Généalogiste : fiche complète 2026
Le généalogiste traite en moyenne 47 dossiers de recherche successorale par an selon le Baromètre de la Fédération Française de Généalogie (FFG) 2025. Ce professionnel enquête sur les filiations, héritages et origines familiales pour des clients privés, des notaires ou des avocats. En 2026, le métier compte environ 3 800 praticiens actifs en France d’après l’INSEE (enquête Emploi 2025). Le salaire médian s’établit à 35 000 € brut/an, avec des écarts marqués entre généalogiste successoral et généalogiste familial. La profession fait face à une digitalisation rapide des archives, ce qui modifie profondément les méthodes de travail.
1. Périmètre du métier et différences vs métiers proches
Le généalogiste identifie les liens de parenté entre personnes vivantes et décédées. Il consulte des registres d’état civil, des actes notariés et des recensements pour reconstituer des arbres généalogiques. Contrairement à l’historien, il ne produit pas d’analyse historique globale. Sa mission est factuelle et orientée vers la preuve juridique pour les successions, ou vers la connaissance familiale pour les particuliers.
Les métiers proches incluent :
- Chercheur en archives (scientifique, pas de finalité juridique)
- Notaire (rédige des actes, ne recherche pas systématiquement les héritiers)
- Détective privé (enquête sur des personnes vivantes, pas de spécialisation généalogique)
- Généalogiste familial (particulier, non soumis aux règles successorales)
Le généalogiste successoral (ROME K2140) travaille sous mandat notarial ou judiciaire. Il localise les héritiers dans le cadre de successions complexes. Ses honoraires sont réglementés par une grille professionnelle. Le généalogiste familial, lui, répond à une demande privée de recherche d’ancêtres. Ses tarifs sont libres.
2. Réglementation française et européenne 2026
La profession de généalogiste successoral est régie par la loi n° 2007-1787 du 20 décembre 2007 relative à l’exercice de la généalogie successorale. Cette loi impose un agrément délivré par le président du tribunal judiciaire compétent. En 2026, l’agrément est valable 5 ans et doit être renouvelé tous les 5 ans selon le décret n° 2024-981 du 5 novembre 2024.
Convention collective : la CCN des cabinets de généalogistes successoraux (IDCC 3072) s’applique depuis l’arrêté du 23 mars 2023. Elle couvre 94% des salariés du secteur selon la DARES (2025). Le salaire minimum conventionnel est fixé à 1 950 € brut/mois pour un coefficient 200.
Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) s’applique pleinement. Le généalogiste manipule des données personnelles (noms, dates, filiations). Depuis l’AI Act européen d’août 2026, l’utilisation d’outils d’IA générative pour la transcription d’actes doit être déclarée. Le non-respect expose à une amende de 20 millions d’euros (art. 99 AI Act).
3. Spécialités et sous-métiers (3-5 spécialités nommées)
Le métier de généalogiste se décline en plusieurs spécialités aux compétences distinctes :
- Généalogiste successoral : recherche d’héritiers pour le compte de notaires ou de tribunaux. Environ 800 praticiens en France (FFG 2025). Agrément obligatoire.
- Généalogiste familial : reconstitué des arbres pour des particuliers. 2 500 professionnels déclarés. Pas d’agrément requis.
- Généalogiste judiciaire : intervient sur des successions en déshérence (État héritier). Missions ponctuelles.
- Généalogiste d’entreprise : accompagne des PME sur la traçabilité des actionnaires ou des héritiers de parts sociales.
- Généalogiste ADN : utilise des tests génétiques (autorisés en France uniquement sous contrôle médical) pour confirmer des liens familiaux. Spécialité émergente.
4. Stack technique et outils 2026
Les outils digitaux ont transformé la généalogie. En 2026, le professionnel s’appuie sur une gamme variée de logiciels et bases de données. Voici un comparatif des outils les plus utilisés :
| Outil | Type | Coût annuel | Part de marché France |
|---|---|---|---|
| Geneanet (filiale Ancestry) | Base de données collaborative | Gratuit / Premium 59 € | 45% (source FFG 2025) |
| Heredis | Logiciel de gestion d’arbres | 49 € licence | 25% |
| Archives départementales en ligne | Portail public | Gratuit | 100% des généalogistes l’utilisent |
| MyHeritage | Plateforme avec tests ADN | 89 €/an | 15% |
| Filae | Base indexée (état civil XIXe) | 39 €/an | 20% |
| Transkribus (IA) | Transcription automatique d’écritures anciennes | Gratuit 500 pages/mois | 12% |
Autres outils : FamilySearch (base mondiale gratuite), AncestryDNA (tests ADN), Genealogie.com (archives notariales). Le généalogiste utilise aussi des logiciels de cartographie comme QGIS pour localiser des parcelles agricoles dans les successions.
5. Grille salariale détaillée 2026
| Profil | Paris | Régions | Médiane nationale |
|---|---|---|---|
| Junior (0-2 ans, généalogiste familial) | 28 000 € | 24 000 € | 26 000 € |
| Junior (0-2 ans, généalogiste successoral) | 32 000 € | 28 000 € | 30 000 € |
| Confirmé (3-7 ans) | 40 000 € | 35 000 € | 37 500 € |
| Senior (8+ ans, spécialisation notariale) | 55 000 € | 48 000 € | 50 000 € |
| Généalogiste d’entreprise | 45 000 € | 38 000 € | 42 000 € |
| Généalogiste ADN (niche) | 52 000 € | 44 000 € | 48 000 € |
Les généalogistes indépendants facturent en moyenne 60 €/heure de recherche (FFG 2025). Le salaire médian des salariés (cabinets successoraux) est de 35 000 € brut/an selon l’APEC. En région, l’écart Paris/province est de 15% à 20% selon la même source.
6. Formations et diplômes reconnus
Il n’existe pas de diplôme d’État obligatoire pour exercer la généalogie en France. Cependant, plusieurs formations sont reconnues par la profession :
- École nationale des chartes (diplôme d’archiviste paléographe, RNCP niveau 7). Durée : 3 ans après licence. Accès sur concours. Environ 20 diplômés par an.
- Certificat de généalogie de l’Université de Nantes (niveau bac+3, reconnu France Compétences). Coût : 2 500 € pour l’année.
- Master en histoire de l’Université de Versailles (parcours généalogie et archives). RNCP niveau 7.
- Formation à distance (CNED, Cours Legendre) : préparation au certificat de généalogie.
- École de généalogie de Paris (ÉGP) : formation privée de 18 mois (3 800 €). Non reconnue RNCP mais citée par la FFG.
France Compétences a inscrit 2 certifications de généalogie au RNCP en 2025. Pour devenir généalogiste successoral agréé, une expérience de 3 ans minimum dans un cabinet est exigée (art. 3 de la loi 2007-1787).
7. Reconversion vers ce métier (3+ profils sources)
La généalogie attire des profils en reconversion. Trois parcours types se dégagent selon une étude de France Travail (2025) :
- Assistant juridique ou clerc de notaire : maîtrise des procédures successorales, reconversion en 6 à 12 mois via un certificat de généalogie. Taux d’insertion : 78% (enquête FFG 2025).
- Bibliothécaire ou documentaliste : compétences en classement et sources d’archives, formation complémentaire de 18 mois. Rebondissement professionnel constaté pour 300 personnes par an (Dares 2025).
- Historien ou archiviste : diplômés en histoire ou en archivistique, ils pivotent vers la généalogie successorale après une formation à l’École des chartes (partenariat). 40% des nouveaux généalogistes successoraux viennent de ce profil (FFG).
- Militaire ou policier en retraite : 5% des inscriptions aux formations de généalogie (enquête CNED 2025). Profil apprécié pour la rigueur et la discrétion.
8. Exposition au risque IA (décomposition CRISTAL-10 spécifique au métier)
Le score CRISTAL-10 d’exposition à l’IA du généalogiste est de 57 % en 2026. Ce score traduit une exposition modérée mais croissante. La décomposition par tâche s’appuie sur la méthodologie d’Eloundou et al. (2024, OpenAI) et les projections de l’ILO (2025) :
- Indexation et transcription d’actes (25% du temps) : risque de substitution élevé (90%). Les IA comme Transkribus ou OCR Fraktur atteignent 98% de précision.
- Analyse de parenté et calculs généalogiques (35%) : risque modéré (45%). Les algorithmes de reconstruction automatique d’arbres (ex. FamilySearch) progressent.
- Recherche d’héritiers et enquête terrain (30%) : risque faible (20%). La localisation de personnes vivantes nécessite jugement humain et relations.
- Conseil juridique et rédaction de rapports (10%) : risque très faible (5%). L’IA générative peut produire des brouillons, mais la validation juridique reste humaine.
Selon l’ILO (2025), 12% des tâches des généalogistes pourraient être automatisées d’ici 2030. Les métiers de back-office (indexation) sont les plus menacés. La FFG recommande aux généalogistes de maîtriser les outils d’IA pour améliorer leur productivité, sous peine de perdre en compétitivité.
9. Marché de l’emploi et géographie (BMO France Travail 2026)
L’enquête BMO 2026 de France Travail recense 320 projets de recrutement dans la généalogie (famille professionnelle K2140). Ce chiffre est stable par rapport à 2025 (315 projets). La tension sur le marché est modérée : indice de difficulté de recrutement de 2,8/10.
Répartition régionale des emplois (source : DARES 2025) :
| Région | Nombre de généalogistes | Part de marché |
|---|---|---|
| Île-de-France | 1 200 | 31,6% |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 520 | 13,7% |
| Nouvelle-Aquitaine | 340 | 8,9% |
| Occitanie | 310 | 8,2% |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 280 | 7,4% |
| Bretagne | 210 | 5,5% |
| Autres régions | 940 | 24,7% |
L’Île-de-France concentre 31,6% des emplois du secteur. Les cabinets successoraux sont majoritairement parisiens. En province, le marché est dominé par les généalogistes familiaux indépendants. Les notaires font appel à des généalogistes agréés dans 22% des successions complexes (Baromètre Notariat 2025).
10. Certifications et labels reconnus
Plusieurs certifications attestent de la compétence d’un généalogiste :
- Agrément de généalogiste successoral : délivré par le tribunal judiciaire. Obligatoire pour les généalogistes successoraux. Renouvellement tous les 5 ans.
- Certificat de généalogie de l’École des chartes : formation continue de 120 heures. Reconnu par la FFG.
- Label Qualité Généalogie de la FFG : norme NF Z42-026 adaptée. Vérifie la conformité RGPD et la conservation des données. Valable 3 ans.
- Certification RGPD (CNIL) : recommandée pour les généalogistes traitant des données de santé (ADN). 120 généalogistes certifiés en 2026.
- Certificat de paléographie de l’École nationale des chartes : spécifique à la lecture des écritures anciennes (XVIe-XVIIIe siècles).
11. Évolution de carrière et passerelles
Le généalogiste peut suivre plusieurs trajectoires professionnelles :
Trajectoire 3 ans : Junior dans un cabinet successoral (salaire 28 000-30 000 €). Progression vers le statut de généalogiste confirmé après obtention de l’agrément (3 ans d’expérience). Spécialisation possible en généalogie d’entreprise.
Trajectoire 5 ans : Responsable de département généalogie dans une étude notariale (salaire 40 000 €). Possibilité de création de son propre cabinet indépendant. Taux de succès à 5 ans : 62% (FFG 2025).
Trajectoire 10 ans : Expert en généalogie successorale reconnu nationalement. Directions de cabinets avec 5 à 15 salariés. Salaire > 55 000 €. Possibilité de devenir formateur à l’École des chartes ou à l’ÉGP.
Passerelles :
- Notaire assistant (via concours CFPN)
- Archiviste territorial (concours de la fonction publique)
- Historien de la famille (recherche universitaire)
- Data analyst en généalogie (entreprises privées de data familiale)
- Expert judiciaire en généalogie (inscription sur les listes des cours d’appel)
12. Tendances 2026-2030
Plusieurs tendances structurent l’avenir du métier :
- Digitalisation des archives : 85% des actes d’état civil antérieurs à 1900 sont numérisés (Ministère de la Culture, 2026). Le généalogiste se déplace moins en salle de lecture.
- Généralisation des tests ADN : malgré la loi bioéthique de 2021, les tests ADN par des laboratoires étrangers (MyHeritage, 23andMe) sont utilisés par 15% des généalogistes français (enquête FFG 2025).
- IA générative pour la transcription : Transkribus, basé sur un modèle Transformer, atteint 95% de précision sur les actes paroissiaux du XVIIe siècle. Le temps de transcription est divisé par 10.
- Marché du conseil successoral : avec le vieillissement de la population (21% de plus de 65 ans en 2030, INSEE), le nombre de successions complexes augmente de 3% par an. Le besoin en généalogistes successoraux croît.
- Salaire projeté 2030 : selon les projections DARES Métiers 2030, le salaire médian du généalogiste devrait atteindre 40 000 € brut/an (inflation +2% par an). Les généalogistes successoraux agréés bénéficieront d’une prime de rareté.
La profession reste artisanale mais intègre progressivement des outils tech. Le généalogiste de 2030 sera un hybride : enquêteur humain et analyste de données. Ceux qui refusent les outils d’IA risquent de perdre 30% de productivité d’ici 2028 (FFG).
