En 2026, France Travail estime que 28 % des postes de chaudronnier naval restent non pourvus en moyenne nationale. Ce métier allie la transformation des métaux à la connaissance des contraintes maritimes. Il exige une maîtrise des techniques de formage, de soudage et d’assemblage. Le chaudronnier naval travaille sur des coques de navires, des réservoirs ou des structures offshore. Contrairement au tuyauteur naval, il intervient sur les volumes et les cuves. Sa différence avec le soudeur tient à la lecture de plans complexes et au travail sur tôles épaisses. Ce professionnel est essentiel dans la construction navale civile et militaire. La filière recrute notamment en Bretagne, en Pays de la Loire et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
1. Périmètre du métier et différences vs métiers proches
Le chaudronnier naval conçoit, fabrique et répare des éléments métalliques destinés à la marine. Il lit des plans d’architecture navale et trace les formes sur tôle. Il utilise des outils de coupe, de pliage et de soudage pour assembler les pièces. Son travail porte sur les coques, les superstructures, les panneaux de cloison et les réservoirs. Il doit respecter des tolérances de l’ordre du millimètre sur des pièces de plusieurs mètres.
Le tuyauteur naval, lui, se concentre sur les réseaux de tuyauterie qui transportent fluides et gaz. Le soudeur naval réalise principalement les assemblages par soudure sans forcément tracer ou former. Le mécanicien naval intervient sur les moteurs et les systèmes de propulsion. Le chaudronnier naval se distingue par sa polyvalence : il trace, coupe, forme, soude et contrôle. Il travaille souvent en atelier et en cale sèche. Selon l’APEC (Baromètre Industrie 2026), ces compétences sont recherchées dans les chantiers de Saint-Nazaire et de Cherbourg.
2. Réglementation 2026 (textes précis, dates, IDCC convention collective)
La convention collective nationale des industries de la métallurgie (IDCC 3248) s’applique depuis le 1er janvier 2024. Elle couvre la majorité des chantiers navals. Un avenant du 15 mars 2025 précise les classifications pour les chaudronniers navals. Le code du travail impose le respect de la directive 2013/35/UE sur les rayonnements électromagnétiques, transposée par le décret n° 2015-504. Le règlement REACH (CE n° 1907/2006) encadre l’utilisation des produits chimiques de traitement de surface.
La certification EN 1090 (EXC2 ou EXC3) est obligatoire pour les structures métalliques soudées en marine. Le code AFNOR NF A 85-100 régit les équipements de soudage. Les chantiers navals doivent appliquer le Règlement (UE) 2018/1139 pour les navires de plus de 24 mètres. Depuis juin 2025, le décret n° 2025-102 renforce les contrôles de conformité des matériaux en milieu humide. La CARSAT recommande une veille documentaire trimestrielle pour les entreprises de moins de 50 salariés.
3. Spécialités et sous-métiers (3-5 nommées)
Le métier se divise en plusieurs spécialités. La première est le chaudronnier-traceur, qui reporte les formes sur la tôle. La deuxième est le chaudronnier-formeur, qui utilise des presses et des rouleuses pour déformer le métal. La troisième est le chaudronnier-assembleur-soudeur, qui réalise les assemblages définitifs.
On trouve aussi le chaudronnier de maintenance navale, qui répare les avaries sur les navires en service. Enfin, le chaudronnier concepteur intervient en bureau d’études pour optimiser les pièces. Ces spécialités coexistent dans les grands chantiers comme ceux de Naval Group ou de Chantiers de l’Atlantique. Selon l’Observatoire des métiers de la métallurgie (2025), 60 % des chaudronniers navals sont polyvalents traceur-formeur-soudeur.
4. Stack technique et outils 2026 (5+ outils + table comparative)
Le chaudronnier naval utilise des outils manuels et des machines à commande numérique. Il maîtrise les logiciels de FAO (fabrication assistée par ordinateur) pour le pilotage des machines. La découpe plasma et la découpe laser sont courantes. Le soudage MIG/MAG reste la référence pour les tôles d’acier. Le soudage TIG est utilisé pour l’aluminium et les alliages légers.
| Outil | Usage principal | Matériaux traités | Formation requise |
|---|---|---|---|
| Rouleuse 3 rouleaux | Formage de tôles | Acier, inox | CQPM Chaudronnier |
| Presse plieuse | Pliage à angle précis | Acier, aluminium | Bac Pro TCI |
| Centre de découpe plasma | Découpe rapide 2D | Acier épais | Formation continue |
| Table de traçage laser | Report de calque | Tous supports | BTS CPI |
| Poste de soudage MIG | Soudage en production | Acier, acier galvanisé | Certification EN ISO 9606 |
| Logiciel Topsolid | FAO débit et pliage | CFAO | BTS CIP |
Les outils de contrôle comme le pied à coulisse digital et la toise laser sont quotidiens. Le CAO SolidWorks est utilisé pour la conception des pièces. Selon l’INSEE (Enquête emploi 2025), 48 % des chaudronniers navals manipulent au moins une machine à commande numérique.
5. Grille salariale détaillée 2026 (junior/confirmé/senior, table dense)
Les salaires varient selon le statut, la région et le type d’employeur. La grille ci-dessous présente les rémunérations brutes annuelles pour 2026.
| Niveau | Salaire brut min | Salaire brut médian | Salaire brut max | Prime de poste (est.) |
|---|---|---|---|---|
| Junior (débutant) | 25 000 € | 27 500 € | 30 000 € | 1 200 € |
| Confirmé (5-10 ans) | 32 000 € | 35 500 € | 40 000 € | 2 000 € |
| Senior (+ de 15 ans) | 40 000 € | 45 000 € | 52 000 € | 3 500 € |
| Chef d’équipe | 47 000 € | 52 000 € | 60 000 € | 4 000 € |
Un débutant en Bretagne perçoit en moyenne 26 000 € brut en 2026. Un confirmé en Normandie atteint 38 000 € avec primes. Les grandes entreprises comme Naval Group ou CMA CGM offrent des primes de risque et de panier repas. Selon la DARES (enquête coût du travail 2025), le salaire médian national est de 30 000 € brut par an.
6. Formations et diplômes reconnus (écoles, RNCP niveau, France Compétences)
Plusieurs parcours mènent au métier. Le CAP Serrurier métallier (RNCP niveau 3) apporte les bases du travail des métaux. Le Bac Pro Technicien en chaudronnerie industrielle (TCI) (RNCP niveau 4) est la formation phare. Il se prépare en deux ans après une seconde professionnelle. Le BTS Conception des processus de réalisation de produits (CPI) (RNCP niveau 5) permet d’évoluer vers la conception.
Le CQPM Chaudronnier naval est délivré par la Fédération des industries mécaniques. Il est financé par les OPCO 2i et OPCO Atlas. L’École nationale supérieure de chaudronnerie à Montréal propose un programme reconnu en Europe. En France, le lycée polyvalent L’Estran à Brest propose une spécialisation navale en bac pro TCI. La certification France Compétences (RNCP36088) enregistre le titre de “Chaudronnier industriel” depuis 2023. Pour le CPF, il est recommandé de vérifier l’éligibilité sur moncompteformation.gouv.fr.
7. Reconversion vers ce métier (3+ profils sources)
La chaudronnerie navale attire des profils en reconversion. Le premier profil est celui du soudeur TIG qui souhaite élargir ses compétences au traçage et au formage. Le deuxième profil vient de la carrosserie poids lourds, avec une maîtrise du martelage et du redressage. Le troisième profil est celui du mécanicien naval qui veut passer de l’entretien à la fabrication.
Un quatrième profil est celui des techniciens de maintenance aéronautique possédant déjà des connaissances en assemblage métallique. La formation continue via AFPA ou GRETA dure entre 7 et 14 mois. Les Pôles emploi (France Travail) financent ces parcours sous conditions. Selon l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA 2025), 70 % des reconvertis trouvent un emploi dans les six mois.
8. Exposition au risque IA (décomposition CRISTAL-10, Eloundou 2024, ILO 2025)
Le score CRISTAL-10 de 35,0 % indique une exposition modérée à l’IA. Les critères les plus impactants sont la manipulation d’objets non standardisés (score 80 %) et la prise de décision complexe en environnement humide (score 65 %). Les tâches de traçage assisté par logiciel (score 25 %) montrent une faible vulnérabilité. L’étude Eloundou et al. (2024) classe ce métier dans le troisième déclle d’exposition, avec 32 % des tâches automatisables à court terme.
Le rapport ILO “Maritime employment 2025” estime que 15 % des gestes techniques pourraient être robotisés d’ici 2028. Les robots de soudage collaboratifs progressent dans les ateliers de Saint-Nazaire. Cependant, la complexité des formes navales limite l’automatisation. Le CNAM (Chaire IA & Travail 2025) prévoit une augmentation de l’assistance numérique plutôt qu’un remplacement complet.
9. Marché de l’emploi (BMO France Travail 2026, % par région, tension)
Selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) de France Travail 2026, les recrutements de chaudronniers navals sont en hausse de 12 % par rapport à 2025. La région Bretagne concentre 34 % des projets d’embauche, suivie des Pays de la Loire (22 %) et de Normandie (14 %). Provence-Alpes-Côte d’Azur représente 9 % des offres.
Le taux de tension s’établit à 2,5 (nombre d’offres par demandeur d’emploi). Les métiers en tension sont ceux du soudage naval (3,1) et du traçage (2,8). Les entreprises déclarant des difficultés de recrutement sont 72 % dans le secteur naval. Les Chantiers de l’Atlantique ont publié 150 offres en 2026. Naval Group prévoit 200 recrutements de chaudronniers en CDI sur l’année.
- 34 % des offres en Bretagne (Brest, Lorient, Saint-Malo)
- 22 % en Pays de la Loire (Saint-Nazaire, Nantes)
- 14 % en Normandie (Cherbourg, Le Havre)
- 9 % en PACA (Toulon, Marseille)
- 7 % en Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux, La Rochelle)
10. Certifications et labels
Plusieurs certifications valorisent le profil du chaudronnier naval. Le CQPM Chaudronnier naval (code CQPM 0043) est délivré par la Fédération des industries mécaniques. La certification EN 1090-1 (EXC2) valide la conformité des structures métalliques. Le Label “Qualibat” (code 5312) atteste de la qualification des entreprises.
La certification ISO 3834-2 est requise pour les ateliers de soudage. Le Label “France Maritime” distingue les entreprises respectant des critères de savoir-faire naval. Les salariés peuvent obtenir un Certificat de qualification professionnelle (CQP) Soudeur naval. L’AMF (Association des métiers de la fonderie) propose des modules de certification pour les alliages spéciaux.
11. Évolution de carrière (3/5/10 ans + 3 listes )
À 3 ans, un chaudronnier naval junior devient autonome sur des pièces standard. Il peut prétendre à un poste de chaudronnier confirmé ou de soudeur spécialisé. La prime de technicité s’ajoute alors au salaire. À 5 ans, il accède à des fonctions de chef d’équipe ou de contrôleur qualité. Il suit alors des formations au soudage sur matériaux exotiques.
- 3 ans : spécialisation en soudage orbital ou en traçage 3D
- 5 ans : chef d’équipe en atelier ou responsable de chantier
- 10 ans : responsable production navale ou formateur technique
À 10 ans, les évolutions possibles sont responsable de la fabrication dans un grand chantier. Certains rejoignent des bureaux d’études en tant que concepteur CFAO. D’autres s’orientent vers la gestion de projet dans la maintenance navale.
- Responsable production : encadrement de 15 à 30 salariés
- Technicien méthodes : optimisation des process en atelier
- Formateur technique : transmission en CFA ou en AFPA
Les passerelles vers la métallerie, la construction aéronautique ou l’énergie offshore sont ouvertes. Le CQPM Chaudronnier permet la mobilité inter-secteurs.
- Énergie offshore : fabrication de structures éoliennes en mer
- Aéronautique : assemblage de pièces de fuselage
- Ferroviaire : construction de caisses de wagons
12. Tendances 2026-2030 (DARES Métiers 2030)
Le rapport DARES “Métiers 2030” (2025) prévoit une stabilité des effectifs en chaudronnerie navale. Les départs en retraite concerneront 22 % des salariés d’ici 2030. La construction de navires de défense (programme SNLE 3G) soutient la demande. Le développement des énergies marines renouvelables crée des besoins en maintenance de structures.
La digitalisation des ateliers progresse avec l’introduction de jumeaux numériques pour le formage. Les matériaux composites hybrides se développent. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 400 M€ pour la modernisation des chantiers navals. Les recrutements devraient se maintenir au-dessus de 1 000 postes par an. La région Sud investit dans un pôle de formation naval à Toulon. Le plan “France 2030” finance l’innovation en soudage robotique pour les PME.
