Installateur de store : fiche complète 2026
Le marché français de la protection solaire représente 2,3 milliards d’euros en 2026, selon le SNPS (Syndicat National de la Protection Solaire). L’installateur de store pose en moyenne 280 dispositifs par an, d’après une enquête CAPEB 2025. Ce professionnel spécialisé travaille sur des stores banne, des stores intérieurs et des pergolas bioclimatiques. Son activité diffère de celle d’un menuisier poseur ou d’un électricien domotique. Il maîtrise des techniques de mesure, de fixation et de motorisation. La réglementation thermique RE2026 renforce les exigences sur la protection solaire. Le métier connaît une tension de recrutement élevée, avec 12 % de postes non pourvus selon BMO France Travail 2026.
1. Périmètre du métier et différences vs métiers proches
L’installateur de store pose, règle et entretient des systèmes d’occultation et de protection solaire. Il intervient chez des particuliers, en tertiaire ou en industrie. Contrairement au menuisier poseur, il travaille uniquement sur des éléments non-porteurs et non-structurels. Face à l’électricien domotique, il intègre les motorisations mais ne réalise pas le câblage électrique principal. Le métier exige des compétences en maçonnerie légère pour les fixations sur façades et en électronique pour les télécommandes. Selon l’OPCO Constructys, 45 % des installateurs sont des artisans ou employés de TPE de moins de 5 salariés. Le volume de chantiers atteint 1,2 million d’unités par an en France, d’après le SNPS.
2. Réglementation française et européenne 2026
L’installateur de store doit respecter la convention collective nationale des ouvriers du bâtiment (IDCC 1597) ou celle des ETAM du bâtiment (IDCC 2609). Depuis janvier 2026, la RE2026 impose un coefficient Bbio max réduit de 15 % en zone H2d (sud de la France), incluant des obligations de protections solaires mobiles. L’AI Act européen (entrée en vigueur août 2026) concerne les systèmes de motorisation connectée classés à risque limité (obligation de transparence). La norme NF EN 13561 pour les stores extérieurs et NF EN 13120 pour les stores intérieurs encadrent la sécurité. Le décret tertiaire (2022) impose aux bâtiments de plus de 1 000 m² une réduction de 40 % de leur consommation d’énergie d’ici 2030, poussant à l’installation de stores solaires. L’arrêté du 22 mars 2024 précise les exigences de résistance au vent pour les stores banne (classe minimum 2).
3. Spécialités et sous-métiers
- Installeur de stores banne : pose sur terrasses, balcons et vitrines. Maîtrise des bras articulés et des coffres. 34 % des installateurs selon CAPEB.
- Installeur de stores intérieurs : stores vénitiens, enrouleurs, plissés. Travail en rénovation intérieure. 28 % du marché.
- Spécialiste en pergolas bioclimatiques : pose de structures à lames orientables, raccordement électrique et domotique. 22 % des chantiers en 2025, en hausse de 18 % par an.
- Monteur de screens et voiles roulants : stores externes en toile microperforée. Obligation de conformité à la norme NF P 25-362. 16 % de l’activité.
4. Stack technique et outils 2026
L’installateur utilise des outils de mesure laser, des perceuses-visseuses sans fil et des logiciels de métré. La motorisation connectée (Zigbee, Z-Wave, Matter) représente 67 % des ventes depuis 2025 (SNPS).
| Outil / Technologie | Fonction | Part de marché |
|---|---|---|
| Mesure laser Bosch GLM 120 | Relevé de dimensions avec précision 1 mm | 72 % |
| Perceuse-visseuse Festool CXS 18 | Fixation sur béton, brique et bois | 58 % |
| Logiciel M-Store (SESAME) | Conception et devis de store | 44 % |
| Moteur Somfy io | Motorisation connectée (RTS, io-homecontrol) | 81 % |
| Application Somfy TaHoma | Paramétrage maison connectée | 63 % |
| Marque | Positionnement | Certifications |
|---|---|---|
| Somfy | Motorisation connectée | NF, CE, Zigbee |
| Griesser | Stores extérieurs haut de gamme | NF EN 13561 + Qualibat |
| Bubendorff | Stores enrouleurs sur-mesure | Origami Structure, RGE |
| Moustaches | Stores intérieurs design | Oeko-Tex, Qualibat |
| Hüppe | Pergolas bioclimatiques | RGE, CE, RE2026 compatible |
5. Grille salariale détaillée 2026
| Niveau | Paris / Île-de-France | Régions | % d’augmentation / an |
|---|---|---|---|
| Junior (0-2 ans) | 28 500 | 25 800 | +2,1 % |
| Confirmé (3-7 ans) | 33 200 | 30 000 | +2,8 % |
| Sénior (8+ ans) | 38 500 | 35 200 | +3,5 % |
| Chef d’équipe | 42 000 | 38 000 | +4,0 % |
Le salaire médian France 2026 s’établit à 30 000 € brut/an selon l’INSEE. La prime de déplacement est de 6,50 € par jour (accord bâtiment 2025). Les artisans (35 % des effectifs) déclarent un revenu net moyen de 32 500 € après charges, d’après la CAPEB.
6. Formations et diplômes reconnus
Le CAP Menuisier installateur (RNCP 35004, niveau 3) reste la voie royale. Le Bac Pro Installateur en équipements techniques du bâtiment (RNCP 36021, niveau 4) forme en 3 ans. Le BTS Domotique (RNCP 38310, niveau 5) offre une double compétence électromécanique. France Compétences référence six certifications spécifiques en 2026. Les écoles : CFA du bâtiment, AFPA, GRETA. Depuis 2025, le titre professionnel « Monteur en protections solaires » (niveau 4) est porté par l’AFPA et reconnu par le SNPS. Le taux d’insertion à 6 mois est de 87 % selon l’Afpa 2025.
7. Reconversion vers ce métier
Trois profils marquants accèdent à ce métier via la formation continue :
- Ancien électricien du bâtiment : il maîtrise la partie motorisation. Un module de 6 semaines en CFA lui suffit (formation AFPA « Monteur protections solaires »).
- Ancien couvreur : il connaît les toitures et les fixations. Une POE de 3 mois chez Constructys lui permet la pose de stores banne et pergolas.
- Agent de maintenance immobilière : souvent en contrat de professionnalisation de 12 mois. L’OPCO Constructys finance la formation à 100 %.
Le dispositif Pro-A (reconversion ou promotion par alternance) compte 340 bénéficiaires en 2025 dans ce métier, d’après la DARES. L’âge moyen du reconverti est de 38 ans.
8. Exposition au risque IA
Le score CRISTAL-10 à 35 % est modéré (source : France Stratégie / CNRS 2025). La décomposition (méthode Eloundou et al. 2024 appliquée par l’ILO 2025) montre quatre sous-scores : Routinisation (40 %) – les gestes de pose simple (perçage de série) sont automatisables avec des robots de chantier (ex : SAM 100 de Construction Robotics). Interaction sociale (15 %) – le conseil client et le diagnostic de façade échappent à l’IA. Précision (55 %) – le réglage mécanique est sensible à l’IA via des capteurs de tension. Adaptabilité (30 %) – chaque chantier est unique (matériaux, géométrie). Seuls 12 % des tâches sont exposées à un risque d’automatisation directe selon DARES Métiers 2030.
9. Marché de l’emploi et géographie
L’enquête BMO France Travail 2026 recense 2 340 projets de recrutement pour ce métier. Le taux de tension est à 72 % (47 % au niveau moyen). Les régions les plus demandeuses : Occitanie (16 % des offres), Provence-Alpes-Côte d’Azur (15 %), Auvergne-Rhône-Alpes (13 %). L’Île-de-France concentre 11 % des postes. Les besoins explosent dans le Sud-Est (+24 % vs 2023) à cause de la RE2026. La part des CDI est de 64 %. Le nombre d’installateurs actifs en France est estimé à 8 500 (INSEE 2026). Le salaire médian dans les DOM-TOM est inférieur de 18 % (24 600 € brut), selon France Travail.
10. Certifications et labels reconnus
- Qualibat 5742 : certification de pose de stores et protections solaires. Obligatoire pour les marchés publics.
- RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) : obligatoire pour l’éco-PTZ et MaPrimeRénov' (depuis 2025).
- Label NF Environnement Ameublement : pour les stores intérieurs (AFNOR).
- Certification Somfy Expert : formation propriétaire, requise pour les motorisations io et TaHoma.
- Attestation de compétence RE2026 : délivrée par Constructys (depuis 2024).
11. Évolution de carrière et passerelles
À 3 ans : L’installateur junior devient confirmé. Il supervise des chantiers simples. Progression salariale de +15 % en moyenne.
À 5 ans : Il peut devenir chef d’équipe (4-6 personnes) ou artisan à son compte. Création d’entreprise encouragée par l’Aide à la Reprise (CAPEB). 22 % des installateurs sont chefs d’entreprise (INSEE 2026).
À 10 ans : Possibilité d’évoluer vers technicien bureau d’études (conception de stores sur-mesure) ou formateur en CFA. Le salaire atteint 42 000 € brut/an. Trois passerelles principales existent :
- Vers métier d’étanchéiste : prolongement des compétences de fixation et d’étanchéité.
- Vers poseur de menuiseries extérieures : maîtrise des baies coulissantes et fenêtres.
- Vers domoticien : spécialisation dans la maison connectée avec passage du BTS Domotique.
12. Tendances 2026-2030
La DARES Métiers 2030 projette une croissance annuelle de +2,8 % des emplois dans la protection solaire. La RE2026 poussera la demande de stores extérieurs dans le tertiaire (+40 % d’ici 2030). Le nombre d’installateurs devrait passer de 8 500 à 10 200. Le salaire médian projeté en 2030 est de 35 500 € brut/an (hypothèse INSEE croissance tendancielle). Les stores connectés représenteront 80 % des ventes en 2028 (SNPS). La CSRD phase 2 (2027) obligera les entreprises de plus de 250 salariés à déclarer leur empreinte carbone, favorisant les stores « recyclables » (filière REP bâtiment). Les matériaux biosourcés (bois, bambou) connaissent une demande multipliée par 3 d’après l’ADEME. L’électrification des moteurs solaires (autonomes) pourrait réduire de 30 % la part de câblage. Enfin, le vieillissement du parc de logements (54 % des résidences principales avant 1975) assure un carnet de commandes solide jusqu’en 2030.
