Ingénieur Mobilité Électrique
Périmètre du métier
L’ingénieur mobilité électrique conçoit des solutions de transport basées sur l’électrification. Il intervient sur les véhicules, les infrastructures de recharge et les systèmes de gestion d’énergie. En France en 2026, ce métier compte environ 8 500 professionnels selon France Travail. La croissance des immatriculations de véhicules électriques, +35 % en 2025 par rapport à 2024 (données AAA Data), soutient la demande. L’ingénieur travaille en R&D dans l’automobile, l’énergie ou les transports publics. Il coordonne des projets pluridisciplinaires mêlant électronique de puissance, génie électrique et logiciel embarqué.
Réglementation 2026
Le cadre réglementaire évolue rapidement. L’AI Act européen, applicable à partir de août 2026, classe les systèmes d’aide à la conduite électrique comme « à risque limité ». Les ingénieurs doivent certifier la conformité de leurs algorithmes (source : Parlement européen, AI Act 2024). La norme NF EN 61851-1 sur les bornes de recharge a été révisée en 2025. En France, la loi d’orientation des mobilités (LOM) impose l’équipement de bornes dans 100 % des parkings d’entreprise de plus de 20 places au 1er janvier 2026 (source : Ministère de la Transition écologique). Le décret tertiaire 2025 étend l’obligation aux copropriétés de plus de 10 logements. En 2025, seuls 62 % des parkings d’entreprise étaient conformes (Enedis, rapport 2025). L’ingénieur doit intégrer ces contraintes dès la phase de conception.
Spécialités du métier
- Ingénieur systèmes de charge – conçoit les bornes AC/DC, optimisation des temps de recharge (50 à 350 kW).
- Ingénieur batterie – travaille sur la chimie cellulaire, le BMS et le recyclage (partenariat avec Solvay et Veolia).
- Ingénieur véhicule électrique – intègre le groupe motopropulseur, gestion thermique, récupération d’énergie.
- Ingénieur smart grid – gère l’interaction entre le réseau électrique et les flottes de véhicules (V2G).
- Ingénieur homologation – vérifie la conformité normative (UN R100, ECE R134) et la sécurité incendie.
Outils du métier en 2026
- Simulation multiphysique : Ansys Twin Builder, Simcenter Amesim (électromagnétique + thermique).
- CAO électrique : EPLAN Electric P8, AutoCAD Electrical.
- Gestion de projet agile : Jira, Azure DevOps, couplés à des outils de traçabilité réglementaire.
- Logiciels de dimensionnement batterie : GT-Suite, COMSOL Multiphysics.
- Plateformes cloud IoT : AWS IoT Core, Azure Digital Twins pour le monitoring des bornes.
Grille salariale 2026
| Profil | 0-2 ans | 3-5 ans | 6-10 ans | 10+ ans |
|---|---|---|---|---|
| Ingénieur mobilité électrique | 36 500 € | 42 000 € | 49 000 € | 55 000 € |
| Chef de projet infrastructures | 38 000 € | 45 000 € | 52 000 € | 60 000 € |
| Expert batterie senior | 42 000 € | 50 000 € | 58 000 € | 68 000 € |
| Ingénieur smart grid | 37 000 € | 44 000 € | 51 000 € | 58 000 € |
| Responsable homologation | 39 000 € | 46 000 € | 54 000 € | 62 000 € |
Formations RNCP
| Code RNCP | Diplôme | Niveau | Établissement | Durée |
|---|---|---|---|---|
| RNCP38230 | Master ingénierie des systèmes électriques mobiles | Bac+5 | Centrale Nantes | 2 ans |
| RNCP37891 | Diplôme d’ingénieur spécialité véhicule électrique | Bac+5 | ESTACA | 3 ans |
| RNCP38540 | Mastère spécialisé mobilité électrique et décarbonée | Bac+6 | Arts et Métiers ParisTech | 1 an |
| RNCP37560 | Licence pro métiers de l’électricité et de l’énergie (parcours VE) | Bac+3 | IUT de Cachan | 1 an |
| RNCP39012 | Certificat de technicien supérieur en infrastructures de recharge | Bac+2 | AFPA / GRETA | 18 mois |
Reconversion vers le métier
La mobilité professionnelle vers l’ingénierie mobilité électrique est dynamique. 34 % des recrutés en 2025 venaient d’une autre spécialité (DARES, enquête Flux 2025). Les profils les plus recherchés sont les électroniciens, automaticiens et thermiciens. Le CPF mobilité électrique (financement France Travail) ouvre 2 500 places par an depuis 2024. Des formations courtes existent chez des opérateurs comme CESI ou IFP School. Le taux de placement à six mois est de 78 % (BMO 2025). Des passerelles existent depuis les métiers de la maintenance ferroviaire (SNCF) et de l’énergie (EDF). Les entreprises comme Renault, Stellantis et TotalEnergies recrutent sur contrat de professionnalisation.
Exposition à l’IA – CRISTAL-10
Le score CRISTAL-10 de 39, place ce métier en exposition modérée à l’IA. L’automatisation assiste la conception (génération de topologies de convertisseurs) mais ne remplace pas les arbitrages techniques. 70 % des tâches de simulation sont assistées par machine (McKinsey, rapport IA et emploi 2026). Cependant, l’ingénieur garde la main sur l’architecture système et la sécurité fonctionnelle. Les tests de conformité réglementaire restent manuels à 85 % (source : France Stratégie, note AI Act 2025). L’IA impacte surtout le dimensionnement des batteries (outils prédictifs), mais l’expertise terrain reste humaine. Les recruteurs valorisent la double compétence électrotechnique + data science.
Marché de l’emploi 2026
Les offres d’emploi pour ingénieur mobilité électrique ont augmenté de 42 % en deux ans (APEC, panel 2024-2026). France Travail (fusion ANPE-UNEDIC 2025) recense 1 200 postes ouverts en janvier 2026. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France et Occitanie concentrent 65 % des offres. Le salaire médian annoncé est de 42 000 € (APEC 2026). Les entreprises industrielles (Renault, Valeo, Safran) recrutent 500 ingénieurs par an cumulés. Les PME de la greentech (Electra, Izivia, Freshmile) représentent 30 % du marché. La part des CDI est stable à 82 % (source : DARES, indicateurs 2026). Les recrutements en R&D sur le stockage (batteries solides) progressent de 15 % par an.
Certifications professionnelles
- Certification « Electric Vehicle Infrastructure Training Program » (EVITP) – nécessaire pour les projets publics.
- Certification IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicule Électrique) niveau 4 – délivrée par Qualifelec.
- Certificat « Battery Systems Engineering » – MIT Professional Education (formations longue distance).
- Label « Ingénieur mobilité durable » – RNCP niveau 7, reconnu par France Compétences.
- Certification V2G (Vehicle-to-Grid) – norme ISO 15118, testée par le CEA et ENEA.
Évolution de carrière
Un ingénieur débutant peut devenir chef de projet en 4 à 6 ans (source : observatoire des métiers de l’automobile). Les parcours vers la direction technique sont possibles après 10 ans. La création d’entreprise dans l’infrastructure de recharge est une voie prisée : 120 start-up françaises en 2025 (France Mobilités Électriques). Le salaire d’un directeur R&D mobilité électrique dépasse 90 000 € annuels (APEC 2026). Les ingénieurs seniors s’orientent aussi vers l’expertise en normalisation (ISO, CEI). La mobilité vers l’étranger est forte : 18 % des postes en 2026 étaient basés hors de France (source : McKinsey Global Institute). Les doubles compétences (électricité + logiciel) offrent les meilleures perspectives.
Tendances 2026-2030
Le déploiement du V2G (Vehicle-to-Grid) sera obligatoire pour les bornes publiques neuves en France à partir de 2028 (projet de loi énergie-climat 2026). L’électrification des flottes de bus et de poids lourds représente un marché de 2,5 milliards d’euros en Europe en 2030 (McKinsey, 2026). Les batteries solides (Solid-State) remplaceront progressivement les lithium-ion : attentes de 20 % des ventes de VE en 2030. En France, le plan « France 2030 » alloue 800 millions d’euros à la chaîne de valeur batterie (source : Secrétariat général pour l’investissement). La maintenance prédictive des bornes (IA + IoT) devient un standard. L’ingénieur mobilité électrique devra maîtriser les nouveaux matériaux (graphène, LFP amélioré) et les standards de cybersécurité (ISO 21434). En 2026, le réseau de recharge français compte 150 000 points ouverts au public (Enedis, 2026). L’objectif 2030 est de 400 000 points. Les recrutements en génie civil associé (raccordement électrique) suivront la même courbe.
Sources : INSEE (enquête emploi 2025), DARES (BMO 2025, analyse des flux), APEC (enquête rémunération 2026), France Travail (données marché fusionnées), McKinsey Global Institute (rapport IA et emploi 2026), RNCP / France Compétences (répertoire 2025-2026), Enedis (observatoire de la recharge 2025-2026), AAA Data (immatriculations VE 2025), Parlement européen (AI Act 2024), Ministère de la Transition écologique (LOM 2026), Observatoire des métiers de l’automobile, France Mobilités Électriques.
