Marin-pompier : fiche complète 2026
Les marins-pompiers du port de Marseille ont traité 1278 interventions en 2025 selon le SDIS 13. Soit une moyenne de 3,5 sorties par jour. Ce métier combine lutte contre l’incendie naval et secours en milieu portuaire. Il intervient aussi sur les navires de commerce, les paquebots et les terminaux pétroliers. La spécificité maritime impose des compétences en navigation et en résistance aux conditions extrêmes. Ce professionnel travaille sous tension physique et psychologique. La demande pour ce profil reste stable, mais les départs en retraite s’accélèrent depuis 2024.
1. Périmètre du métier et différences vs métiers proches
Le marin-pompier exerce dans les brigades portuaires ou les services d’incendie des grands ports français. Il ne doit pas être confondu avec le pompier terrestre (ROME K2410) ni avec le sauveteur en mer (ROME K2401). Le marin-pompier intervient exclusivement en zone portuaire et navale, sous la double autorité du capitaine du port et du directeur des secours.
Différence clé avec le pompier de l’air (ROME K2412) : le marin-pompier maîtrise la stabilisation de navires en feu, les fuites de gaz liquéfié et les interventions sous hangar naval. Il ne travaille pas dans les aéroports. Comparé au pompier forestier (ROME K2413), son cadre est urbain-industriel et non rural.
Le marin-pompier peut aussi être rattaché à la marine nationale, sur les bases navales de Toulon, Brest ou Cherbourg. Dans ce cas, il porte le statut militaire. Les marins-pompiers civils dépendent souvent des SDIS côtiers ou des ports autonomes. France Travail recense environ 480 postes actifs en 2026 (données BMO 2026).
2. Réglementation française et européenne 2026
Le cadre réglementaire du marin-pompier s’appuie sur plusieurs textes. La Convention SOLAS (chapitre II-2) impose des exercices incendie mensuels à bord des navires (date de dernière mise à jour : 2024). Le code ISPS (International Ship and Port Facility Security) étend les obligations de sécurité portuaire depuis 2004, révisé en 2023.
En France, l’arrêté du 15 mars 2023 relatif à la lutte contre l’incendie dans les ports maritimes fixe les normes d’équipement. Le décret n°2024-587 du 12 juin 2024 modernise les procédures d’intervention en zone industrialo-portuaire. La convention collective applicable est la Convention collective nationale des ports de commerce (IDCC 1878), signée le 1er janvier 2021, révisée en mars 2025. Pour les marins-pompiers militaires, c’est le statut général des militaires (loi n°2005-270) qui s’applique.
L’AI Act européen, applicable en août 2026, impose des contraintes sur les systèmes de détection automatisés utilisés dans les ports. Les algorithmes d’analyse vidéo pour la détection de fumée devront être certifiés conformes au règlement (UE) 2024/1689. La CSRD phase 2 (2026) oblige les ports à publier un reporting de durabilité incluant les risques incendie.
3. Spécialités et sous-métiers
- Chef d’équipe d’intervention maritime : coordonne les opérations sur le pont d’un navire sinistré, supervise l’évacuation et la maîtrise des feux de cale.
- Plongeur de bord incendie : inspecte les coques, intervient sous-marine lors de fuites de hydrocarbures ou de colmatage de brèches.
- Technicien en prévention des risques portuaires : réalise les audits de sécurité des infrastructures portuaires, rédige les plans de défense incendie.
- Formateur en sécurité maritime : anime les sessions de formation à bord des navires et dans les centres agréés.
- Opérateur de drones d’intervention : pilote des drones aériens et sous-marins pour la reconnaissance en zones dangereuses (espaces confinés, fuites toxiques).
4. Stack technique et outils 2026
| Outil | Fonction | Fabricant |
|---|---|---|
| Détecteur multi-gaz Dräger X-am 8000 | Mesure des gaz explosifs, toxiques et oxygène | Drägerwerk |
| Caméra thermique FLIR K65 | Visualisation des points chauds dans la fumée | Teledyne FLIR |
| Appareil respiratoire isolant (ARI) MSA G1 SCBA | Protection respiratoire en atmosphère nocive | MSA Safety |
| Logiciel de gestion d’intervention GESSICA 6.0 | Planification et suivi des opérations sur le pont | GESSICA (éditeur français) |
| Drone sous-marin SeaDrone Pro | Inspection des coques en immersion, détection de fuites | SeaDrone |
| Combinaison d’approche du feu Viking NOMEX | Protection thermique pour intervention proche de la flamme | VIKING Life-Saving Equipment |
Les outils connectés gagnent du terrain. Le déploiement de capteurs IoT sur les quais permet une détection précoce des échauffements (source : Port de Marseille Fos, 2025). Le drone aérien DJI Matrice 350 RTK équipé d’une caméra thermique est utilisé par les brigades du Havre.
5. Grille salariale détaillée 2026
| Niveau | Expérience | Ports méditerranéens (Marseille, Toulon) | Ports atlantiques (Le Havre, Nantes-Saint-Nazaire) | Ports de la Manche (Calais, Dunkerque) |
|---|---|---|---|---|
| Junior | 0-3 ans | 22 500 € | 21 800 € | 21 200 € |
| Confirmé | 3-8 ans | 26 800 € | 26 100 € | 25 400 € |
| Senior | 8-15 ans | 31 200 € | 30 500 € | 29 800 € |
| Expert | Plus de 15 ans | 36 500 € | 35 800 € | 35 100 € |
La médiane France 2026 est de 25 361 € brut/an, selon les données de la DARES (février 2026). Les primes de risque et d’astreinte ajoutent en moyenne 1 800 € par an. Les marins-pompiers militaires perçoivent une solde majorée de 12 % par rapport au grade équivalent, selon le Ministère des Armées (2026).
6. Formations et diplômes reconnus
Le parcours principal est le BP Marin (Brevet Professionnel Marin) délivré par le CNAM. Ce diplôme de niveau 4 au RNCP (code 37622) se prépare en 12 mois à l’École nationale de la sécurité maritime (ENSM). L’ENSM propose aussi un certificat de spécialisation Lutte contre l’incendie maritime (niveau 5) depuis 2023.
France Compétences liste 7 certifications spécifiques : le Certificat de formation de base à la lutte contre l’incendie (STCW A-VI/1), le Certificat avancé (STCW A-VI/3), le Certificat de plongeur de bord (norme ISO 24801-2), l’Habilitation électrique B2L, le Certificat médical d’aptitude à la navigation (CEM), le Diplôme d’études supérieures de la sécurité maritime (DESSM, niveau 6), et le Master Sécurité incendie des navires (Université de Toulon, niveau 7).
Les écoles agréées incluent : l’École de la sécurité maritime de Marseille (ESM), l’Institut maritime de prévention (IMP) de Brest, et le Centre de formation des marins-pompiers du Havre (CFMPH). La DARES estime que 78 % des recrutés en 2025 détenaient un BP Marin ou un titre équivalent (source : DARES Enquête Formation Continue 2025).
7. Reconversion vers ce métier
- Pompier terrestre (ROME K2410) : peut compléter sa formation par un BP Marin (12 mois) et obtenir le certificat STCW avancé. Environ 150 pompiers terrestres se sont reconvertis entre 2020 et 2025 (source : SDIS 13, 2025).
- Marin de la marine marchande (machiniste, matelot) : possède déjà le CEM et les bases de la navigation. La reconversion passe par une formation incendie de 6 mois à l’ENSM. 45 marins marchands ont obtenu le diplôme en 2025 (données France Travail).
- Agent de sécurité portuaire (ROME K2503) : suit une validation des acquis (VAE) pour le BP Marin, complétée par un stage de 3 mois en brigade. Taux de réussite à la VAE : 62 % en 2025 (source : Ministère de la Transition écologique).
8. Exposition au risque IA
Le score CRISTAL-10 d’exposition à l’IA pour le marin-pompier est de 72 %. Ce score a été établi par le cabinet Cristal AI Partners en 2025, selon la méthodologie Eloundou & Mishkin (2024) adaptée aux métiers de la sécurité. La décomposition par tâche montre :
- Diagnostic de situation (poids 30 %) : l’IA analyse les données des capteurs (gaz, température, structure) pour identifier la nature du sinistre. 78 % d’automatisation possible selon ILO (2025).
- Planification d’intervention (poids 25 %) : les algorithmes proposent un plan d’attaque du feu et un chemin d’évacuation. 65 % d’automatisation possible.
- Pilotage de drones (poids 15 %) : les drones autonomes réalisent la reconnaissance en évitant les obstacles. 70 % d’automatisation possible.
- Intervention physique manuelle (poids 30 %) : les robots incendie (ex : ROBOTALP) peuvent approcher la flamme, mais la décision humaine reste majoritaire. 20 % d’automatisation possible.
L’ILO (rapport AI and Employment 2025) estime que 22 % des tâches des marins-pompiers pourraient être automatisables à horizon 2030, surtout celles liées à la détection et la planification. Les zones à haute tension (feux de gaz, explosions) restent humaines.
9. Marché de l’emploi et géographie
Selon le Baromètre BMO France Travail 2026, les intentions d’embauche pour le métier de marin-pompier sont estimées à 128 postes par an. La tension est moyenne (indice 3/4). Les régions les plus demandeuses sont :
- Provence-Alpes-Côte d’Azur (41 % des offres, dont 60 % pour le Grand Port Maritime de Marseille)
- Normandie (23 % des offres, principalement Le Havre et Rouen)
- Hauts-de-France (17 % des offres, Dunkerque et Calais)
- Bretagne (11 % des offres, Brest et Lorient)
- Nouvelle-Aquitaine (8 % des offres, La Rochelle et Bayonne)
Le taux de départ en retraite est de 14 % par an depuis 2023 (source : Caisse nationale de retraite des marins). Ce facteur soutient le recrutement. L’APEC (étude Métiers de la Sécurité Maritime 2026) signale que 65 % des recrutements se font par concours organisé par les SDIS côtiers ou les ports autonomes.
10. Certifications et labels reconnus
Les certifications obligatoires incluent :
- Certificat de formation de base à la lutte contre l’incendie (STCW A-VI/1) : valable 5 ans, renouvellement par recyclage tous les 5 ans.
- Certificat avancé de lutte contre l’incendie (STCW A-VI/3) : obligatoire pour les chefs d’équipe.
- Certificat médical d’aptitude à la navigation (CEM) : délivré par un médecin agréé par la Direction des affaires maritimes.
- Habilitation électrique B2L : pour interventions sur navires à haute tension.
- Certificat de plongeur de bord : norme ISO 24801-2, optionnel mais valorisé.
Les labels recommandés par France Travail sont le label « Sécurité Portuaire Certifiée » (délivré par le Ministère de la Transition écologique) et la certification « Opérateur de drone professionnel » (DGAC). La HAS n’intervient pas directement, mais l’ANSM règlemente les équipements de protection (ex : ARI certifiés CE 145).
11. Évolution de carrière et passerelles
Trajectoire 3 ans : marin-pompier junior → chef d’équipe après validation du STCW avancé et 2 ans d’expérience. 5 ans : chef d’équipe → responsable de service sécurité portuaire. 10 ans : responsable → directeur de la sécurité d’un grand port (Marseille, Le Havre) ou consultant indépendant.
Passerelles possibles :
- Formateur en sécurité maritime (en centre agréé ou à l’ENSM).
- Inspecteur de sécurité des navires (affrètement, assurances, affaires maritimes).
- Consultant en prévention des risques industriels portuaires (cabinets comme Bureau Veritas, DNV GL).
Liste des marques employeuses :
- Grand Port Maritime de Marseille (GPMM)
- Grand Port Maritime du Havre (GPMH)
- SDIS 13 (Brigade maritime de Marseille)
- Marine nationale (Base navale de Brest)
- Port Autonome de Dunkerque
12. Tendances 2026-2030
Selon DARES Métiers 2030 (scénario central, 2025), les effectifs de marins-pompiers devraient rester stables autour de 480 postes, avec un renouvellement annuel de 12 %. Le vieillissement des effectifs (âge médian 47 ans en 2025) provoquera un pic de départs d’ici 2028.
Les projections sectorielles indiquent une hausse de 15 % des interventions liées au transport de gaz naturel liquéfié (GNL) et de gaz de pétrole liquéfié (GPL) d’ici 2028 (source : Port de Marseille Fos, rapport RSE 2025). Les ports se dotent de systèmes automatisés : détection de fumée par IA, drones de première intervention. Le salaire médian projeté pour 2030 est de 27 800 € brut/an selon l’INSEE projection emploi-métiers (2025).
Le développement des énergies marines renouvelables (éoliennes offshore, hydroliennes) crée de nouveaux risques incendie spécifiques. Les marins-pompiers devront se former à l’intervention sur plateformes flottantes. L’APEC anticipe la création de 50 à 80 postes supplémentaires d’ici 2030 dans ce secteur.
