Second de pont : fiche complète 2026
Le transport maritime assure plus de 80 % des échanges mondiaux, et le second de pont reste un rouage essentiel de la navigation. Sur un navire, cet officier exécute des tâches opérationnelles de navigation, d’entretien et de sécurité. La profession fait face au vieillissement des effectifs embarqués, ce qui maintient une pression de recrutement élevée. En 2026, le secteur maritime français affiche une demande soutenue pour des officiers qualifiés, malgré l’essor des outils numériques. Le salaire médian de la profession, d’environ 23 660 € brut par an, traduit des disparités selon la zone d’embauche et l’expérience.
Périmètre du métier et différences vs métiers proches
Le second de pont est un officier de navigation situé hiérarchiquement sous le commandant. Il est responsable de la conduite du navire en quart, de l’entretien de la coque et des installations de pont, ainsi que du suivi des opérations de chargement et d’accostage. Contrairement au chef de quart, qui assure une permanence de navigation sur une période donnée, le second de pont endosse des missions transverses de maintenance et d’encadrement des matelots. Il se distingue aussi du lieutenant de navigation (militaire) par son champ civil, et de l’officier mécanicien dont le périmètre est centré sur la propulsion et les systèmes machines. Sur les navires de petite taille, le second de pont peut cumler des fonctions d’officier de passerelle et de responsable sécurité.
Cadre réglementaire 2026
Le métier est encadré par la convention STCW de l’Organisation maritime internationale, qui fixe les normes minimales de formation et de veille. En France, le Code du travail maritime régit les conditions d’emploi et de repos à bord. L’AI Act 2026 impacte indirectement le second de pont via la certification des systèmes d’aide à la navigation embarqués. Le RGPD s’applique au traitement des données personnelles de l’équipage collectées par les systèmes de gestion du navire. La CSRD impose aux compagnies maritimes de publier des informations extra-financières, ce qui renforce le rôle du second dans le reporting environnemental. La convention collective applicable est celle de la navigation maritime, sans qu’un numéro précis soit nécessaire à ce niveau de description. Les inspections régulières de la direction des affaires maritimes vérifient la conformité réglementaire.
Spécialités et sous-métiers
- Navigation hauturière : le second de pont assure des traversées océaniques sur des navires de commerce ou vraquiers, avec une forte autonomie et des quarts longs.
- Cabotage et navigation côtière : rotations courtes entre ports nationaux ou européens, avec accent sur les manœuvres portuaires répétées.
- Transports de passagers (ferry) : responsabilité de la sécurité des passagers, gestion des procédures d’évacuation et suivi des normes de sûreté.
- Marchandises dangereuses : respect du code maritime international des marchandises dangereuses (IMDG) et contrôle des conditions de stockage.
- Navires spécialisés : offshore (ravitaillement plateformes), scientifiques (campagnes océanographiques) ou de service (remorqueurs, dragues).
Outils et environnement technique
Le second de pont travaille sur une passerelle de navigation équipée de systèmes électroniques intégrés. Les outils les plus courants incluent :
- ECDIS (Electronic Chart Display and Information System) pour la cartographie numérique et la planification de route.
- Système d’identification automatique (AIS) pour le suivi des positions des autres navires.
- Radars de navigation bande X et bande S.
- GPS et systèmes de positionnement par satellite.
- GMDSS (Global Maritime Distress and Safety System) pour les communications d’urgence.
- Système de management de la sécurité (SMS) digitalisé pour les procédures et check-lists.
- Logiciels de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) pour le suivi des opérations d’entretien.
- Outils d’IA générative intégrés à certains systèmes de routage optimisé, aidant à réduire la consommation de carburant.
Grille salariale 2026
Les salaires varient selon l’expérience, la taille du navire et la localisation de l’armateur. Le second de pont débutant gagne généralement entre 1 700 et 2 000 € brut par mois. Les données ci-dessous sont des fourchettes indicatives, fondées sur les grilles des conventions et les enquêtes de branche.
| Niveau | Province (port régional) | Paris / Île-de-France |
|---|---|---|
| Junior (0-2 ans) | 20 000 – 23 500 € | 22 000 – 25 000 € |
| Confirmé (3-7 ans) | 24 000 – 28 500 € | 26 000 – 31 000 € |
| Senior (8 ans et plus) | 28 000 – 35 000 € | 30 000 – 38 000 € |
Formations et diplômes
L’accès au métier de second de pont passe par des formations maritimes spécifiques. Le bac pro « Conduite et gestion des entreprises maritimes » constitue une porte d’entrée, complété ensuite par un BTS maritime (option navigation ou commerce maritime). La licence professionnelle « Management des activités maritimes » et le master en génie maritime permettent d’évoluer vers des postes d’officier supérieur. Les écoles comme l’École nationale supérieure maritime (ENSM) délivrent des diplômes d’officier de navigation. Les formations incluent des périodes obligatoires d’embarquement et de simulation. Des passerelles existent via la validation des acquis de l’expérience (VAE) pour les marins confirmés.
Reconversion vers ce métier
Le second de pont attire des profils en quête de reconversion dans un secteur en tension. Trois profils sources sont courants :
- Ancien marin pêcheur : déjà familier de l’environnement marin, il peut valoriser son expérience de navigation via une VAE et des modules complémentaires de formation STCW.
- Agent portuaire ou logisticien : connaît les opérations de quai et le chargement ; une formation courte (6 à 12 mois) en gestion de la navigation le prépare au poste.
- Technicien en maintenance navale : maîtrise l’entretien des systèmes embarqués ; il peut suivre une formation d’officier de passerelle en école maritime pour basculer vers le métier.
Exposition au risque IA
Avec un score CRISTAL-10 de 31 %, le second de pont est faiblement exposé à une substitution par l’intelligence artificielle. Ce score reflète le caractère opérationnel et contextuel de ses tâches : la navigation requiert une appréciation humaine des conditions météorologiques, des incidents imprévus et des décisions tactiques en situation dégradée. L’IA intervient surtout en support – optimisation de route, détection d’obstacles par analyse vidéo, génération de rapports de maintenance – mais ne remplace pas le jugement de l’officier. Les inspections visuelles, la coordination d’équipage et les manœuvres complexes restent peu automatisables. L’automatisation partielle des passerelles électroniques réduit la charge cognitive sans éliminer la présence humaine, exigée par la réglementation STCW.
Marché de l’emploi
Le marché de l’emploi pour les seconds de pont est dynamique en 2026, porté par le renouvellement d’une génération de marins partant à la retraite et par la croissance du transport maritime mondial. La pénurie d’officiers qualifiés est régulièrement signalée par les compagnies de navigation et les syndicats professionnels. Les armateurs français (CMA CGM, Brittany Ferries, Corsica Ferries, La Méridionale) recrutent sur l’ensemble des façades maritimes. La demande est particulièrement forte sur les ferries transmanche et les porte-conteneurs long-courriers. Les contrats sont majoritairement en CDI avec une alternance de périodes embarquées et de repos à terre. Le taux de chômage dans ce métier est très faible, quasiment nul pour un officiel titulaire du brevet. Les postes sont ouverts aussi dans le yachting de luxe et le transport de passagers en Méditerranée.
Certifications et labels reconnus
Plusieurs certifications structurent la carrière du second de pont. La plus fondamentale est le brevet STCW (Standards of Training, Certification and Watchkeeping), obligatoire pour tout officier de navigation. En France, le Certificat d’aptitude médicale à la navigation (délivré après une visite auprès d’un médecin des gens de mer) est requis. Les organismes de formation maritime peuvent obtenir la certification Qualiopi pour la qualité de leurs prestations. Certaines compagnies exigent une certification ISO 9001 pour le système de management de la qualité à bord, même si ce n’est pas une obligation individuelle. Les brevets de chef de quart et de capacité capitaine (200, 500 ou 800 UMS) sont des étapes de carrière reconnues par la profession.
| Certification | Émetteur / Organisme | Utilité principale |
|---|---|---|
| STCW (normes de formation) | OMI | Obligatoire pour naviguer |
| Certificat d’aptitude médicale | Médecin des gens de mer | Condition d’embarquement |
| Qualiopi | COFRAC (sous-traitant) | Qualité des formations maritimes |
| ISO 9001 (management qualité) | Organisme certificateur | Système qualité des compagnies |
| Brevet de chef de quart | ENSM / Direction des affaires maritimes | Évolution professionnelle |
Évolution de carrière
La progression dans le métier suit un parcours balisé. Après deux à trois ans d’expérience, le second de pont peut obtenir le poste de chef de quart, responsabilité plus spécifique de la navigation en quart. À cinq ans, il accède au rang de premier officier (second supérieur) ou d’officier en chef de navire de taille modeste. Après dix ans, la voie s’ouvre vers le commandement : capitaine de navire de commerce ou de ferry. Des débouchés à terre existent : inspecteur de navigation dans une société de classification, responsable sécurité dans un armement, formateur en école maritime, ou expert maritime pour un assureur. Les titulaires d’un master peuvent évoluer vers la gestion de flotte ou le management portuaire. La mobilité internationale est une possibilité fréquente, les marins français étant recherchés pour leur niveau de qualification.
Perspectives du métier
Les navires de nouvelle génération intègrent des systèmes d’IA pour la détection d’obstacles et l’optimisation énergétique, mais la réglementation exige un officier de quart humain. La transition écologique impose une formation continue sur la propulsion hybride au GNL et les carburants alternatifs, et les jumeaux numériques se généralisent dans la maintenance prédictive. La digitalisation des rapports via des ERP embarqués et le développement de la réalité virtuelle pour la simulation de manœuvres modernisent le métier, tandis que la pénurie d’officiers européens renforce l’attractivité du profil francophone qualifié.
