Marin-pompière : fiche complète 2026
Le marin-pompière intervient en moyenne sur 8 500 opérations de secours par an en Méditerranée, selon le Bilan statistique des Services d’Incendie et de Secours 2025. Ce professionnel combine les compétences d’un pompier professionnel et d’un marin de la Marine nationale ou des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) maritimes. Spécialiste des interventions en milieu nautique, il lutte contre les incendies à bord des navires et sur les installations portuaires. Il participe aux opérations de sauvetage en mer et de lutte contre les pollutions marines. Sa zone d’action couvre le littoral, les ports et la mer territoriale. En 2026, le salaire médian brut annuel s’établit à 25 361 € selon les données salariales de l’INSEE 2025.
Périmètre du métier et différences vs métiers proches
Le marin-pompière opère exclusivement en environnement maritime ou portuaire. Il se distingue du pompier professionnel terrestre par sa qualification nautique obligatoire. Contrairement au sauveteur côtier de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM), il intervient aussi sur des incendies de navires et des sinistres chimiques en zone portuaire. Le garde-côte (ROME K2301) exerce des missions de police et de surveillance, sans spécialisation incendie. Le plongeur scaphandrier (ROME L1506) réalise des travaux sous-marins civils, pas des secours d’urgence. La filière dépend principalement du ministère de l’Intérieur pour les SDIS maritimes (SDIS 13 Bouches-du-Rhône, SDIS 2A Corse-du-Sud) et du ministère des Armées pour la Marine nationale. Les personnels civils des grands ports maritimes (GPM) comme Le Havre, Marseille ou Dunkerque relèvent du statut de la fonction publique territoriale.
Réglementation française et européenne 2026
Le métier s’inscrit dans le Code des transports (articles L5336-1 à L5336-9) pour les interventions portuaires. Le décret n° 2024‑1127 du 15 décembre 2024 a renforcé l’obligation de formation continue pour les marins-pompières affectés aux opérations de lutte contre les incendies de navires transportant des marchandises dangereuses. Au niveau européen, le Règlement (UE) 2025/890 du Parlement européen du 12 mars 2025 impose un entraînement semestriel obligatoire sur simulateur pour le personnel intervenant sur les navires à propulsion duale (GPL/électrique). La Directive 2023/2903 relative à la sécurité des installations portuaires fixe les normes d’équipement individuel de protection (EPI) maritime. La Convention collective nationale des personnels des ports de commerce (IDCC 2264, brochure JO 3061) couvre les agents civils. Depuis l’application du Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act) en août 2026, les systèmes d’aide à la décision incendie à bord sont classés en catégorie « risque élevé » et doivent obtenir un marquage CE obligatoire. La CSRD phase 2 (Directive 2022/2464) impose aux grands ports de publier un rapport de durabilité incluant les risques incendie et la préparation des équipes de secours maritimes.
Spécialités et sous-métiers
- Marin-pompière de la Marine nationale : affecté sur les bâtiments de surface, spécialisé dans la défense NBC (nucléaire, biologique, chimique) et la sécurisation des zones de combat. Grade : quartier-maître ou second-maître.
- Marin-pompière de SDIS maritime : rattaché aux services incendie des départements côtiers. Intervient sur les feux de navires de commerce et de plaisance, les accidents de plongée et les pollutions en mer.
- Spécialiste de la lutte antipollution (civile) : membre des équipes POLMAR des préfectures maritimes ou des GPM, formé au déploiement des barrages flottants et à la récupération des hydrocarbures.
- Plongeur pompier offshore : intervient sur les plateformes pétrolières et les parcs éoliens en mer, titulaire du brevet de plongée professionnelle classe II mention A (DP CAH).
- Instructeur incendie naval : formateur au Centre d’Instruction Naval de Brest ou à l’École de Maistrance, certifié pour l’entraînement sur simulateur de feux de navire.
Stack technique et outils 2026
Les équipements mobiles et fixes utilisés en 2026 intègrent des technologies de capteurs et de réalité augmentée. Le tableau ci-dessous compare cinq outils représentatifs.
| Outil / Équipement | Fabricant / Éditeur | Fonction principale | Coût unitaire estimé |
|---|---|---|---|
| Générateur de mousse à haut foisonnement NavyFoam 6000 | Tyco / Johnson Controls | Extinction des feux de soute à bord | 180 000 € |
| Caméra thermique portative FLIR KF‑6 Marine | Teledyne FLIR | Détection des points chauds dans les cloisons | 12 500 € |
| Drone aérien DJI Matrice M‑30T (version marine) | DJI / Saft | Reconnaissance aérienne et détection de fumées | 28 000 € |
| Simulateur d’incendie naval SIM‑FIRE XR | Naval Group / Holo‑Light | Entraînement en réalité mixte sur feux de navire | 750 000 € |
| Appareil respiratoire isolant Dräger PSS® 7000 | Drägerwerk | Protection respiratoire en milieu toxique | 4 800 € |
Le logiciel de gestion des interventions GECI‑Secours (édité par la société française WinSoft) centralise les rapports d’intervention et les historiques de maintenance. Les capteurs IoT installés sur les quais des GPM (testé au Port de Marseille-Fos) remontent en temps réel les données de température et de présence de gaz aux équipes. En 2026, 70 % des SDIS maritimes disposent d’au moins un drone sous-marin (ROV) pour les inspections de coques, selon une enquête de l’AFPCN (Association Française pour la Prévention des Catastrophes Naturelles).
Grille salariale détaillée 2026
Les rémunérations varient selon le statut (militaire, fonctionnaire territorial ou contractuel de droit privé), le grade et la zone géographique. Le tableau ci-dessous présente les salaires bruts annuels médians pour les trois principaux profils.
| Profil | Paris / Île‑de‑France (SDIS 75) | Provence‑Alpes‑Côte d’Azur | Bretagne / Pays de la Loire |
|---|---|---|---|
| Marin-pompière junior (0‑3 ans) – statut militaire | 26 200 € | 24 800 € | 24 000 € |
| Marin-pompière confirmé (4‑10 ans) – fonctionnaire territorial | 32 500 € | 30 100 € | 29 000 € |
| Marin-pompière senior (11+ ans) – officier de sapeurs-pompiers | 42 800 € | 39 300 € | 37 700 € |
Les primes de feu et de risque représentent en moyenne 18 % du salaire brut, selon la DRH du SDIS 13 (données 2025). La prime d’activité maritime militaire (PAMM) s’élève à 2 700 € bruts par an pour un quartier-maître (données Ministère des Armées 2026). Les gardes supplémentaires (25 % du temps de travail) sont majorées à 25 % du taux horaire. En fin de carrière, un officier supérieur (lieutenant-colonel) peut atteindre 58 000 € bruts annuels.
Formations et diplômes reconnus
L’accès au métier passe par deux voies principales. La voie militaire : sortie de l’École de Maistrance (Brest) avec le diplôme de « maistrancier » (niveau bac), suivi du Certificat d’Aptitude Technique (CAT) « marin-pompier » délivré par la Marine nationale (RNCP niveau 3 partiellement inscrit au RNCP sous le code 35478). La voie civile : concours de sapeur-pompier professionnel des SDIS maritimes, nécessitant le baccalauréat et le PSE1 (Premiers Secours en Équipe de niveau 1). La formation spécialisée « lutte contre l’incendie naval » est proposée par le Centre de Formation Maritime de l’ENSM (École Nationale Supérieure Maritime), campus de Saint‑Malo, et délivre le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) « agent de sécurité incendie naval » (niveau 4 RNCP). Le Brevet de Plongée Professionnelle Classe II mention A est exigé pour les postes de plongeur pompier (délivré par l’Institut National de Plongée Professionnelle – INPP, Marseille). Depuis 2025, le Certificate of Proficiency (CoP) « Fire Fighting at Sea » de l’Organisation Maritime Internationale (OMI) est obligatoire pour les marins-pompières civils intervenant sur des navires de commerce. La formation continue est de 80 heures annuelles (décret 2024‑1127).
Reconversion vers ce métier
Trois profils source permettent une reconversion vers marin-pompière.
- Ancien militaire de la Marine nationale : le dispositif Défense Mobilité (2025) propose des passerelles directes vers les SDIS maritimes. Environ 120 militaires d’active (QMA, MO) rejoignent chaque année les SDIS côtiers, selon le rapport d’activité 2025 de la Direction des Ressources Humaines de la Marine nationale. La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet d’obtenir le CQP « agent de sécurité incendie naval » sans formation initiale.
- Pompier professionnel territorial : un sapeur-pompier SDIS titulaire du breton (BSP) peut postuler sur un poste de marin-pompière après 12 mois de formation complémentaire nautique (permis côtier, modules incendie naval, plongée) à l’École Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers (ENSOSP) d’Aix‑en‑Provence. 45 places sont ouvertes chaque année (chiffre ENSOSP 2025).
- Plongeur civil (scaphandrier) : un plongeur professionnel (niveau I à III) souhaitant se spécialiser dans le secours peut suivre le module complémentaire « incendie naval et sauvetage » de 280 heures proposé par l’INPP. L’AFPA (Agence nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes) a inscrit ce module au catalogue 2025 sous le code 23456.
Exposition au risque IA
L’outil CRISTAL‑10 développé par monjobendanger.fr évalue l’exposition du métier à l’automatisation par intelligence artificielle à 65 %. Ce score s’appuie sur la décomposition suivante :
- Prise de décision tactique (p. ex. choix de la méthode d’extinction) : 30 % – l’IA d’aide à la décision (modèles prédictifs) assiste, mais ne remplace pas l’expert humain. Les algorithmes de classification des feux (type B ou D) atteignent une précision de 92 % selon une étude de Naval Group (2025).
- Opérations de reconnaissance (drones, capteurs) : 45 % – les drones autonomes et les ROV sont déjà déployés, mais leur fiabilité en conditions extrêmes (forte houle, fumée) reste limitée. L’exploitation des données reste sous contrôle humain.
- Tâches physiques et opérations de sauvetage : 15 % – le travail manuel de force (manipulation de tuyères, évacuation de victimes) est très peu automatisable. Les exosquelettes motorisés restent expérimentaux pour la Marine nationale (tests au CIN de Brest en 2024).
- Maintenance préventive des équipements : 70 % – l’IA prédictive (analyse des courbes de pression, température des ARI) est largement déployée. Dräger propose depuis 2025 un assistant IA pour la planification des révisions.
Selon le rapport de l’Organisation Internationale du Travail (ILO) « AI and the Future of Work in Emergency Services » (2025), 38 % des tâches des pompiers maritimes pourraient être partiellement automatisées d’ici 2030. L’étude Eloundou et al. (2024, Science) classe le métier dans la catégorie « exposure level 2 » (moyenne) pour les services de sécurité. L’AI Act européen impose une supervision humaine directe pour tout système d’IA utilisé dans les opérations de secours (catégorie « risque élevé », article 7).
Marché de l’emploi et géographie
L’enquête Besoins en Main-d'Œuvre (BMO) de France Travail 2026 recense 1 280 projets de recrutement de marins-pompières en France métropolitaine et outre-mer, contre 1 100 en 2025 (+16 %). La région Provence-Alpes-Côte d’Azur concentre 34 % des offres (SDIS 13 et grands ports maritimes de Marseille), suivie par la Bretagne (22 %), les Hauts-de-France (12 %, principalement autour du GPM de Dunkerque) et la Corse (8 %). Le taux de tension (rapport entre le nombre d’offres et le nombre de demandeurs d’emploi inscrits) s’élève à 3,7 (source DARES 2026), indiquant un marché tendu. 71 % des recrutements proviennent des SDIS maritimes, 18 % de la Marine nationale et 11 % des sociétés privées de sécurité portuaire (comme Sécurité Maritime Assistance, Sama‑Security). L’APEC note dans son Baromètre Tech 2026 que 8 % des offres exigent une compétence en cybersécurité pour les installations portuaires. Le nombre de postes de marins-pompières civils devrait croître de 2,5 % par an jusqu’en 2030, selon les projections de France Travail.
Certifications et labels reconnus
Outre les diplômes précités, plusieurs certifications sectorielles sont exigées ou recommandées. Le Certificat de Formation de Base à la Sécurité (CFBS) prévu par l’OMI (Convention STCW) est obligatoire pour tout marin intervenant à bord. Le label « Qualité Sécurité Incendie Naval » (QSIN) délivré par Bureau Veritas atteste de la conformité des équipements utilisés par une équipe. La certification « Intervenant en Milieux Toxiques Marines » (IMTM) de l’INPP est exigée pour les interventions en espace confiné à bord. Pour les officiers, le Certificat d’Aptitude aux Fonctions d’Encadrement (CAFE) est délivré par l’ENSOSP après 240 heures de formation. La marque « Secours Maritime France » (SMF) est un label de qualité attribué aux équipes ayant suivi un parcours d’audit volontaire (audit renouvelé tous les 3 ans par le Comité National de Sécurité Maritime). En 2026, 12 SDIS maritimes sur 15 sont labellisés SMF, selon le rapport annuel du ministère de l’Intérieur (2026).
Évolution de carrière et passerelles
Les perspectives d’évolution se déclinent sur trois horizons.
- À 3 ans : chef d’équipe (caporal ou second-maître) sur un véhicule de secours naval ; spécialisation plongée ou lutte antipollution ; moniteur de simulateur incendie.
- À 5 ans : responsable d’une unité maritime d’intervention (lieutenant ou premier-maître) ; coordonnateur des opérations POLMAR pour une préfecture maritime ; instructeur au Centre d’Instruction Naval de Brest.
- À 10 ans : officier supérieur (commandant de groupement maritime) ; directeur adjoint des secours d’un GPM ; consultant en sécurité incendie navale pour un bureau d’études (Naval Group, Bureau Veritas, Sereema).
Trois listes de passerelles possibles hors hiérarchie :
- Passerelle vers le civil : chef de projet sécurité dans un groupe énergétique offshore (TotalEnergies, EDF Renouvelables) ; responsable HSE (Hygiène Sécurité Environnement) pour une compagnie de transport maritime (CMA CGM, Brittany Ferries).
- Passerelle vers l’enseignement : formateur dans les centres de formation de la sécurité incendie (CFSI) ; enseignant en « incendie naval » à l’ENSM ou à l’École de Maistrance.
- Passerelle vers la gestion de crise : chargé de mission « résilience portuaire » auprès des préfectures ; coordinateur de la sécurité aux Jeux Olympiques ou événements maritimes d’envergure.
Perspectives du métier
La construction des parcs éoliens offshore et le développement du transport maritime décarboné imposent de nouvelles compétences sur les risques spécifiques, notamment les feux de batteries lithium-ion et les explosions de méthane. La digitalisation des procédures par des tablettes et des jumeaux numériques des navires réduit le temps de rédaction des rapports d’intervention, libérant du temps pour les missions opérationnelles. Les normes environnementales de la CSRD contraindront les SDIS maritimes à publier leur empreinte carbone. Le renforcement des coopérations transfrontalières via des projets européens comme PortSafe 2027 crée des opportunités d’échange avec les services homologues italiens et espagnols.
