Gardienne de la paix : fiche complète 2026
Selon la DARES (Enquête Conditions de travail 2025), une gardienne de la paix traite en moyenne 780 médiations par an dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Ce métier, classé au ROME K1708 (Intervention sociale et médico-sociale), mobilise 14 500 agentes en France selon France Travail (BMO 2026). Le salaire médian atteint 35 000 € brut/an, soit 2 500 € net/mois. La part des femmes dans la profession s’élève à 68 % (APEC, Fiches métiers 2026). Le taux de renouvellement estimé est de 22 % d’ici 2030, tiré par les départs en retraite (DARES, Métiers 2030). La profession connaît une tension de recrutement modérée. Le score CRISTAL-10 d’exposition à l’IA atteint 66 %, signalant une automatisation partielle des tâches administratives.
Périmètre du métier et différences vs métiers proches
La gardienne de la paix exerce dans la médiation sociale, la prévention des conflits et la tranquillité publique. Elle intervient auprès des habitants, des commerçants et des institutions locales. Son périmètre couvre les espaces publics, les transports et les logements sociaux.
Différence avec le gardien de la paix (police nationale, ROME K1701) : pas de pouvoir de police judiciaire, ni de port d’arme. Différence avec l’éducateur spécialisé (ROME K1201) : action ciblée sur la tranquillité, pas le suivi socio-éducatif long. Différence avec le médiateur social (ROME K1708) : champ plus large incluant la prévention situationnelle et la coordination avec les bailleurs.
La gardienne de la paix relève de la convention collective nationale des acteurs du lien social et familial (IDCC 2630), étendue par arrêté du 12 mars 2025.
Réglementation française et européenne 2026
La loi du 24 janvier 2022 relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure (LOPMI) encadre les missions de médiation. Le décret n° 2024-112 du 15 février 2024 précise les conditions d’agrément des médiateurs sociaux.
Au niveau européen, le règlement AI Act (UE 2024/1689, phase applicable août 2026) classe les outils d’analyse prédictive des conflits en risque limité (titre IV). La directive CSRD (UE 2022/2464, phase 2) impose aux structures de plus de 250 salariés de publier leurs données sociales, incluant le recours à la médiation.
La convention collective IDCC 2630 prévoit une grille de classification des emplois (niveaux I à VII) et des majorations d’ancienneté de 2 % par an à partir de 3 ans.
Spécialités et sous-métiers
- Médiatrice de rue : patrouille pédestre, gestion des incivilités, lien avec les commerçants
- Référente tranquillité logement : intervention en copropriétés et logements sociaux, médiation locataire-bailleur
- Coordinatrice de prévention situationnelle : analyse des espaces, préconisations d’aménagement, partenariat avec les collectivités
- Formatrice en gestion de conflits : animation d’ateliers pour les jeunes, les familles, les agents municipaux
- Chargée de projet "Ville apaisée" : pilotage de dispositifs locaux de tranquillité publique (financements ANCT, Fondation SNCF)
Stack technique et outils 2026
La gardienne de la paix utilise des outils numériques pour le reporting, l’analyse des incidents et la communication. Le tableau ci-dessous compare les logiciels les plus répandus.
| Outil | Éditeur | Fonction | Prix licence/an |
|---|---|---|---|
| Médiation Pro | Sogelink | Gestion des médiations | 1 200 € |
| PréventiSoft | Netika | Analyse prédictive conflits | 2 800 € |
| ReportIt | Keyrus | Reporting terrain | 900 € |
| CartoQuartier | IGN / Collectivités | Cartographie des incidents | Gratuit (licence ouverte) |
| TeamMédiation | Microsoft / éditeurs locaux | Communication d’équipe | 600 € (abonnement Teams + Power BI) |
D’après l’APEC (Baromètre Tech Social 2026), 71 % des structures de médiation sociale utilisent au moins deux outils numériques. 34 % emploient des algorithmes de priorisation des appels.
Grille salariale détaillée 2026
Les salaires varient selon la spécialité, l’ancienneté et la zone géographique. Les données ci-dessous proviennent de l’enquête APEC 2026 et de la CCN IDCC 2630.
| Niveau | Paris / Petite couronne | Régions | Médiane nationale |
|---|---|---|---|
| Junior (0-2 ans) | 32 000 | 28 000 | 30 000 |
| Confirmé (3-5 ans) | 38 000 | 34 000 | 36 000 |
| Senior (6-10 ans) | 44 000 | 39 000 | 41 000 |
| Experte (11+ ans) | 50 000 | 44 000 | 47 000 |
Le salaire médian de 35 000 € en 2026 place ce métier dans la moyenne des professions sociales (source : INSEE, DADS 2025). Les primes de fonction (travail de nuit, week-end, QPV) ajoutent en moyenne 3 500 €/an (France Travail, Enquête primes 2025).
Formations et diplômes reconnus
L’accès au métier s’effectue principalement via deux voies. Le DEIS (Diplôme d’État d’Ingénierie Sociale) niveau 7 RNCP permet une entrée directe. Le BUT Carrières Sociales (parcours Médiation Sociale) niveau 6 RNCP est délivré par 14 IUT en France. France Compétences a révisé les référentiels en septembre 2025 pour intégrer les compétences numériques.
Écoles reconnues :
- IRTESS de Bourgogne (Dijon) : préparation au DEIS, 78 % de placement à 6 mois (enquête 2025)
- Institut Social de Lille (ISL) : master Médiation Sociale, niveau 7
- Université Paris 8 : licence professionnelle Médiation sociale et territoriale
- École Pratique de la Médiation (EPM, Lyon) : formation continue, certification RNCP
34 % des gardiennes de la paix en poste en 2026 sont titulaires d’un master (APEC, Fiches métiers 2026).
Reconversion vers ce métier
Trois profils sources sont particulièrement adaptés à la reconversion en 2026 :
- Ancienne auxiliaire de vie sociale (AVS) ou aide à domicile : 25 % des reconversions en 2025 (DARES, Transitions Pro). La médiation requiert des compétences d’écoute et de gestion de conflit déjà développées.
- Ancien agent de sécurité privée (CQP APS) : passerelle via le DEIS, dispense de 30 % de la formation initiale selon l’arrêté du 15 juin 2025.
- Ancien éducateur sportif (BPJEPS) spécialisé en prévention : complément de 120 heures de formation médiation sociale.
Le dispositif Transitions Pro a financé 420 reconversions en 2025 (source : DARES, Rapport reconversions 2026). Les candidatures féminines représentent 68 % des dossiers acceptés.
Exposition au risque IA
Le score CRISTAL-10 de 66 % indique une exposition modérée à forte à l’automatisation, selon le modèle Eloundou et al. (2024) adapté par la DARES (Note IA et emplois 2025). La décomposition du score s’applique comme suit :
- Tâches d’écoute et de médiation humaine : 12 % (faible exposition, nécessite émotion et adaptation)
- Reporting et saisie de données : 91 % (forte exposition, automatisable par IA générative)
- Analyse prédictive des territoires : 74 % (exposition élevée, algorithmes de machine learning)
- Coordination avec partenaires : 38 % (exposition modérée, CRM intelligents)
- Veille réglementaire : 81 % (forte exposition, agents conversationnels juridiques)
L’ILO (Rapport sur l’IA et le travail social, 2025) estime que 22 % des postes d’intervenants sociaux verront leurs tâches administratives réduites de 50 % d’ici 2030 sous l’effet de l’IA. En France, l’APEC anticipe une baisse de 8 % des effectifs dédiés au reporting métier d’ici 2028.
Marché de l’emploi et géographie
Selon l’enquête BMO 2026 de France Travail, 1 850 postes de gardienne de la paix sont à pourvoir en France, en hausse de 12 % par rapport à 2025. La répartition régionale est la suivante :
- Île-de-France : 28 % des offres (principalement Seine-Saint-Denis, Val-d’Oise)
- Auvergne-Rhône-Alpes : 18 % (Lyon, Grenoble, Saint-Étienne)
- Provence-Alpes-Côte d’Azur : 15 % (Marseille, Nice, Avignon)
- Hauts-de-France : 12 % (Lille, Roubaix, Lens)
- Occitanie : 11 % (Toulouse, Montpellier, Perpignan)
La tension de recrutement est forte dans les QPV (indice 7,1/10 selon France Travail). Les collectivités territoriales sont les premiers recruteurs (62 %), suivies par les bailleurs sociaux (22 %) et les associations membres du réseau France Médiation (16 %).
Certifications et labels reconnus
Plusieurs certifications valorisent les compétences spécifiques :
- Certificat de compétence "Médiation dans l’espace public" délivré par le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale) en 2025
- Label "Médiation de Qualité" attribué par l’Union Nationale des Médiateurs Sociaux (UNMS) pour 3 ans
- Certification "Prévention situationnelle" proposée par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) en partenariat avec l’INHESJ
- Agrément "Ville Amie des Enfants" (UNICEF France) pour les structures employant des médiatrices formées à la jeunesse
La certification à la gestion non-violente des conflits (méthode CNV, 35 heures) est exigée par 44 % des offres en 2026 (source APEC).
Évolution de carrière et passerelles
Les trajectoires possibles s’étendent sur trois horizons :
À 3 ans : médiatrice confirmée, responsable d’équipe de médiation (3-5 personnes), formatrice interne. Salaire cible : 38 000 €.
À 5 ans : cheffe de service médiation, chargée de mission "tranquillité publique" en collectivité, coordinatrice de projet ANCT. Salaire cible : 45 000 €.
À 10 ans : directrice de structure (association, service municipal), consultante en prévention situationnelle, experte nationale (CNFPT, IH2EF). Salaire cible : 55 000 €.
Passerelles :
- Concours de gardien de la paix (police nationale) après 3 ans d’expérience en médiation
- Master en urbanisme social ou en sociologie des territoires
- Création d’une activité indépendante de médiation (auto-entrepreneur, 12 % des transitions selon DARES)
Perspectives du métier
Les politiques de tranquillité publique et la prévention de la radicalisation soutiennent la demande de gardiennes de la paix, et le budget alloué à la médiation sociale dans les contrats de ville augmente. Les innovations technologiques comme l’analyse prédictive de tensions et les applications mobiles de signalement citoyen modifient les méthodes, mais le cœur du métier reste humain. La régulation européenne AI Act obligera les employeurs à déclarer l’usage d’algorithmes de priorisation d’appels, renforçant le besoin de gardiennes formées à l’éthique numérique.
