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MODÉRÉ · SCORE 35%TRANSPORT / LOGISTIQUE

Doctorant Contractuel

Verdict CRISTAL-10 v14.0 : Defend

Doctorant Contractuel - métier face à l’IA en 2026
35% exposition IAScore CRISTAL-10 v14.0

Chiffres clés 2026

27 600 €Salaire médian / an
29Offres live FT
20 500Intentions BMO 2026

Tension marché : 1.02% postes vacants (14 383 postes secteur DARES).

Source : France Travail / DARES BMO 2026 / INSEE TIC 2025. Données pack mises à jour 15 mars 2026.

Impact IA sur le métier

Automatisable par l’IA

  • Respecter les normes de sécurité dans toutes les interventions
  • Réceptionner des produits, des matières premières, vérifier la conformité d’une livraison
  • Charger, décharger, manutentionner des produits
  • Respecter les règles de Qualité, Hygiène, Sécurité, Santé et Environnement (QHSSE)
  • Matérialiser la zone de manutention pour travailler en sécurité en respectant les consignes données (sécurité, environnement…)

Reste humain

  • Manipuler un engin de manutention ou de chantier
  • Superviser le bon déroulement des opérations portuaires
  • En extérieur
  • En zone portuaire
  • Manipulation d’un engin, équipement ou outil dangereux

Compétences clés

Gestes et postures de manutentionMatériel de levageUtilisation d’engins de manutention non motorisés (transpalette, diable, ...)Normes de sécuritéRéglementation des douanesMaintenance de base des engins de manutentionSécurité des opérations de chargement et déchargementInterprétation de signauxRéaliser une opération de maintenanceVérifier le fonctionnement des appareils, effectuer la maintenance de premier niveau ou informer le responsable, le service maintenance en cas de dysfonctionnementsSuperviser le chargement et déchargement des bateauxOrganiser des opérations de manutention portuaireSélectionner et positionner le matériel et les élingues, treuils, ... selon la nature de la cargaisonContrôler et superviser la réalisation d’opérations de quai (chargement/déchargement des marchandises, expéditions)Effectuer la maintenance de premier niveau des outillages et des équipementsAssurer la sécurité du chargement

20 compétences ROME. Source : France Travail.

Carrière et formation

Formations RNCP

2 fiches disponibles. Top 4 :

  • RNCP35988 — CQP Opérateur de levage et manutention complexe en milieu industriel (Niveau 3)
  • RNCP42037 — CQP Ouvrier docker (Niveau 3)

Reconversion & CPF

Salaire détaillé

Voir grille junior/médiane/senior + méthodologie
NiveauMédian estiméP90 estiméBase
Junior (0-2 ans)19 320 €22 218 €0.70 × médian
Médian (3-7 ans)27 600 €31 739 €DARES+INSEE
Senior (8+ ans)34 500 €37 260 €1.25 × médian

Méthodologie : Médian = données DARES/INSEE salaires bruts annuels 2024-2025 pour le code ROME associé. Junior/Senior = extrapolations ratios standards (0.70x / 1.25x). P90 = niveau atteint par 10 % des supérieurs de la catégorie. Pour précision par expérience/secteur/région : consulter Michael Page, Robert Half, Talent.com.

Tendances 2026-2030

2026
20 500 intentions de recrutement (BMO France Travail).
2027
Eurobarometer : 21% des Français utilisent l’IA au travail, 49% craignent pour leur emploi.
2028
BPI France : 20% des PME adoptent IA générative, 35% planifient sous 12 mois.
2029
INSEE TIC : 5% du secteur adopte IA (vs 8% moyenne France).
2030
Le doctorant contractuel utilise l’IA pour accélérer la revue de littérature et générer des hypothèses, mais la conception originale de protocoles expérimentaux et l’interprétation critique des résultats restent ses compétences distinctives.

Freins adoption IA (BPI France 2024) : 42% citent le manque de compétences, 38% citent les coûts.

Questions fréquentes & sources

L’IA va-t-elle remplacer ce métier ?
Non. Avec environ 35% des tâches exposées, le métier se réorganise autour de ce que la machine ne couvre pas : le jugement, la validation et la relation humaine.
Quel salaire pour Doctorant Contractuel en 2026 ?
Médian estimé : 27 600 €/an brut. Source : France Travail (DARES et INSEE).
Quelle formation pour devenir doctorant contractuel ?
2 fiches RNCP disponibles (code ROME N3203). CPF + Pôle Emploi finançables. Voir la section Carrière ci-dessus.

Sources officielles

Metiers proches face a l IA

Analyse approfondie

Doctorante contractuelle : salaire, contrat, reconversion et perspectives 2025-2030

La doctorante contractuelle prépare une thèse de doctorat dans le cadre d’un contrat de travail de droit public, au sein d’une université ou d’un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST). Ce statut, régi par le décret n° 2009-464, garantit une rémunération mensuelle, une couverture sociale complète et un accès à la formation professionnelle. En 2025, le salaire brut minimal atteint 2 200 euros par mois, après plusieurs revalorisations successives depuis 2023.

Ce métier de la recherche publique française attire chaque année des milliers de candidates titulaires d’un master 2. Il s’inscrit dans un écosystème complexe : écoles doctorales, laboratoires CNRS, Inserm, INRAE, Inria, ANR, et dispositifs CIFRE. La voie académique offre une expertise de pointe, mais expose aussi à des tensions réelles : précarité post-thèse, santé mentale fragilisée, et marché des postes permanents sous pression.

1. Doctorante contractuelle, CIFRE ou allocation MESR : quelles différences ?

Trois grands dispositifs financent les thèses en France. Ils diffèrent par l’employeur, le lieu de travail et le montant de la rémunération.

Le contrat doctoral financé par le MESR

C’est la forme la plus courante. L’établissement public (université ou EPST) signe directement le contrat avec la doctorante. La thèse se déroule intégralement en laboratoire académique. Le financement provient du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) via une dotation attribuée à l’école doctorale. Depuis janvier 2025, le minimum légal est fixé à 2 200 euros brut par mois.

La CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche)

Gérée par l’ABG (Association Bernard Gregory), la CIFRE associe une entreprise privée, un laboratoire académique et une doctorante. La thèse se divise à parts égales : 50 % du temps en entreprise, 50 % en laboratoire. L’entreprise reçoit une subvention forfaitaire annuelle de 14 000 euros de l’ANR. La doctorante perçoit un salaire brut annuel minimum de 23 484 euros, soit environ 1 957 euros brut par mois, inférieur au contrat doctoral classique mais assorti de perspectives industrielles directes.

L’allocation spécifique MESR et les financements ANR

L’ANR (Agence Nationale de la Recherche) finance également des contrats doctoraux via ses projets de recherche. Ces contrats appliquent les mêmes barèmes que le contrat doctoral standard. Certains laboratoires complètent le financement via des ressources propres ou des partenariats régionaux (Régions, Europe Horizon).

Comparatif contrat doctoral / CIFRE / ANR (2025)
Critère Contrat doctoral MESR CIFRE Contrat ANR
Employeur Université ou EPST Entreprise privée Université ou EPST
Salaire brut min. 2025 2 200 €/mois 1 957 €/mois 2 200 €/mois
Lieu de travail Laboratoire académique 50 % entreprise, 50 % labo Laboratoire académique
Durée 3 ans 3 ans 3 ans (renouvelable 1 an)
Subvention entreprise Non 14 000 €/an (ANR) Non
Débouchés prioritaires Académique, EPST R&D privée, industrie Académique, EPST

2. Le contrat doctoral 3 ans (type 2025-2028) : structure et rémunération

Durée légale et prolongations

Le contrat doctoral standard dure 3 ans. Une prolongation d’un an est possible, sous conditions strictes validées par le directeur de thèse et l’école doctorale. Une seconde prolongation exceptionnelle peut être accordée sur justificatifs médicaux ou familiaux. La loi de programmation de la recherche (LPR 2020) a renforcé les voies de recours en cas de non-renouvellement abusif.

Rémunération brute 2025 et évolution

Le contrat doctoral signé en 2025 pour une période 2025-2028 offre un salaire brut de 2 200 euros par mois. À partir de janvier 2026, ce plancher passera à 2 300 euros brut mensuels. La rémunération nette s’établit autour de 1 750 à 1 800 euros selon la situation familiale et la mutuelle choisie. Des compléments sont possibles : missions d’enseignement, activités de diffusion scientifique, ou avenant de valorisation.

Missions d’enseignement intégrées

Le contrat doctoral peut inclure jusqu’à 64 heures équivalent TD par an de missions d’enseignement, rémunérées en supplément. Ces heures sont optionnelles et font l’objet d’un avenant explicite. Elles permettent d’acquérir une expérience pédagogique valorisée dans les dossiers de candidature MCF (maître de conférences).

3. Université vs EPST : CNRS, Inserm, INRAE, Inria

Les universités comme premier employeur

Les universités concentrent la majorité des contrats doctoraux. La doctorante est rattachée à une unité de recherche mixte (UMR) cosignée entre l’université et un EPST. Son contrat est signé par la présidence de l’université. L’école doctorale pilote l’attribution des contrats lors de concours annuels.

Le CNRS : organisme de recherche de référence

Le Centre National de la Recherche Scientifique recrute des doctorants contractuels dans ses propres unités ou via des conventions avec les universités. Les conditions d’emploi sont celles du décret de 2009. Les laboratoires CNRS couvrent toutes les disciplines : mathématiques, physique, chimie, SHS, sciences de la vie.

Inserm, INRAE et Inria : spécificités sectorielles

L’Inserm (santé, biologie médicale) recrute principalement via ses unités propres et mixtes avec les CHU. L’INRAE (agriculture, alimentation, environnement) propose des contrats en lien avec ses centres régionaux, souvent en partenariat CIFRE avec des coopératives ou des industriels de l’agroalimentaire. Inria (informatique, mathématiques appliquées) concentre ses recrutements sur l’IA, la cybersécurité et la modélisation numérique. Les conditions salariales sont identiques dans les quatre organismes.

Droits et protections communes

Quel que soit l’employeur (université ou EPST), la doctorante contractuelle bénéficie des mêmes garanties : congés annuels (45 jours), congé maternité, couverture maladie du régime général, accès à la formation professionnelle continue, et protection contre le licenciement abusif. Le syndicat Sauvons l’Université (SLU) et les sections syndicales locales accompagnent les recours en cas de conflit avec l’encadrant.

4. École doctorale et rôle de l’encadrant HDR

L’école doctorale : un cadre structurant

L’école doctorale (ED) accrédite le programme de thèse, attribue les contrats doctoraux lors de concours, et assure le suivi individuel des doctorants. En France, on dénombre environ 270 écoles doctorales réparties dans les universités et les EPST. Chaque ED définit un comité de suivi individuel (CSI) qui rencontre la doctorante une fois par an pour évaluer l’avancement et la qualité de l’encadrement.

Le directeur de thèse et l’obligation HDR

Le directeur ou la directrice de thèse doit obligatoirement être titulaire de l’habilitation à diriger des recherches (HDR). Cette habilitation s’obtient après plusieurs années de recherche post-doctorale et une soutenance devant jury. En pratique, certaines thèses sont codirigées : une chercheuse HDR assure la responsabilité formelle, tandis qu’un chercheur plus junior encadre le quotidien. Ce dispositif peut générer des tensions sur la paternité des publications.

Le comité de suivi individuel (CSI)

Institué par l’arrêté de 2016, le CSI est obligatoire. Il réunit deux membres extérieurs au laboratoire, sans lien de subordination avec la doctorante ni le directeur. Le CSI émet un avis annuel sur la progression de la thèse. En cas d’alerte (conflit d’encadrement, retard structurel), il peut saisir la direction de l’école doctorale. C’est un filet de sécurité institutionnel, mais son effectivité reste variable selon les disciplines et les établissements.

5. Salaire doctorante 2 100 à 2 300 € brut : historique et revalorisation

Historique des revalorisations depuis 2023

Pendant des années, le salaire brut du contrat doctoral restait bloqué autour de 1 758 euros mensuels, créant un écart croissant avec le coût de la vie. La Loi de Programmation de la Recherche (LPR) de novembre 2020 a imposé un calendrier de revalorisation pluriannuel.

  • 1er janvier 2023 : 2 044 euros brut par mois
  • 1er janvier 2024 : 2 100 euros brut par mois
  • 1er janvier 2025 : 2 200 euros brut par mois
  • 1er janvier 2026 : 2 300 euros brut par mois (annoncé)

Ces montants correspondent au plancher légal. Certains établissements ou laboratoires peuvent verser un complément via des ressources propres, des primes ou des missions complémentaires. Le salaire annuel brut 2025 s’établit à 26 400 euros brut, soit environ 21 000 euros net annuels selon la situation fiscale.

Comparaison avec d’autres statuts

Un maître de conférences débutant perçoit environ 2 800 euros brut par mois. Un ingénieur de recherche (IR) CNRS classe 2 débute à 2 600-2 800 euros brut. La doctorante contractuelle reste donc en dessous du seuil de ces statuts permanents, mais au-dessus du SMIC 2025 (1 801 euros brut). La revalorisation engagée réduit le décrochage, sans l’effacer.

Cotisations et couverture sociale

Le contrat doctoral est assimilé à un contrat de travail de droit public. Les cotisations patronales et salariales s’appliquent sur le salaire brut. La doctorante cotise à l’IRCANTEC pour la retraite, au régime général pour la maladie, et bénéficie de l’assurance chômage à l’issue du contrat. Ce cadre distingue nettement le contrat doctoral des anciennes allocations de recherche, qui ne donnaient pas droit aux ASSEDIC.

6. Formation requise : master 2 et concours école doctorale

Prérequis académiques

L’accès au contrat doctoral exige d’être inscrit en première année de doctorat depuis moins de six mois. Le diplôme préalable est un master 2 (ou équivalent reconnu), validé avec mention pour les candidatures aux contrats compétitifs. Certaines grandes écoles (ENS, polytechnique, agro) permettent un accès direct après le diplôme d’ingénieur ou la licence pour les parcours exceptionnels.

Concours au sein des écoles doctorales

L’attribution des contrats doctoraux passe par un concours organisé par l’école doctorale. Les candidats présentent un projet de thèse, un CV académique et des lettres de recommandation. Un jury composé de membres de l’ED auditionne les candidats et classe les dossiers. Le taux de sélection varie fortement selon la discipline : très concurrentiel en SHS (sciences humaines et sociales), plus accessible dans certains domaines scientifiques en tension de recrutement.

Compétences attendues

  • Maîtrise des méthodes de recherche propres à la discipline (protocoles expérimentaux, enquêtes terrain, modélisation)
  • Capacité à produire une revue de littérature critique et à positionner un problème scientifique original
  • Anglais scientifique opérationnel (rédaction d’articles, participation à des conférences internationales)
  • Autonomie dans la gestion du temps et des ressources, sous supervision du directeur de thèse

7. Reconversion : post-doc, industrie ou sortie de l’académique

La voie post-doc : étape quasi obligatoire

Après la soutenance, la grande majorité des docteurs souhaitant rester dans l’académique s’engagent dans un ou plusieurs contrats post-doctoraux. Ces CDD durent généralement de 12 à 24 mois. La LPR de 2020 a instauré une règle importante : seuls les docteurs ayant soutenu depuis moins de 3 ans peuvent postuler à des contrats post-doctoraux. Cette limite vise à réduire la précarité prolongée, mais crée aussi une pression temporelle intense.

Le passage en industrie : R&D privée

Une part significative des docteures bascule vers le secteur privé après la thèse. Les secteurs qui recrutent activement des PhD : pharmaceutique et biotech (Sanofi, Servier, Ipsen), agroalimentaire (Lactalis, Danone), numérique (data science, IA appliquée), conseil en stratégie et cabinets d’études. La CIFRE facilite cette transition en créant un pont dès la thèse. Pour les contrats MESR purs, la reconversion demande un travail de repositionnement actif du profil.

La disparition académique : un risque statistique

Seulement une fraction des docteures accèdent à un poste permanent (MCF, CR). Les données MESR indiquent que le marché académique absorbe environ 15 à 20 % des docteurs formés chaque année. Les autres quittent définitivement le milieu académique, vers l’industrie, la fonction publique hors ESR, ou l’enseignement secondaire. Cette réalité statistique est insuffisamment communiquée lors de l’entrée en thèse, selon SLU et les associations de jeunes chercheurs.

8. Risque IA : faible en recherche frontière, fort sur les postes post-doc

La recherche frontière reste difficile à automatiser

Les tâches typiques d’une doctorante contractuelle (formulation d’hypothèses nouvelles, design expérimental, interprétation de données inédites, rédaction critique) correspondent à des activités de cognition frontière. Les modèles de langage actuels accélèrent certaines tâches (revue de littérature, analyse préliminaire, mise en forme), mais ne remplacent pas le jugement scientifique. Le risque de substitution directe par l’IA reste faible à l’horizon 2030 pour ce profil.

L’IA accélère les thèses : pression et opportunité

Les outils d’IA (Semantic Scholar, Elicit, Perplexity Research, GPT-4o pour la synthèse bibliographique) réduisent le temps de revue de littérature et facilitent la rédaction des sections introductives. Cela génère une pression croissante : les directeurs de thèse s’attendent à des livraisons plus rapides. L’IA amplifie aussi les inégalités entre doctorants maîtrisant ces outils et ceux qui ne les utilisent pas.

Menaces sur les postes post-doc

Le vrai risque IA pour les chercheuses en début de carrière concerne les emplois post-doctoraux dans des domaines de traitement de données et de modélisation. Des tâches autrefois confiées à des post-docs (annotation de corpus, simulation paramétrique, analyse de données massives) sont progressivement automatisées. Cela réduit mécaniquement le nombre de contrats post-doctoraux disponibles dans certaines disciplines, aggravant la pression sur un marché déjà tendu.

9. Crise de vocation : le doctorat français en perte d’attractivité

Un déclin de 11 % en dix ans

À la rentrée 2023, 69 600 étudiants sont inscrits en doctorat en France, soit une baisse de 11,2 % par rapport au pic de 2012. Les primo-inscriptions reculent également : -4 % entre 2021-2022 et 2022-2023. France Universités a officiellement alerté le MESR sur cette tendance, la qualifiant de menace pour la souveraineté scientifique française.

Des disciplines inégalement touchées

Les sciences humaines et humanités enregistrent la baisse la plus sévère : -25 % sur la période 2012-2023. Les sciences de la société perdent 20 % de leurs effectifs sur la même période. Les disciplines scientifiques résistent mieux, mais le recul touche aussi les sciences du vivant (-0,7 % en 2023). La désaffection est donc transversale, même si elle frappe plus durement les lettres, langues et sciences sociales.

Les causes structurelles

Trois facteurs combinés expliquent ce recul. D’abord, un salaire longtemps trop bas par rapport aux alternatives privées pour les profils master 2 compétitifs. Ensuite, des perspectives académiques perçues comme fermées : peu de postes MCF ou CR disponibles chaque année. Enfin, un phénomène de réputation négative transmis par les doctorants en cours de thèse vers leurs pairs, alimenté par les témoignages de souffrance psychologique et de précarité.

10. Burnout doctorants : données et facteurs de risque

Des chiffres significativement supérieurs à la population générale

Les enquêtes récentes menées auprès des doctorants en France convergent vers des données préoccupantes. Selon le Réseau National des Collèges Doctoraux (RNCD), 54 % des doctorants se déclarent exposés au stress de manière régulière, et 50 % signalent un sentiment d’isolement. La prévalence de la dépression parmi les doctorants est estimée entre 12 et 24 %, contre 5 à 7 % en population générale. En cinq ans, le risque de développer une pathologie mentale a progressé de 31,8 % à 35,4 % dans cette population.

Facteurs de risque identifiés

  • Relation problématique avec le directeur ou la directrice de thèse (premier facteur de sortie prématurée)
  • Pression à la productivité (publications, conférences, livrables de projet ANR)
  • Syndrome de l’imposteur et doute sur ses compétences, particulièrement chez les femmes en sciences exactes
  • Incertitude radicale sur les débouchés académiques après 3 à 5 ans de formation spécialisée
  • Conditions matérielles précaires dans les grandes villes (loyer élevé, salaire net d’environ 1 750 euros)

Réponses institutionnelles

Plusieurs universités ont déployé des dispositifs de soutien psychologique dédiés aux doctorants. Le comité de suivi individuel joue un rôle de détection précoce. La CJC (Confédération des Jeunes Chercheurs), active jusqu’en juillet 2024 avant de cesser ses activités, avait publié des positions et recommandations sur la qualité de l’encadrement et les conditions de travail. Son arrêt reflète lui-même les difficultés de mobilisation collective dans un milieu marqué par la dispersion géographique et la précarité.

11. Évolution de carrière : post-doc, MCF/CR, secteur privé

Le post-doc : une étape, pas un statut

Le contrat post-doctoral n’est pas un grade mais un contrat temporaire. Sa durée légale maximum est de 6 ans cumulés dans le secteur public. La LPR a rationalisé ce cadre. Les post-docs permettent d’acquérir des publications supplémentaires, de créer un réseau international et de positionner un dossier MCF ou CR. Ils peuvent aussi mener à une offre industrielle directe si le laboratoire entretient des liens avec le secteur privé.

Maître de conférences (MCF) et chargé de recherche (CR)

Le concours MCF passe par la qualification CNU (Conseil National des Universités), puis le dépôt de candidatures sur les postes publiés dans le portail GALAXIE. Un poste MCF débutant est rémunéré environ 2 800 euros brut par mois, avec une progression possible jusqu’à 4 500 euros en fin de carrière. Le concours CR au CNRS, Inserm ou INRAE est équivalent en termes de sélectivité et ouvre des droits similaires. Ces postes offrent la titularisation, la stabilité et le droit à la mobilité interne.

Le secteur privé comme alternative valorisante

Un PhD est reconnu dans le secteur privé comme un signal fort de capacité à produire des connaissances nouvelles en autonomie. Les secteurs les plus demandeurs : data science et IA (45 000 à 70 000 euros annuels selon l’expérience), pharma et biotech, conseil en innovation, et cabinets d’études. La valorisation du doctorat par l’entreprise reste inférieure à ce qu’elle est en Allemagne ou aux États-Unis, mais progresse depuis la LPR de 2020 qui a introduit le dispositif DoctoralStart pour faciliter la mobilité public-privé.

12. Tendances 2026-2030 : réformes, IA et marché du travail PhD

Bilan de la LRU 2007 et réforme en cours

La loi Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) de 2007 visait à renforcer l’autonomie des établissements et leur attractivité internationale. Vingt ans après, le bilan reste nuancé. La France se classe dans le dernier tiers européen pour l’autonomie financière et la gestion des ressources humaines. La concurrence entre établissements a renforcé les inégalités entre universités bien dotées (Paris-Saclay, PSL, Sorbonne) et universités de proximité. La gouvernance s’est professionnalisée, mais les contraintes budgétaires pèsent sur les effectifs de doctorants financés.

Le doctorat européen et l’harmonisation MSCA

La convergence vers un modèle de doctorat européen harmonisé pousse les écoles doctorales françaises à ouvrir leurs recrutements à des candidates internationales. Les MSCA (Marie Sklodowska-Curie Actions) financent des thèses en cotutelle et des réseaux doctoraux transfrontaliers. Cette harmonisation augmente la concurrence, mais aussi la visibilité internationale des thèses soutenues en France.

L’IA accélère le rythme des thèses

Les outils d’IA générative modifient la production scientifique. La synthèse bibliographique automatisée, la génération de code d’analyse et la rédaction assistée réduisent le temps consacré à certaines phases. Cela crée une attente implicite d’accélération du côté des directeurs et des financeurs. Les commissions d’éthique des universités travaillent à des chartes d’usage de l’IA dans les thèses, mais aucun cadre national unifié n’existait encore en France début 2025.

Plateau du marché PhD et saturation sectorielle

Tendances marché docteurs France 2026-2030 (projections MESR)
Indicateur Situation 2025 Tendance 2026-2030
Postes MCF ouverts par an ~ 2 000 Stable à légère hausse
Docteurs diplômés par an ~ 15 200 Légère baisse (désaffection)
Délai médian thèse vers poste permanent 7 à 9 ans Réduction visée par LPR
Part PhD absorbés par le privé ~ 60 % Hausse (data, biotech, conseil)
Salaire contrat doctoral (plancher) 2 200 €/mois brut 2 300 € dès janvier 2026

Le marché du travail pour les PhD français atteint un plateau structurel. L’académique ne peut absorber qu’une fraction des docteurs formés. Le secteur privé prend le relais, mais la valorisation salariale reste en retard sur les standards nord-européens et américains. Les réformes en cours (LPR, harmonisation européenne, hausses salariales programmées) apportent des corrections, sans résoudre les tensions fondamentales d’un système qui forme plus de chercheurs qu’il n’en peut employer de façon pérenne.