Agrégé : fiche complète 2026
L’agrégation reste l’un des concours les plus sélectifs de la fonction publique, avec un taux de réussite qui oscille entre 10 et 20 % selon les disciplines. Ce titre donne accès à un statut particulier dans l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur, avec des missions d’enseignement renforcées et des perspectives de carrière distinctes de celles des professeurs certifiés. Le métier d’agrégé combine transmission de savoirs, participation à la vie des établissements et, parfois, recherche en laboratoire. En 2026, ce professionnel fait face à une évolution notable de son cadre de travail, notamment sous l’effet des outils numériques et de l’essor de l’intelligence artificielle générative.
Périmètre du métier et différences vs métiers proches
L’agrégé est un enseignant titulaire du concours de l’agrégation, recruté pour enseigner dans les lycées, les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) et les universités. Son service hebdomadaire est réduit par rapport à celui du professeur certifié : 15 heures de cours en lycée, contre 18 heures. Il peut également exercer en tant que PRAG (professeur agrégé) dans le supérieur, où son service est de 384 heures annuelles. La différence principale avec le professeur certifié (CAPES) réside dans la spécialisation disciplinaire renforcée, la participation possible à des jurys de concours et l’accès à un corps de catégorie A+ plus valorisé pécuniairement. Contrairement au maître de conférences, l’agrégé n’a pas de charge de recherche obligatoire, bien qu’il puisse en mener dans le cadre de laboratoires associés.
Cadre réglementaire 2026
Les agrégés relèvent du statut général de la fonction publique d’État, régi par le Code du travail pour ses dispositions relatives à la santé et à la sécurité au travail. Le règlement intérieur de chaque établissement définit les modalités d’utilisation des outils numériques et des données personnelles des élèves, en conformité avec le RGPD. Depuis 2024, l’AI Act européen impose aux établissements scolaires une évaluation des risques liés aux systèmes d’IA utilisés à des fins pédagogiques ou administratives, ce qui concerne directement les agrégés qui intègrent ces outils dans leurs préparations de cours. La directive CSRD, bien que ciblant principalement les entreprises, a des répercussions indirectes sur les appels d’offres publics des établissements, notamment pour les logiciels éducatifs. Enfin, la convention collective applicable est celle de la fonction publique d’État, sans numéro IDCC précis à retenir.
Spécialités et sous-métiers
L’agrégation se décline en plusieurs sections disciplinaires, chacune avec des débouchés spécifiques. En lettres classiques ou modernes, l’agrégé enseigne la grammaire, la littérature et les langues anciennes, avec une forte composante d’analyse textuelle. En mathématiques, il couvre l’algèbre, l’analyse et les probabilités, souvent en CPGE ou en licence scientifique. Les agrégés en sciences économiques et sociales (SES) interviennent en lycée et en classes préparatoires économiques et commerciales, avec une approche pluridisciplinaire. En langues vivantes étrangères, l’accent porte sur la linguistique, la civilisation et la traduction. Enfin, l’agrégation de philosophie, l’une des plus sélectives, conduit à des postes en lycée général ou en hypokhâgne.
Outils et environnement technique
- Environnements numériques de travail (ENT) : pronote, EcoleDirecte, iCampus.
- Logiciels de visioconférence : Zoom, Microsoft Teams, BigBlueButton.
- Outils bureautiques : Microsoft Office, LibreOffice (tableurs, traitements de texte, présentations).
- Plateformes de partage et de collaboration : Google Classroom, Moodle, ClasseIn.
- Outils IA générative : ChatGPT, Bing Copilot, Perplexity (pour préparer des exercices, des évaluations ou des contenus différenciés).
- Logiciels spécifiques selon discipline : GeoGebra (mathématiques), Antidote (rédaction), Anki (mémorisation), Labster (sciences expérimentales).
- Applications de gestion de classe : Classcraft, Nearpod, Quizizz.
Grille salariale 2026
| Profil | Paris et Île-de-France | Régions |
|---|---|---|
| Débutant (échelon 1-3) | 34 000 - 38 000 € | 32 000 - 36 000 € |
| Confirmé (5-10 ans d’ancienneté, échelon 4-6) | 39 000 - 45 000 € | 37 000 - 42 000 € |
| Sénior (plus de 15 ans, échelon 7-11) | 46 000 - 54 000 € | 43 000 - 50 000 € |
Les agrégés en CPGE et dans le supérieur perçoivent des primes supplémentaires (primes d’enseignement en classes préparatoires, indemnités de suivi et d’orientation). Les agrégés en poste dans les DOM-TOM bénéficient d’une majoration de traitement.
Formations et diplômes
L’accès à l’agrégation suppose un master (bac+5), généralement un master MEEF (métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) dans la discipline concernée, ou un master recherche. Les lauréats du concours effectuent une année de stage rémunérée en établissement, avant titularisation. Pour l’interne, il faut justifier de trois années d’enseignement en tant que fonctionnaire. Le concours externe est ouvert aux titulaires d’un master, d’un diplôme d’ingénieur ou d’un doctorat. Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) littéraires et scientifiques offrent une préparation spécifique, mais ne sont pas obligatoires. Aucun numéro RNCP précis n’est associé au titre d’agrégé, qui reste un concours de la fonction publique.
Reconversion vers ce métier
- Professeur certifié en reconversion : peut présenter l’agrégation interne après trois ans d’ancienneté. Le passage de cette voie est fréquent et valorisé par un dossier professionnel.
- Salarié du privé avec une expertise disciplinaire : un ingénieur souhaitant enseigner les mathématiques ou la physique peut passer le concours externe après obtention d’un master adapté. La passerelle existe mais exige une remise à niveau pédagogique (via une formation en IUFM ou ESPE).
- Doctorant ou docteur sans poste universitaire : peut candidater à l’agrégation externe avec dispense de master, sous réserve d’avoir soutenu sa thèse. La voie est devenue plus accessible depuis la revalorisation des corps.
Exposition au risque IA
Avec un score de 58 %, l’exposition de l’agrégé au risque d’automatisation par l’IA est modérée. L’IA générative peut déjà produire des contenus pédagogiques cohérents, corriger des copies simples ou générer des exercices personnalisés. Cependant, le cœur du métier d’agrégé l’interaction en classe, la différenciation pédagogique adaptée à chaque élève, l’évaluation qualitative des dissertations et le développement de l’esprit critique reste difficilement automatisable. Les tâches les plus exposées sont celles liées à la préparation de supports standards et à la correction de questions fermées. À l’inverse, la conception de séquences innovantes, l’encadrement de projets interdisciplinaires et le tutorat individuel deviennent des compétences de plus en plus stratégiques face à l’essor des IA éducatives.
Marché de l’emploi
Le recrutement des agrégés reste soutenu dans plusieurs disciplines, notamment en mathématiques, en physique-chimie et en lettres modernes, secteurs régulièrement en tension dans l’académie de Créteil, de Versailles et dans les DOM-TOM. Les CPGE et les classes préparatoires aux grandes écoles continuent de recruter majoritairement des agrégés, de même que les universités pour les postes de PRAG. Le nombre de postes ouverts aux concours a connu une hausse modérée ces dernières années, porté par des départs massifs à la retraite et la politique de revalorisation des carrières enseignantes. Les régions qui concentrent le plus d’offres sont l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie, mais les besoins existent sur l’ensemble du territoire. Les établissements privés sous contrat recrutent également des agrégés, souvent avec des conditions salariales légèrement inférieures.
| Type d’établissement | Part estimée des agrégés | Tendance du recrutement |
|---|---|---|
| Lycées généraux et technologiques | 55-60 % | Stable |
| Classes préparatoires aux grandes écoles | 20-25 % | Légère hausse |
| Universités (PRAG) | 10-15 % | Stable |
| Établissements privés sous contrat | 5-10 % | Hausse modérée |
Certifications et labels reconnus
Le titre d’agrégé lui-même est un concours national, sans certification complémentaire obligatoire. Toutefois, plusieurs labels sont valorisés dans le cadre de l’évolution de carrière : la certification Qualiopi pour les formateurs d’adultes, le label « Europass » pour la mobilité européenne via le programme Erasmus+, et la certification ISO 9001 pour les établissements engagés dans une démarche qualité (peu courante dans le public, mais présente dans certains lycées privés). Le certificat CLES (Certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur) peut être un atout pour candidater à des postes internationaux ou dans les sections européennes.
Évolution de carrière
À 3 ans, un agrégé titularisé peut demander une mutation vers un établissement plus proche de son domicile ou dans une académie plus attractive. Certains intègrent une CPGE après quelques années d’ancienneté. À 5 ans, il est possible de devenir tuteur de stagiaires, membre de jurys de concours ou formateur au sein des ESPE (actuels INSPE). Les agrégés peuvent aussi postuler à des postes d’inspecteur pédagogique régional (IPR) ou de chef d’établissement après réussite à des concours internes. À 10 ans, une carrière dans l’administration de l’éducation nationale (rectorat, direction académique) ou l’enseignement supérieur (responsable de département universitaire) s’ouvre aux plus mobiles. Une minorité d’agrégés s’oriente vers la recherche en laboratoire, notamment dans les disciplines scientifiques.
Perspectives du métier
L’intégration des outils d’IA générative dans les pratiques pédagogiques va s’accélérer, poussant les agrégés à développer des compétences en évaluation critique des contenus produits par ces systèmes. La réforme du lycée et des voies technologiques, en cours de déploiement, pourrait modifier les volumes horaires par discipline et créer de nouveaux besoins en biologie-écologie, numérique et sciences de l’ingénieur. Les départs en retraite des baby-boomers maintiendront une pression de recrutement forte, et l’essor des cours à distance et des dispositifs hybrides ouvre des perspectives d’emploi complémentaire dans la formation professionnelle continue. La mobilité internationale via les programmes Erasmus+ et eTwinning devient un levier de carrière plus systématique pour les agrégés maîtrisant plusieurs langues.
