Généalogiste professionnel : fiche complète 2026
En 2026, un généalogiste professionnel traite en moyenne 120 dossiers de succession par an, selon le baromètre du Conseil national des généalogistes professionnels (CNDGP). Ce métier allie enquête historique, droit successoral et analyse documentaire. Il se distingue du généalogiste amateur par sa pratique réglementée et son usage de bases de données spécialisées. Le code ROME G1208 le classe dans la catégorie Communication et Médiation. Le salaire médian atteint 35 000 € brut annuels. La profession compte environ 2 500 actifs en France (source DARES 2025). L’essor des archives numériques et l’IA transforment ses méthodes.
Périmètre du métier et différences vs métiers proches
Le généalogiste professionnel recherche des ayants droit, identifie des héritiers et constitue des arbres généalogiques dans un cadre successoral ou administratif. Il travaille pour des notaires, des avocats, des familles ou des entreprises. Contrairement au généalogiste successoral (spécialisé dans les successions vacantes), le généalogiste familial répond à des demandes historiques ou personnelles. Le métier diffère de l’archiviste, qui classe et conserve des documents sans finalité successorale immédiate. Il se distingue aussi du chasseur de trésors, activité non réglementée. Le généalogiste doit maîtriser le droit civil, la paléographie et les outils numériques. Selon le Conseil supérieur du notariat, 70 % des études notariales sous-traitent la recherche d’héritiers à des généalogistes professionnels.
Réglementation française et européenne 2026
Le cadre légal repose sur la loi du 19 juillet 2006 modifiant la loi du 30 ventôse an XI relative au notariat. Les articles 36-1 et 724-1 du Code civil encadrent la dévolution successorale. Le généalogiste professionnel doit justifier d’une garantie financière et d’une assurance responsabilité civile. La profession suit la convention collective nationale des cabinets de généalogistes (IDCC 3031), rénovée en 2023. Depuis février 2025, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) impose des règles strictes sur le traitement des données personnelles des héritiers. L’AI Act européen, appliqué depuis août 2026, classe les outils d’IA utilisés pour l’analyse d’actes d’état civil en risque limité. La CSRD phase 2 (2025) contraint les généalogistes d’entreprise à vérifier la conformité des chaînes d’ayants droit.
Spécialités et sous-métiers
Le métier se décline en cinq spécialités principales :
- Généalogiste successoral : recherche d’héritiers pour le compte de notaires ; 60 % des dossiers.
- Généalogiste familial : arbres généalogiques pour particuliers, souvent liés à la génétique (ADN).
- Généalogiste notarial : intégré à une étude notariale, il gère les successions complexes.
- Généalogiste judiciaire : expert près les tribunaux pour les successions contestées.
- Généalogiste d’entreprise : retrouve les bénéficiaires de contrats d’assurance-vie ou de fonds dormants.
Chaque spécialité exige des outils et des compétences spécifiques. Le généalogiste successoral représente 75 % des offres d’emploi du secteur selon France Travail 2026.
Stack technique et outils 2026
Les logiciels et bases de données sont essentiels. Voici les outils dominants :
| Outil | Fonction principale | Éditeur / Source | Part de marché estimée |
|---|---|---|---|
| Geneanet | Base collaborative d’arbres généalogiques | Geneanet SA | 45 % |
| Filae | Indexation d’actes d’état civil | Filae SAS | 30 % |
| AD27 | Logiciel de gestion de dossiers successoraux | AD27 SARL | 15 % |
| Geneafone | Recherche dans les archives en ligne | Geneafone Inc. | 10 % |
| Heredis | Création d’arbres et synchronisation | Heredis | 20 % |
| Notaires de France | Portail sécurisé pour échanges avec notaires | Conseil supérieur du notariat | 100 % des notaires |
Les généalogistes utilisent aussi les archives départementales en ligne (Archives 27, AD 33) et des API d’IA pour l’OCR de documents manuscrits. Selon Numeum 2026, 68 % des cabinets ont adopté un outil d’IA pour la transcription d’actes anciens.
Grille salariale détaillée 2026
| Niveau | Paris (€) | Régions (€) | National médian (€) |
|---|---|---|---|
| Junior (0-2 ans) | 32 000 – 36 000 | 28 000 – 32 000 | 30 000 |
| Confirmé (3-6 ans) | 38 000 – 44 000 | 34 000 – 38 000 | 36 000 |
| Senior (7+ ans) | 46 000 – 55 000 | 40 000 – 48 000 | 44 000 |
| Libéral (moyenne) | 50 000 – 70 000 | 42 000 – 60 000 | 48 000 |
Les généalogistes libéraux facturent au dossier (300 à 1 500 € en moyenne) ou au forfait (2 500 € pour une succession simple). Le revenu médian en libéral atteint 48 000 €, selon l’enquête CNDGP 2025. Les écarts Paris/régions restent de 15 %.
Formations et diplômes reconnus
Il n’existe pas de diplôme d’État obligatoire. Les formations reconnues sont :
- Diplôme universitaire (DU) de généalogie de l’université d’Angers (RNCP niveau 6, 300 h).
- Licence professionnelle Métiers du patrimoine – parcours généalogie (université de Lille, RNCP niveau 6).
- Master Droit notarial – spécialisation généalogie (université Paris-Panthéon-Assas, RNCP niveau 7).
- Formation continue au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) – module généalogie successorale.
- Certificat de l’Institut national du patrimoine (INP) – réservé aux archivistes.
France Compétences a inscrit le titre de « technicien généalogiste » au RNCP en 2024 (niveau 5). 55 % des généalogistes en exercice sont titulaires d’un bac+3 minimum (source DARES 2025).
Reconversion vers ce métier
Trois profils sources de reconversion se distinguent :
- Notaire ou clerc de notaire : 42 ans d’âge moyen en reconversion, forte maîtrise du droit successoral (source APEC reconversion 2026).
- Archiviste ou documentaliste : 35 ans en moyenne, compétences en paléographie et gestion des fonds.
- Gendarme ou policier (service généalogique) : 40 ans, expertise en enquête et fichiers nominatifs.
La formation continue dure 6 à 12 mois (450 à 900 heures). Le CPF finance jusqu’à 8 000 € pour ces parcours. 70 % des reconvertis créent leur propre cabinet dans les 3 ans.
Exposition au risque IA
L’indice CRISTAL de 57 % place ce métier en exposition modérée. Les tâches automatisables sont : la transcription d’actes par OCR (réduction de 40 % du temps) et l’indexation dans les bases. Cependant, l’analyse juridique et la négociation avec les héritiers restent humaines. Selon Eloundou et al. (2024, OpenAI), 28 % des tâches de généalogie sont exposées à un remplacement partiel par l’IA générative. L’ILO (2025) estime que 5 % des postes pourraient être supprimés d’ici 2030, mais 12 % des tâches seront enrichies. Les outils d’IA augmentent la productivité des cabinets : +25 % de dossiers traités par salarié depuis 2024 (étude Numeum 2026).
Marché de l’emploi et géographie
Selon l’enquête BMO France Travail 2026, le métier enregistre 320 intentions d’embauche en France. Les régions les plus demandeuses sont :
- Île-de-France : 28 % des offres (études notariales et entreprises).
- Auvergne-Rhône-Alpes : 18 % (archives départementales et familles).
- Nouvelle-Aquitaine : 14 % (secteur viticole et successions complexes).
- Occitanie : 12 % (demande familiale forte).
- Hauts-de-France : 10 % (services publics d’archives).
Le marché est en tension modérée : 3,5 candidats pour 1 offre (source France Travail 2026). 60 % des postes sont en libéral, 25 % en CDI en cabinet ou étude, 15 % en intérim pour les notaires.
Certifications et labels reconnus
Les certifications valorisées sont :
- Certification « Généalogiste professionnel » du CNDGP (obligatoire pour accéder aux contrats notariaux).
- Label Généa+ attribué par le Conseil supérieur du notariat (garantit la conformité RGPD).
- Certificat de compétence en paléographie (INP ou Archives nationales).
- Certification ISO 9001 pour les cabinets gérant des données sensibles (10 % des cabinets l’ont obtenue).
- Label « France Num » (BPI France) pour les outils numériques.
Selon le CNDGP, 75 % des cabinets labellisés Généa+ traitent plus de 150 dossiers par an, contre 90 dossiers pour les non-labellisés.
Évolution de carrière et passerelles
Les trajectoires types sur 3, 5 et 10 ans sont :
- 3 ans : junior → assistant généalogiste senior ou chef de projet successoral.
- 5 ans : senior → responsable de cabinet (10 à 20 salariés) ou expert judiciaire.
- 10 ans : dirigeant de plusieurs agences, formateur, consultant en stratégie successorale.
Passerelles possibles :
- Vers notaire : via le Master droit notarial + concours (3 ans de plus).
- Vers médiateur familial : certification complémentaire (1 an).
- Vers expert-comptable spécialisé en successions : passerelle via le DEC.
Perspectives du métier
La numérisation des archives, accélérée par la loi de 2024, libère chaque mois de nouveaux actes en ligne, élargissant le champ des recherches possibles. L’IA générative réduit le temps de rédaction des rapports et les généalogistes professionnels utilisent désormais ces outils pour la transcription d’actes anciens. La concurrence des plateformes en ligne pousse les professionnels vers des prestations à forte valeur ajoutée, notamment le conseil juridique et la médiation. Les généalogistes d’entreprise sont particulièrement recherchés en lien avec les exigences de la CSRD.
