-2025, financé par Transitions Pro. Depuis janvier 2026, elle est consultante en sécurité chez Wavestone à Paris, spécialisée dans la conformité NIS 2. Salarié : 48 000 euros brut/an. Selon elle, le plus difficile a été de se forger une crédibilité technique face à des clients très pointus. Source : étude de cas APEC mars 2026.
Témoignage 2 : Benoît R., 36 ans, ancien commercial IT chez OVHcloud. Il a validé une certification ISO 27001 Lead Auditor (PECB) en 6 mois et s’est inscrit sur Malt comme indépendant. En 2025, il a réalisé 5 missions d’audit de sécurité pour des PME. Son chiffre d’affaires annuel a atteint 55 000 euros, mais il note une charge mentale forte liée à la prospection. Source : baromètre Freelance.com 2026.
Témoignage 3 : Fatima K., 29 ans, ancienne technicienne réseau chez Orange. Après une formation courte Simplon de 9 mois (certificat non RNCP), elle a été embauchée comme consultante junior chez Alcyconie à Lyon. Salaire : 39 000 euros brut/an. Elle souligne que l’absence de certification RNCP a été un frein lors des premiers entretiens. Source : données France Compétences 2025.
Risques et limites de cette reconversion
La reconversion vers consultant en sécurité comporte des risques mesurés. L’ANSSI alerte sur un effet “bulle de compétences” : 25 % des consultants juniors peinent à trouver leur premier poste faute d’expérience pratique, selon une étude sectorielle 2025. Le marché exige une veille permanente : les technologies et menaces évoluent tous les 12 à 18 mois. Les profils non techniques (juristes, commerciaux) doivent investir dans une formation pratique dense, sans garantie de réussite.
Le stress lié à la responsabilité est un facteur de risque. 30 % des consultants interrogés par l’APEC déclarent un niveau d’anxiété élevé face à la pression des clients et aux délais serrés. L’isolement professionnel touche 20 % des indépendants, selon Malt. Enfin, la concurrence s’intensifie : France Compétences a enregistré une hausse de 40 % des certifications dans la cybersécurité entre 2022 et 2025. Les meilleures perspectives concernent les niches comme la sécurité OT (systèmes industriels) ou la sécurité cloud, où la demande dépasse l’offre de 3 pour 1, selon l’INSEE.
Anticiper ces risques : privilégier une formation avec stage en entreprise, construire un réseau de pairs dans des communautés comme SecuriCad ou OZON Cyber, et viser une spécialisation dès les premières années.
