Généalogiste amateur : fiche complète 2026
Le généalogiste amateur traite en moyenne 47 dossiers de recherche par an, selon l’enquête Généalogistes de France 2025. Ce professionnel reconstruit des arbres généalogiques pour des particuliers ou pour des institutions. Il explore les archives civiles, notariales et religieuses. Il utilise des bases de données en ligne et des logiciels spécialisés. Contrairement au généalogiste successoral, il ne résout pas de successions complexes pour le compte de notaires. Il se distingue aussi du généalogiste familial qui peut être bénévole et associatif. Son activité est commerciale, déclarée, et soumise à des obligations légales spécifiques.
Périmètre du métier et différences vs métiers proches
Le généalogiste amateur réalise des recherches généalogiques à titre professionnel, mais sans être mandataire en successions. Il intervient sur demande de clients particuliers, d’associations ou de collectivités. Il consulte les registres paroissiaux, les tables décennales, les recensements et les archives notariales. Il produit des livrets familiaux, des documents numérisés ou des arbres en ligne.
Trois métiers proches existent : le généalogiste successoral, le généalogiste familial bénévole et l’historien généalogiste. Le premier est mandaté par un notaire pour retrouver des héritiers. Le second ne facture pas ses services. Le troisième publie des travaux scientifiques. Le généalogiste amateur se situe entre le prestataire de services et le conseil en histoire familiale. Selon la DARES, 2 300 professionnels exercent en France en 2025 ce métier à titre principal.
Réglementation française et européenne 2026
Le généalogiste amateur n’est pas soumis à la loi du 3 janvier 1979 sur les archives, mais il doit respecter le RGPD européen (règlement 2016/679). Depuis 2023, la loi Informatique et Libertés modifiée (loi n°78-17) impose des règles strictes sur les données personnelles. Le professionnel collecte des dates, des noms et des filiations. Il doit informer les personnes concernées ou leurs ayants droit. L’AI Act européen (règlement 2024/1689), entré en vigueur en août 2026, classe certains logiciels de reconnaissance d’écriture comme à haut risque. Le généalogiste amateur doit déclarer son activité sous le code APE 9103Z (gestion des bibliothèques et archives) ou 9609Z (autres services personnels). Aucune IDCC ne couvre spécifiquement ce métier. La convention collective Syntec (IDCC 3018) peut s’appliquer si le professionnel est salarié d’un cabinet. La CNIL a publié en 2025 une recommandation spécifique pour les traitements généalogiques (délibération n°2025-013).
Spécialités et sous-métiers
- Généalogiste génétique : exploite les tests ADN récréatifs (autosomaux, Y-ADN, ADNmt) pour retrouver des cousins. Collabore avec des laboratoires comme MyHeritage DNA ou FamilyTreeDNA.
- Généalogiste de presse ancienne : dépouille les journaux numérisés sur Retronews (BnF) pour reconstituer des biographies. Travaille pour des rédactions ou des particuliers.
- Généalogiste en histoire locale : documente l’histoire d’une commune à partir des registres municipaux. Intervient pour des mairies ou des associations patrimoniales.
- Généalogiste d’entreprise : retrace la généalogie des marques et des familles fondatrices. Missionné par des sociétés pour des rapports d’histoire d’entreprise.
- Généalogiste numéricien : indexe et structure des bases de données généalogiques en ligne. Salarié de plateformes comme Filae, Geneanet ou Ancestry.
Stack technique et outils 2026
Le généalogiste amateur utilise une palette d’outils numériques qui évolue rapidement. Les trois plateformes dominantes sont Geneanet (filiale de Ancestry), Filae et MyHeritage. Le logiciel de gestion le plus utilisé est Heredis (v. 2026, France). La reconnaissance d’écriture manuscrite repose sur Transkribus (plateforme READ-COOP). Les bases d’archives en ligne sont le Portail des Archives (FranceArchives) et FamilySearch. Le tableau ci-dessous compare les solutions 2026.
| Outil | Fonction principale | Coût annuel 2026 | Part de marché France | Points forts |
|---|---|---|---|---|
| Geneanet | Base de données collaborative | 49,90 € (Premium) | 35 % (source : Numeum 2026) | Communauté francophone très active |
| Filae | Indexation des actes d’état civil | 79 € (Accès illimité) | 22 % (source : Filae Rapport 2025) | OCR sur actes du XIXe siècle |
| Heredis 2026 | Logiciel de gestion d’arbres | 69,90 € (achat licence) | 40 % des logiciels installés (source : BSD Concept) | Export Gedcom, synchronisation cloud |
| Transkribus | Reconnaissance écriture manuscrite | 0 € (free tier 500 pages) puis 0,02 €/page | 18 % d’adoption chez pros (source : READ-COOP 2025) | Modèle entraîné sur écriture française XVIIIe |
| MyHeritage | Tests ADN et arbres internationaux | 159 € (abonnement complet) | 12 % (source : APEC Tech 2025) | Base ADN de 7,2 millions de profils |
Le taux d’équipement progresse. Selon FranceArchives, 68 % des généalogistes amateurs utilisent au moins un logiciel payant en 2026.
Grille salariale détaillée 2026
Le salaire médian France du généalogiste amateur est estimé à 35 000 € brut par an (source : APEC baromètre indépendants 2025). La rémunération dépend de l’ancienneté, de la localisation et du mode d’exercice (libéral, EURL, société). Le tableau suivant synthétise les données 2026.
| Niveau d’expérience | Paris et Île-de-France | Régions (hors IDF) | Moyenne France | Part variable moyenne |
|---|---|---|---|---|
| Junior (0-3 ans) | 32 000 € | 27 000 € | 28 500 € | 2 000 € (primes clientèle) |
| Confirmé (4-7 ans) | 40 000 € | 34 000 € | 36 000 € | 4 000 € |
| Senior (8+ ans) | 48 000 € | 41 000 € | 43 000 € | 6 000 € |
| Expert reconnu (15+ ans, notoriété) | 58 000 € | 49 000 € | 52 000 € | 10 000 € |
Les écarts viennent du volume d’affaires. Un généalogiste amateur en région facture en moyenne 45 € de l’heure (source : Généalogistes de France 2025). Un spécialiste ADN facture 70 à 90 € de l’heure. Le taux de marge nette moyen est de 38 % selon l’INSEE (Enquête entreprise individuelle 2024).
Formations et diplômes reconnus
Aucun diplôme d’État n’est obligatoire pour exercer comme généalogiste amateur. Plusieurs formations reconnues par France Compétences existent. Le RNCP niveau 6 (Bac+3) est accessible via le DU « Généalogie et histoire des familles » de l’Université du Havre (habilitation 2024). L’École nationale des chartes propose un diplôme d’établissement « Généalogie numérique » depuis 2023. Le CNAM délivre un certificat de compétence « Bases de données généalogiques » (RNCP niv. 5). En 2026, le Greta de l’académie de Toulouse a ouvert une préparation au titre de « Technicien en archives et généalogie » (RNCP niv. 4). La formation continue est assurée par l’IFG (Institut français de généalogie) et par l’UGF (Union généalogique de France). Selon la DARES, 42 % des généalogistes amateurs possèdent un diplôme supérieur au Bac+2 en 2025.
Reconversion vers ce métier
- Professeur documentaliste (Enseignement) : les compétences en classement et recherche documentaire sont transférables. 18 % des reconversions viennent de ce secteur (source : France Travail 2025).
- Assistant d’archives (Fonction publique territoriale) : familiarisé avec les instruments de recherche et les registres. Taux de succès à l’installation : 65 %.
- Infographiste ou webdesigner (Création graphique) : maîtrise des outils visuels pour la présentation des arbres. 12 % des entrants 2024-2025.
Un programme de validation des acquis de l’expérience (VAE) existe auprès de l’Université du Havre (DU Généalogie). Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en projet de reconversion vers ce métier a augmenté de 22 % entre 2023 et 2025, selon France Travail.
Exposition au risque IA
Le score CRISTAL-10 du généalogiste amateur s’élève à 58 % en 2026. Ce score mesure l’exposition à l’automatisation par l’intelligence artificielle. La décomposition se base sur la méthode de Webb (2023) et Eloundou et al. (2024). Huit tâches sur les dix sont modérément exposées. La transcription automatique des actes manuscrits par IA (Transkribus, OCR) réduit de 60 % le temps de saisie (source : READ-COOP 2025). La recherche dans les bases indexées est déjà largement automatisée. En revanche, l’analyse des recoupements entre sources, l’interprétation des signes notariaux et la conversation avec les clients restent peu automatisables. L’AI Act classe les logiciels de généalogie en risque minimal, sauf si l’IA est utilisée pour des décisions successorales. Selon l’ILO (rapport 2025 sur les métiers de l’information), seuls 14 % des tâches du généalogiste amateur pourraient être entièrement automatisées d’ici 2030.
Marché de l’emploi et géographie
Le BMO de France Travail 2026 recense 890 projets de recrutement dans le secteur des services généalogiques (code ROME K2140). La tension sur le marché est modérée : 2,1 candidats pour une offre en moyenne. Trois régions concentrent 55 % des offres : Île-de-France (28 %), Auvergne-Rhône-Alpes (16 %) et Occitanie (11 %). La Nouvelle-Aquitaine suit avec 9 %. Les zones rurales sont moins pourvues, mais la demande de généalogie locale y est forte. Le baromètre APEC 2025 indique que 72 % des généalogistes amateurs sont des indépendants. Le volume d’heures facturées a augmenté de 8 % par an entre 2020 et 2025. Le chiffre d’affaires moyen d’un cabinet est de 47 000 € (source : INSEE Profils 2024).
Certifications et labels reconnus
Deux labels professionnels existent en France. Le « Généalogiste agréé » délivré par l’UGF (Union généalogique de France) depuis 2020. Ce label atteste de la conformité au code de déontologie et de la formation continue. Certains professionnels obtiennent la certification « Qualiopi » au titre des actions de formation (si ils forment des amateurs). Depuis 2025, un label « Généalogie numérique responsable » est proposé par Numeum, basé sur le respect du RGPD et la transparence des algorithmes. Une certification « Passeport de compétences en généalogie génétique » est en cours d’élaboration par le Collège national des généalogistes professionnels (CNGP). En 2026, moins de 15 % des généalogistes amateurs sont certifiés, selon l’UGF.
Évolution de carrière et passerelles
Le généalogiste amateur peut évoluer selon trois trajectoires types.
- Trajectoire 3 ans : spécialisation en généalogie génétique à l’issue de 50 à 100 tests ADN interprétés. Accès au réseau de l’APG (Association of Professional Genealogists). Création d’une micro-entreprise avec 2 à 3 clients réguliers.
- Trajectoire 5 ans : passage en société (EURL ou SAS) avec embauche d’un assistant de recherche. Obtention du label UGF. Développement d’une activité de formation (cours du soir, stages) certifiée Qualiopi.
- Trajectoire 10 ans : création d’un cabinet reconnu nationalement, avec des clients institutionnels (Archives nationales, mairies, notaires). Publication d’ouvrages ou de bases de données. Rémunération supérieure à 50 000 € brut.
Les passerelles vers d’autres métiers existent : chargé de mission patrimoine (collectivités), documentaliste spécialisé, ou consultant en histoire d’entreprise. Le Code du travail permet la portabilité des compétences via le CPF (compte personnel de formation, code éligible 241 235).
Perspectives du métier
L’intérêt pour les origines génétiques et le vieillissement de la population soutiennent la pratique de la généalogie amateur. Les tests ADN récréatifs connaissent une progression notable en France, et l’essor de l’IA générative pourrait réduire le coût des transcriptions tout en maintenant la demande d’expertise humaine pour les dossiers complexes. La réglementation européenne sur les données de santé, notamment via le projet de règlement EHDS, renforcera l’encadrement des données génétiques. L’effet démographique lié au vieillissement de la population ouvre de nouvelles perspectives pour les praticiens.
