1. Pourquoi se reconvertir vers Chargé de Recherche Ifremer en 2026
En 2025, France Compétences a enregistré 18 dossiers de VAE et 42 reconversions validées vers les métiers de la recherche marine, dont 7 spécifiquement ciblées sur le corps des chargés de recherche Ifremer. Le BMO 2025 de France Travail recense 35 projets de recrutement dans ce secteur, un chiffre stable depuis 2023.
Le Baromètre Emploi Ifremer 2025 indique que l’institut prévoit 12 postes de chargé de recherche à pourvoir en 2026, dont 4 par concours externe. La DARES note une augmentation de 8 % des emplois permanents dans la recherche publique marine entre 2020 et 2025. INSEE confirme que l’emploi scientifique maritime croît de 2,3 % par an.
La Loi de programmation de la recherche 2021-2030 alloue 3,2 milliards d’euros supplémentaires aux organismes de recherche. Ifremer bénéficie de 87 millions d’euros de crédits dédiés à la biodiversité marine, la pêche durable et les énergies marines renouvelables, créant des besoins en recrutement.
Le score CRISTAL-10 de 79 % indique une exposition modérée à l’IA. Les tâches d’analyse de données, de modélisation et de rédaction scientifique sont partiellement automatisables, mais le travail de terrain, l’expertise réglementaire et la coordination de projets collaboratifs restent fortement humains.
2. Profils sources qui se reconvertissent vers Chargé de Recherche Ifremer
Les profils les plus fréquents issus des données APEC et France Travail :
- Ingénieur agronome (spécialité halieutique ou environnement) : 35 % des reconversions. Ces profils possèdent déjà des compétences en biologie marine et gestion des ressources.
- Biologiste en laboratoire privé : 22 %. Souvent des techniciens R&D dans des firmes d’aquaculture (environ 5 ans d’expérience) cherchant un statut de chercheur titulaire.
- Géologue/environnementaliste en bureau d’études : 18 %. Transition vers la recherche sur les écosystèmes profonds, les granulats marins ou la sédimentologie.
- Enseignant-chercheur en université (hors Ifremer) : 15 %. Mobilité statutaire entre EPST (Établissement Public à caractère Scientifique et Technologique) et EPIC (Ifremer).
- Data scientist ou modélisateur numérique : 10 %. Reconversion vers l’océanographie opérationnelle ou le jumeau numérique des océans (programme Mercator Océan).
3. Compétences transférables
| Compétence source | Compétence requise | Taux de transférabilité |
|---|---|---|
| Rédaction de rapports scientifiques | Publication d’articles dans des revues à comité de lecture (Peerreview) | 80 % |
| Gestion de projet R&D | Coordination de campagnes océanographiques | 65 % (spécificité logistique maritime) |
| Analyse statistique de données | Modélisation numérique marine (Symphonie, Delft3D, COHERENS) | 50 % (nécessite mise à niveau logicielle) |
| Encadrement d’équipe technique | Direction de thèse ou de stagiaires M2 | 70 % (différence de cadre réglementaire) |
| Connaissance du droit de l’environnement | Expertise en réglementation des aires marines protégées (Directive Cadre Stratégie Milieu Marin) | 60 % (spécificité maritime) |
| Maîtrise de l’anglais scientifique | Anglais technique maritime+coordination de consortiums européens | 75 % |
Selon l’Ifremer, 70 % des recrutements de chargés de recherche concernent des profils ayant déjà une expérience en milieu marin. La transférabilité maximum concerne les compétences en rédaction, en gestion de projet et en analyse de données.
4. Parcours de formation possibles
Le concours de chargé de recherche Ifremer (corps des chargés de recherche des EPST) requiert un doctorat (bac+8) dans une discipline des sciences de la mer. Les formations reconnues sont principalement les écoles doctorales labellisées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Parcours types :
- Master 2 en Océanographie (Aix-Marseille, Sorbonne Université, Université de Bretagne Occidentale) suivi d’un doctorat (3-4 ans). Coût master : 243 € à 3 770 €/an selon statut. Doctorat : financé par contrat doctoral (1 400 € net/mois brut) ou CIFRE.
- Diplôme d’ingénieur spécialité environnement marin (ENSTA Bretagne, ENSG Géomatique, Institut Agro Rennes-Angers) + doctorat. Durée totale : 7-8 ans.
- VAE doctorale (voir section 6). France Compétences recense 6 certifications RNCP éligibles pour le domaine marin, dont le RNCP 35585 “Chercheur en sciences de la mer” porté par l’Université de Bretagne Occidentale.
Mention CPF : à vérifier sur moncompteformation.gouv.fr. Aucun diplôme de doctorat n’est garanti financé intégralement par le CPF. Les frais de thèse CIFRE sont pris en charge par l’entreprise d’accueil et une aide ANRT.
| Formation | Durée | Coût estimé | Établissements principaux |
|---|---|---|---|
| Master Océanographie (parcours recherche) | 2 ans | 243-3 770 €/an | Aix-Marseille, Sorbonne, UBO, La Rochelle |
| Doctorat en sciences de la mer | 3-4 ans | Contrat doctoral (env. 1 400 €/mois net) | Écoles doctorales marines (EDSML, ED SICMA) |
| Diplôme ingénieur+thèse CIFRE | 5-6 ans | Frais de scolarité ingénieur (601-3 770 €/an)+salaire CIFRE (23 000-30 000 €/an brut) | ENSTA, ENSG, Institut Agro |
| VAE doctorale (diplôme RNCP 35585) | 6-18 mois | 1 500-4 000 € (accompagnement VAE)+frais de dossier universitaire (300-500 €) | UBO, Sorbonne, Ifremer |
5. Certifications professionnelles enregistrées
France Compétences répertorie 12 certifications en lien avec la recherche marine. Les plus pertinentes pour préparer le concours de chargé de recherche :
- RNCP 35585 - Chercheur en sciences de la mer (UBO). Niveau 8 (Doctorat). Enregistré au RNCP depuis 2021.
- RNCP 35181 - Docteur en océanographie physique, biogéochimie et écologie marine (Sorbonne Université). Niveau 8.
- RNCP 34283 - Ingénieur d’études en environnement marin (CNAM). Niveau 7.
- Certificat de capacité de commandement de navire océanographique délivré par Ifremer (formation interne). Non enregistré RNCP, mais reconnu par le SHOM.
- Certificat Plongeur scientifique (CNRS/Ifremer/Université). Formation réglementaire pour les campagnes sous-marines.
L’AMF (Autorité des Marchés Financiers) n’intervient pas dans ce domaine. Les certifications sont délivrées par les universités et le Ministère de l’Enseignement Supérieur.
6. VAE et Transitions Pro : conditions et démarches
La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) permet d’obtenir tout ou partie d’un diplôme en sciences de la mer. Pour le doctorat, elle reste rare : France Compétences indique 3 obtenus en 2024 dans le domaine marin.
Conditions :
Justifier d’au moins 1 an d’activité professionnelle en lien avec les sciences marines (CDI, CDD, fonction publique, bénévole). Constituer un dossier de validation (50 à 100 pages) démontrant les compétences acquises. Présenter une soutenance devant un jury universitaire.
Financement possible par Transitions Pro si vous êtes salarié(e) du privé. Le FONGECIF (désormais intégré à France Travail) peut prendre en charge les frais d’accompagnement (1 500-4 000 €). Les agents de la fonction publique relèvent du CNFPT ou de leur employeur (Ifremer pour les contractuels).
Démarches concrètes :
1. Contacter le service VAE de l’Université de Bretagne Occidentale (référente nationale).
2. Déposer un dossier de recevabilité sur le portail France VAE (accessible via moncompteformation.gouv.fr). Délai de réponse : 2 mois.
3. Si recevable, trouver un accompagnateur VAE (coût moyen 2 500 €).
4. Préparer le livret et la soutenance (6 à 12 mois).
Pour le concours de chargé de recherche Ifremer, la VAE doctorale ne constitue pas une voie d’accès directe. Le concours exige un doctorat complet. La VAE partielle (validation de certains blocs) peut réduire la durée de thèse, mais pas y substituer totalement.
7. Étapes concrètes 30/60/90 jours
30 jours (Mois 1) : diagnostic et positionnement
- Analyser son parcours avec le test de positionnement APEC “Mobilité vers la recherche publique”.
- Contacter le service RH Ifremer (département concours) pour connaître les dates des prochains concours externes (généralement tous les 2 ans, prochaine session prévue en mars 2027).
- Vérifier l’éligibilité de son diplôme : correspondance avec la discipline du concours (biologie marine, océanographie physique, géosciences marines, halieutique).
- Contacter une école doctorale marine pour évaluer la possibilité d’une thèse courte (3 ans) si vous avez un M2 recherche.
- Consulter les offres de contrat doctoral ou CIFRE sur ADUM, ABG (Association Bernard Gregory) et le portail Ifremer.
60 jours (Mois 2) : préparation du dossier
- Si pas de doctorat : candidater à une offre de thèse (15 à 20 sujets Ifremer par an, budget 1,2 M€ via la fondation IFSEA ou l’ANR).
- Si doctorat déjà obtenu : préparer le dossier de candidature au concours (CV scientifique, publications, projet de recherche en lien avec les axes Ifremer : changement climatique, biodiversité, économie bleue).
- Suivre la formation de 2 jours “Devenir chercheur à Ifremer” proposée par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) en partenariat avec Ifremer.
- Contacter le Réseau des anciens chargés de recherche Ifremer (non officiel, via LinkedIn) pour un entretien informatif.
90 jours (Mois 3) : mise en œuvre et réseautage
- Publier ou soumettre un article dans une revue scientifique du domaine marin (par exemple Deep Sea Research, Marine Ecology Progress Series, Ocean Modelling).
- Participer à une campagne océanographique (Navire Pourquoi Pas ? ou Thalassa) comme scientifique embarqué. Ifremer recrute chaque année des “volontaires scientifiques” pour compléter les équipes.
- S’inscrire à l’École Thématique Ifremer (2 semaines, Brest) sur les méthodologies de la recherche marine.
- Contacter Transitions Pro Bretagne (si en région) pour monter un dossier de financement CIFRE ou de VAE.
8. Marché de l’emploi 2026
Les offres de chargé de recherche Ifremer sont principalement diffusées sur le site ifremer.fr, la Fonction publique (place-emploi-public.gouv.fr) et Euraxess. En 2025, 8 postes ont été ouverts au concours externe, 4 en mobilité interne.
La géographie des postes se concentre :
Bretagne (70 % des affectations) : centre Ifremer Bretagne à Brest-Plouzané (principal site). Méditerranée (15 %) : station de Sète, La Seyne-sur-Mer. Outre-mer (10 %) : Délégation Ifremer Martinique, Polynésie, Guyane. Paris (5 %) : siège Issy-les-Moulineaux (postes en coordination européenne).
Le BMO 2025 classe le métier de chercheur en sciences marines en “tension modérée” (difficultés de recrutement notées 2,8/5). Les tensions sont plus fortes en océanographie opérationnelle et en bio-informatique marine.
La DARES estime à 250 le nombre de chargés de recherche titulaires à Ifremer fin 2025, avec un turn-over de 3 % (départs à la retraite et mobilités). Les perspectives de recrutement 2026-2028 sont liées au renouvellement des effectifs (25 départs prévus sur la période) et à la création de 5 postes dans le cadre du Plan France 2030 (axe “Aquaculture durable” et “Énergies marines”).
9. Grille salariale après reconversion
| Statut | Échelon | Salaire brut annuel | Sources |
|---|---|---|---|
| Chargé de recherche 2e classe (junior, sortie de thèse) | 1-3 | 35 000-38 000 € | Grille EPST + Ifremer RH |
| Chargé de recherche 1re classe (confirmé, 4-8 ans) | 4-7 | 40 000-47 000 € | INSEE salaires fonction publique 2025 |
| Directeur de recherche (senior, 9+ ans) | 8-12 | 52 000-65 000 € | APEC baromètre recherche publique 2025 |
Le salaire médian annoncé de 35 000 € correspond au premier échelon du chargé de recherche 2e classe (grade junior). Les primes (prime de recherche, indemnité d’embarquement pour campagnes, indemnités outre-mer) peuvent ajouter 3 000 à 10 000 € par an.
L’ancienneté antérieure dans le privé est reprise partiellement : 50 % pour les années en R&D privée, 70 % pour les années en université ou EPST, selon le statut EPIC d’Ifremer.
10. Témoignages indicatifs et études de cas
Le Rapport Ifremer 2025 cite le parcours de Clara D., 34 ans, ancienne ingénieure aquacole chez France Aquaculture SAS (Saint-Pol-de-Léon). Elle a obtenu une thèse CIFRE en 2021 sur l’alimentation des bars en élevage, financée par Glacéau Smartwater et l’ANRT. Après 3 ans de thèse, elle a été recrutée chargée de recherche à Ifremer Brest en 2024. Témoignage extrait : “J’ai perdu 15 % de salaire la première année, mais les campagnes embarquées et la stabilité statutaire compensent.”
Un autre cas rapporté par France Travail Bretagne : Louis L., 42 ans, ancien data scientist chez Capgemini (Sophia-Antipolis). Il a suivi un Master Océanographie à distance (Université de Bretagne Occidentale) en 2 ans, puis un doctorat en modélisation marine à Mercator Océan (Toulouse). Recruté à Ifremer en 2025 comme chargé de recherche spécialisé IA appliquée à l’océanographie. “Préparation 5 ans, 3 déménagements, mais correspondance parfaite avec mes valeurs écologiques.”
Ces témoignages sont indicatifs, extraits de documents internes Ifremer et France Travail (2025). Ils ne constituent pas des garanties de réussite individuelle.
11. Risques et limites de cette reconversion
Risque de non-sélection au concours. Le nombre de candidats par poste est élevé : 18 candidats admissibles pour 1 poste en 2025 (source Ifremer). La sélection est drastique, notamment sur la qualité des publications et la pertinence du projet de recherche.
Risque de déclassement salarial. Un ingénieur privé avec 8 ans d’expérience peut perdre 10 000 à 15 000 € brut par an en passant au premier échelon de chargé de recherche. La progression est lente (tous les 2 ans un échelon, environ 1 200 € d’augmentation).
Risque de mobilité géographique contrainte. Les postes sont quasi exclusivement à Brest. Les affectations outre-mer sont temporaires (2-3 ans). Refuser une affectation possiblement éloignée bloque la titularisation.
Limite temporelle. Si vous n’avez pas de doctorat, compter 4 à 8 ans de formation. La VAE doctorale n’a mené qu’à 3 succès en 2024 dans ce domaine spécifique.
Limite liée à l’âge. Le concours externe est ouvert sans limite d’âge, mais les candidats de plus de 45 ans sont rares (moins de 5 % des lauréats, selon Ifremer). Les recruteurs privilégient les profils avec une thèse récente (moins de 5 ans).
Détournement IA. Score 79 % : les tâches de synthèse bibliographique, de rédaction de rapports standards et de traitement de données acoustiques sont automatisables à 40 % d’ici 2028 (source DARES “Impact de l’IA sur les métiers de la recherche”, 2025). Les compétences de terrain (embarquement, plongée, prélèvements) restent protégées.
Recommandation : avant de vous lancer, effectuez un “stage immersion” de 2 semaines sur un navire océanographique (proposé par Ifremer en partenariat avec Mer et Marine). Contactez l’Association des Jeunes Chercheurs en Sciences de la Mer (AJC-SM) pour un retour d’expérience.
