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MODÉRÉADMINISTRATION

Archiviste

Verdict CRISTAL-10 v14.0 : Adapt — compétences à faire évoluer

Archiviste - métier face à l’IA en 2026
42/100 · IA

Chiffres clés 2026

30 000 €Salaire médian / an
306Offres live FT
532Intentions BMO 2026

Tension marché : 1.8% postes vacants (7 291 postes secteur DARES).

Source : France Travail / DARES BMO 2026 / INSEE TIC 2025. Données pack mises à jour 15 mars 2026.

Impact IA sur le métier

Automatisable par l’IA

  • Transcription automatique des documents manuscrits et anciens imprimés via HTR (Handwritten Text Recognition) sur des plateformes comme Transkribus
  • Génération des notices d’inventaire et descriptions d’archives à partir de scans en respectant les normes ISAD(G) et EAD
  • Extraction automatique des métadonnées (dates, noms, lieux) depuis les documents numériques pour alimenter les bases Sparnatural ou autres SIGB
  • Classement automatique des courriels et documents numériques selon les règles de communicabilité du Code du patrimoine et les valeurs probantes
  • Recherche documentaire de premier niveau : identification des cotes et fonds pertinents pour des demandes standardisées de chercheurs

Reste humain

  • L’appréciation des valeurs archivistiques (choix de conservatioestruction) nécessitant la compréhension du contexte historique et juridique complexe
  • La négociation avec les producteurs d’archives (collectivités, entreprises, particuliers) pour déterminer les modalités de versement et les restrictions de communication
  • L’analyse critique des transcriptions IA pour détecter les erreurs sur les écritures anciennes, les abréviations historiques spécifiques ou les faux positifs sur les données sensibles
  • La médiation auprès des chercheurs pour des demandes floues nécessitant une interprétation historique ('traces de la résistance locale sans nom précis')
  • Les décisions de conservation préventive et restauratoire sur documents fragiles ou uniques nécessitant le toucher et l’expertise matérielle des supports

Compétences clés

Techniques de communication orales, écrites et numériquesTechniques de restauration de documentsFinanceGestion budgétaireNormes rédactionnellesDroit de la propriété intellectuelleMédiasType de supports de filmsContrôler la réalisation et les coûts d’une prestationIdentifier et sélectionner des fournisseurs, sous-traitants, prestatairesRéaliser des opérations comptablesNégocier un contratAccueillir, orienter, renseigner un publicPrendre la parole en publicUtiliser les outils numériquesOrganiser et animer des activités ludiques et d’éveil

19 compétences ROME. Source : France Travail.

Carrière et formation

Formations RNCP

10 fiches disponibles. Top 4 :

  • RNCP35362 — Information-Communication : Information numérique dans les organisatio (Niveau 6)
  • RNCP35364 — Information-Communication : Métiers du livre et du patrimoine (Niveau 6)
  • RNCP35660 — Chef de projet en ingénierie documentaire (Niveau 7)
  • RNCP35804 — Culture, patrimoine et médiation (fiche nationale) (Niveau 7)

Reconversion & CPF

  • 4 paths de reconversion disponibles →
  • Durée moyenne formation : 36 mois
  • 15 formations CPF éligibles
  • Top organismes : ECOLE SUP LIBRE SCIENC COM APPLIQUEES, UNIVERSITE D ARTOIS, UNIVERSITE PARIS CITE
  • Financement CPF + Pôle Emploi possibles

Salaire détaillé

Voir grille junior/médiane/senior + méthodologie
NiveauMédian estiméP90 estiméBase
Junior (0-2 ans)21 000 €24 149 €0.70 × médian
Médian (3-7 ans)30 000 €34 500 €DARES+INSEE
Senior (8+ ans)37 500 €40 500 €1.25 × médian

Méthodologie : Médian = données DARES/INSEE salaires bruts annuels 2024-2025 pour le code ROME associé. Junior/Senior = extrapolations ratios standards (0.70x / 1.25x). P90 = niveau atteint par 10 % des supérieurs de la catégorie. Pour précision par expérience/secteur/région : consulter Michael Page, Robert Half, Talent.com.

Tendances 2026-2030

2026
532 intentions de recrutement (BMO France Travail).
2027
Eurobarometer : 21% des Français utilisent l’IA au travail, 49% craignent pour leur emploi.
2028
BPI France : 20% des PME adoptent IA générative, 35% planifient sous 12 mois.
2029
INSEE TIC : 13% du secteur adopte IA (vs 8% moyenne France).
2030
L’archiviste voit l’IA automatiser l’indexation, la transcription et le tri de masse, mais garde la main sur l’appreciation de la valeur des fonds, les decisions de sort final et l’accompagnement des chercheurs.

Freins adoption IA (BPI France 2024) : 42% citent le manque de compétences, 38% citent les coûts.

Questions fréquentes & sources

L’IA va-t-elle remplacer ce métier ?
Non. Avec environ 42.0% des tâches exposées, le métier se réorganise autour de ce que la machine ne couvre pas : le jugement, la validation et la relation humaine.
Quel salaire pour Archiviste en 2026 ?
Médian estimé : 30 000 €/an brut. Source : France Travail (DARES et INSEE).
Quelle formation pour devenir archiviste ?
68 fiches RNCP disponibles (code ROME K1601). CPF + Pôle Emploi finançables. Voir la section Carrière ci-dessus.

Sources officielles

Metiers proches face a l IA

Analyse approfondie

Archiviste : fiche complète 2026

La gestion des archives connaît une transformation profonde sous l’effet de la dématérialisation massive des documents publics et privés. Alors que les volumes de données explosent et que la réglementation européenne se renforce, le métier d’archiviste évolue vers un profil hybride, alliant compétences historiques et maîtrise des systèmes d’information. Avec un salaire médian de 32 000 euros brut par an et un score d’exposition à l’IA de 42 % selon le baromètre CRISTAL-10, ce métier se situe dans une zone de risque modéré, où l’automatisation concerne certaines tâches mais pas le cœur du jugement professionnel. La demande reste soutenue, notamment dans les collectivités territoriales et les grandes entreprises confrontées à l’obligation de conservation légale.

Périmètre du métier et différences vs métiers proches

L’archiviste assure la collecte, le classement, la conservation et la communication des documents, qu’ils soient papier ou numériques. Son périmètre inclut l’évaluation des durées d’utilité administrative, la rédaction de tableaux de gestion et la mise en œuvre de politiques d’archivage conformes au cadre légal. Il se distingue du documentaliste, dont la mission est centrée sur l’accès à l’information courante et la veille, et du records manager, qui intervient en amont dans la gestion du cycle de vie documentaire au sein des systèmes d’information. Le bibliothécaire, quant à lui, travaille sur des collections éditées et non sur des fonds d’archives uniques. L’archiviste traite des documents à valeur probatoire, historique ou patrimoniale, avec des contraintes de confidentialité et d’intégrité fortes.

Cadre réglementaire 2026

Le métier est encadré par plusieurs textes européens et nationaux. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) impose des règles strictes pour la conservation des données personnelles et leur effacement à terme. Le AI Act européen, entré en vigueur en 2025-2026, classe les systèmes d’archivage automatisé dans la catégorie à risque limité, obligeant à la transparence des algorithmes de tri et d’indexation. La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) étend les obligations de reporting extra-financier, générant des volumes d’archives supplémentaires pour les grandes entreprises. Le Code du travail impose des durées de conservation minimales pour les documents RH. La convention collective applicable dépend du secteur : la convention collective des personnels des administrations parisiennes pour les archives municipales, celle des Entreprises de prévention et de sécurité pour les archives privées, ou encore la convention Syntec pour les services d’archivage externalisés. L’archiviste doit maîtriser le principe de proportionnalité dans la conservation et la destruction des documents.

Spécialités et sous-métiers

L’archiviste peut se spécialiser dans la conservation préventive des documents papier et photographiques, en intervenant sur les conditions de stockage, la restauration et la numérisation à haute résolution. Une autre spécialité concerne l’archivage électronique, centré sur la conception de systèmes de gestion électronique de documents (GED), la mise en place de coffres-forts numériques et la gestion des métadonnées. L’archiviste data officer combine compétences archivistiques et gestion de bases de données, pour traiter les données structurées issues des ERP ou des SI décisionnels. L’archiviste audiovisuel travaille sur les bandes magnétiques, films et fichiers vidéo, avec des enjeux de migration de formats et de préservation du signal. Enfin, l’archiviste d’entreprise (records manager) se concentre sur la gestion des documents actifs et semi-actifs, l’optimisation des processus documentaires et la conformité réglementaire.

Outils et environnement technique

L’archiviste utilise des suites bureautiques standards (Microsoft Office, Google Workspace) pour la rédaction de rapports et tableaux de bord. Les systèmes de GED dominent le marché du logiciel métier : les solutions generiques comme celles d’Everteam, Docaposte ou les plateformes open source (AtoM, Archivematica) sont courantes dans les services publics. L’environnement technique inclut des scanners professionnels pour la numérisation massive et des outils de reconnaissance optique de caractères (OCR) pour la transcription. Les bases de données relationnelles (SQL) et les langages de requête facilitent l’interrogation des fonds numérisés. Les coffres-forts électroniques certifiés NF 461 ou équivalents sont utilisés pour l’archivage à valeur probante. Depuis 2025, les outils d’IA générative expérimentaux aident à l’indexation automatique des documents non structurés, mais leur usage reste encadré par des protocoles de validation humaine. L’archiviste doit également maîtriser les formats pérennes (PDF/A, XML, TIFF) et les normes de métadonnées (Dublin Core, EAD).

Grille salariale 2026

Salaire brut annuel en euros par niveau d’expérience et zone géographique
Profil Paris et Île-de-France Régions
Junior (0-2 ans) 28 000 – 32 000 25 000 – 29 000
Confirmé (3-7 ans) 34 000 – 40 000 30 000 – 36 000
Sénior (8 ans et plus) 42 000 – 52 000 38 000 – 46 000

Formations et diplômes

L’accès au métier se fait par plusieurs voies. Le bac pro métiers de l’accueil ou gestion-administration peut constituer un premier niveau, mais la majorité des recrutements visent au minimum un BTS en gestion de la PME (ex-assistant de gestion) avec option archives, ou un BTS services informatiques aux organisations pour l’archivage électronique. La licence pro métiers de l’archivistique et de la documentation, proposée par plusieurs universités (Lyon 3, Angers, Paris Nanterre), est le diplôme de référence pour les postes d’assistant archiviste. Le master en sciences de l’information, spécialité archives (université d’Angers, Lyon, Versailles Saint-Quentin) ouvre les postes de responsable d’archives et de records manager. L’École nationale des chartes forme des archivistes paléographes, profil rare et recherché pour les fonds anciens. France Compétences reconnaît plusieurs certifications professionnelles dans le champ, notamment au niveau 6 (bac+3) et niveau 7 (bac+5). La validation des acquis de l’expérience (VAE) est possible pour les professionnels en reconversion.

Reconversion vers ce métier

  • Assistant administratif : la maîtrise des classements physiques et numériques, la connaissance des cycles documentaires et la rigueur administrative facilitent la transition. Une formation courte en gestion des archives publiques ou privées (6 à 12 mois en centre AFPA ou en ligne) permet d’acquérir les bases réglementaires et techniques.
  • Bibliothécaire : les compétences en catalogage, conservation et accueil du public sont transférables. Le passage vers l’archivistique nécessite une spécialisation sur les documents uniques et la valeur probatoire, via un diplôme d’université ou une licence pro d’archivistique (1 à 2 ans).
  • Data manager : les profils issus de l’informatique ou des systèmes d’information trouvent des débouchés dans l’archivage électronique et la gestion des métadonnées. Une certification en records management (par exemple celles proposées par l’Association des archivistes français) et une immersion en service d’archives permettent de valider la double compétence technique-métier.

Exposition au risque IA

Avec un score de 42 %, le métier d’archiviste est modérément exposé à l’intelligence artificielle. Les tâches répétitives de classement et d’indexation documentaire sont partiellement automatisables via des algorithmes de traitement du langage naturel. Les outils de reconnaissance d’écriture manuscrite (HTR) et d’OCR progressent et réduisent le temps de saisie des métadonnées. En revanche, les activités d’évaluation des documents (appréciation de la valeur historique, décision de conservation ou destruction), la gestion des demandes complexes des chercheurs et la médiation culturelle restent peu automatisables. L’IA sert d’assistant, mais le jugement humain demeure central pour les choix d’échantillonnage, le respect des règles de communicabilité et la relation avec les ayants droit. La montée en compétence sur les outils d’IA devient un atout différenciant pour les archivistes.

Marché de l’emploi

Le marché de l’emploi des archivistes est stable, avec une tension modérée sur certains profils. Les collectivités territoriales (mairies, conseils départementaux, services d’archives départementales) recrutent régulièrement pour répondre aux obligations légales de conservation des documents publics. Les grandes entreprises (banques, assurances, énergie) développent leurs services de records management pour se conformer à la CSRD et au RGPD. Les sociétés de services d’archivage externalisé (SAE, centres d’archives privés) connaissent une croissance soutenue. Le secteur des musées et des fondations patrimoniales offre des postes plus rares mais valorisants. Selon l’APEC, les offres pour des postes d’archiviste ou records manager augmentent autour de 10 % par an depuis 2023. La concurrence est plus forte sur les postes parisiens que sur ceux en région, où les viviers de candidats sont plus restreints. Les profils maîtrisant l’archivage électronique et les normes de métadonnées bénéficient d’un avantage compétitif net.

Certifications et labels reconnus

Certifications et labels pertinents pour la profession
Certification / Label Domaine Pertinence
Qualiopi Formation professionnelle Nécessaire pour les organismes formant à l’archivistique
ISO 9001 (version 2015) Qualité des processus documentaires Valorise la maîtrise des procédures d’archivage
Certificat de qualification professionnelle (CQP) Archiviste Compétences métier Reconnu par les branches professionnelles
Agrément pour l’archivage électronique (type NF 461) Conservation numérique Obligatoire pour les prestataires de SAE

Évolution de carrière

  • À 3 ans : l’assistant archiviste ou chargé d’archives prend en autonomie la gestion d’un fonds (communal, départemental ou d’entreprise). Il peut coordonner la numérisation pilote d’un service ou encadrer un stagiaire. Passage possible vers un poste de responsable d’archives dans une petite collectivité.
  • À 5 ans : le responsable d’archives pilote l’ensemble d’un service (budget, équipe, politique documentaire). Il peut évoluer vers un poste de records manager dans un grand groupe ou de consulter spécialisé en gouvernance de l’information. Certains se tournent vers l’expertise auprès des tribunaux ou des notaires.
  • À 10 ans : le directeur des archives d’un département ou d’une grande ville gère un service de 20 à 50 agents. Les profils les plus expérimentés accèdent à des fonctions de directeur des systèmes d’information documentaire ou de délégué à la protection des données (DPO), combinant archivage et conformité juridique.

Perspectives du métier

La dématérialisation complète s’impose sous l’impulsion du programme d’État 'Archives numériques 2027', obligeant les archivistes à maîtriser la gestion des flux électroniques comme les e-parapheurs et les coffres-forts numériques. Les obligations de traçabilité imposées par l’AI Act et la CSRD génèrent une demande accrue de records managers capables de certifier les processus documentaires des entreprises. L’essor de l’archivage collaboratif via les plateformes partagées transforme l’archiviste en animateur de communautés contributives plutôt qu’en simple conservateur. Les outils d’IA assistive pour la suggestion automatique de métadonnées et la recherche sémantique recentrent l’activité sur le conseil, la médiation et la stratégie documentaire.